Café Sciences et Citoyens de l'agglo grenobloise

Des conférences en format audio .mp3
Internet des Objets : qu’est-ce que ça change ?
 17.05.2019

Les objets connectés (on trouvera aussi l'appellation Internet des objets ou IoT- Internet of Things) sont de plus en plus visibles dans notre vie quotidienne, et omniprésents dans les évolutions digitales de tout ce qui nous entoure. En effet ces objets sont les “capteurs d’information" qui alimentent la plupart des évolutions domestiques (montres santé, commandes d'appareils à distance, proposition de rencontres adaptées à la situation,...), mais aussi industrielles (flux de transport optimisés, détection de pannes …). Les industriels nous promettent ainsi plus d’objets connectés, plus d’échanges entre ces objets et, en gros, plus d’intelligence dans nos vies … une ville intelligente (“smart city”), une maison intelligente (“smart building”), un réseau électrique intelligent (“smart grid”). Cette promesse nous pose des questions de natures différentes. Par exemple, qu’en est t-il de la sécurité des échanges de données (piratage) ? Comment être sûr que nous gardons le contrôle de nos données personnelles ? Comment les services associés vont être “monétisés” ? Tout cela ne risque t-il-pas d’être finalement plus "énergivore" ? .... Intervenants Frédéric Desprez, chercheur en informatique distribuée et parallèle Vincent Roca, chercheur en informatique, spécialiste de la sécurité et de la confidentialité Olivier Cottet, marketing Internet des Objets et Intelligence Artificielle dans l’industrie

Contradictions dans la transition énergétique mondiale
 10.04.2019

Après les COP 21 de Paris en 2015, et la COP 24 de Katowice en 2018 qui devait concrétiser les engagements des pays dans leur programme de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES), les résultats concrets sont faibles en réalité. La fièvre qui a présidé la conclusion de l’accord de Paris est retombée. Et, contrairement aux engagements pour limiter à 2°C (et même plutôt 1,5°C) l’élévation de température moyenne du globe en 2100, on constate que les émissions globales ne baissent pas ; les experts anticipent une augmentation supérieure à 3°C fin de siècle. Ce qui voudrait dire que des régions entières connaîtraient des élévations bien supérieures avec canicules, sécheresses, inondations… On peut s’interroger sur les raisons de cette contradiction. Ainsi pourquoi continue-t-on à prospecter de par le monde pour trouver de nouveaux gisements de pétrole, alors qu’il faudrait en laisser beaucoup dans le sol si on veut réellement diminuer nos émissions de GES ? Pourquoi ne s’engage-t-on pas résolument dans une campagne massive de rénovation énergétique de l’habitat ancien, dans tous les pays où la facture chauffage et climatisation est lourde ? Pourquoi continuons nous à produire et acheter des voitures lourdes et polluantes, au lieu de prendre plus les transports en commun, le train et les modes “doux” ? Et le doublement tous les 15 ans du transport aérien n’est-il pas contradictoire avec la décarbonisation de notre économie ? Un autre secteur important en termes d’émission de GES est l’utilisation des sols agricoles : gestion des sols et des forêts, cultures, élevage : arrête-t-on de déforester, nous incite-t-on à consommer moins de viande ? Non, pas vraiment, c’est un non-sujet, en termes de GES en tout cas. Pour la “production” de l’électricité, l’Allemagne est en train de sortir du nucléaire, et voudrait maintenant sortir du charbon tout en continuant à développer la part des énergies renouvelables solaire et éolien. Pour cela, elle s’apprête à construire une quantité considérable de centrales à gaz pour pallier la forte variabilité des sources renouvelables. Est ce une contradiction, ou simplement un paradoxe inhérent à l’utilisation massive de ces dernières sources ? Et en France, remettre en cause le nucléaire, très peu émissif en GES, conduirait probablement à augmenter ses émissions. En fait, la contradiction la plus importante dans les schémas actuels n’est-elle pas de penser qu’il suffirait d’améliorer l’efficacité énergétique de nos procédés - industrie, mobilité, habitat - pour atteindre les objectifs de consommation globale ? Est ce vraiment le cas ? Les intervenants : Patrick CRIQUI, directeur de recherche, économiste de la transition énergétique. Hervé NIFENECKER, président d'une association de défense du climat, président d’une association de médiation scientifique, chargé de cours Gilles HENRI, astrophysicien, auteur d’un blog sur l’énergie et le climat.

L'homme dans l'espace : utopie coûteuse ou réalité de demain ?
 13.03.2019

à venir

que faire de nos déchets électroniques ?
 13.02.2019

Les objets électroniques : ils sont partout et leur nombre croît de façon exponentielle depuis leur émergence dans nos vies au cours des années 60 et l’arrivée d’objets connectés de plus en plus nombreux. Or ces objets ont bien sûr une durée de vie limitée , et leur recyclage en fin de vie pose des problèmes technologiques et écologiques sur lesquels travaillent de nombreux acteurs. Depuis 2002, l’Europe est même dotée d’une directive qui rend obligatoire la valorisation des DEEE (Déchets d’Equipements Électriques et Électroniques) : cette directive a donné naissance partout en Europe à une filière qui tente de répondre aux enjeux de cette montagne de déchets que nous produisons en permanence (probablement aux alentours de 2 tonnes par seconde mondialement). S'intéresser à la fin de vie de ces objets permet aussi de nous interroger sur la prise en compte de leur cycle de vie au cours de leur production. Invités: Evolène REMANDE VINÇON, responsable régionale filière de recyclage Guilhem GRIMAUD, responsable Eco-Innovation dans une entreprise de traitement des déchets industriels Damien EVRARD, ingénieur de recherche dans l’analyse des cycles de vie (ACV) et l'éco-conception

CRISPR-Cas9, le bon génie de la génétique ?
 18.01.2019

Découvert en 2012, le système CRISPR-Cas9 (prononcer crispair-casseneuf…) est un outil révolutionnaire d’ingénierie des génomes permettant de réaliser des coupures ciblées du double brin d’ADN, ce qui lui a valu son surnom de « ciseaux moléculaires » voire de « couteau suisse » de la génétique ! A la différence des méthodes utilisées jusqu’alors, la technologie CRISPR-Cas9 est précise, facile à mettre en œuvre et peu onéreuse… Si les perspectives de l’utilisation de CRISPR-Cas9 semblent donc ouvrir une nouvelle ère pour l’édition des génomes que ce soit chez l’homme ou chez les animaux et végétaux, cette nouvelle technologie pose néanmoins un certain nombre de questions que ce soit en terme de sécurité (des données récentes montrent que CRISPR-Cas9 peut faire des erreurs), d’éthique (comme vient de le souligner la récente révélation de la modification de l’ADN de deux soeurs jumelles en Chine). Quid de cette nouvelle méthode de modification des génomes, quels enjeux biologiques, économiques et éthiques soulevés par l’utilisation de CRISPR-Cas9? Intervenants: Julien Fauré, enseignant-chercheur en Biologie Moléculaire Marcel Kuntz, chercheur en Biologie Végétale

Demain les robots?
 12.12.2018

L’homme construit depuis la nuit des temps des outils, des machines pour l’aider dans ses tâches. Bien sûr, la notion de robot fait référence à un objet qui est plus qu’un simple outil, même si le terme lui-même vient d’un mot tchèque signifiant “travail, corvée”. Plus de quoi d’ailleurs ? Plus d’intelligence, c’est en tout cas ce que véhicule ce qui a façonné notre imaginaire; les récits de science-fiction sont peuplés de robots humanoïdes plus ou moins autonomes, et plus ou moins bienveillants à notre égard. Qu’en est-il dans la réalité ? Celle d’aujourd’hui et celle de demain. La croissance importante ces dernières années des technologies liées à l’intelligence artificielle a permis l'émergence de robots de plus en plus efficaces dans la réalisation des tâches qui leur sont affectées. Au delà des fantasmes, ces évolutions ne vont pas sans controverses et questionnements : véhicule autonome, monde du travail, surveillance, armes etc. Nous nous intéresserons au cours de ce café aux robots qui entrent en interaction avec les humains pour les seconder, voire pour les remplacer. Outre les questions techniques importantes auxquelles les équipes concevant ces robots doivent répondre, se posent aussi des questions éthiques et philosophiques qui ne sont pas toujours simples (Cf. les débats autour de la voiture autonome en cas de dilemme en cours de navigation). Intervenants Carole Eyssautier, Directrice générale d'une startup en robotique Thierry Ménissier, Professeur de philosophie Damien Pellier, Maître de conférence, Docteur en Intelligence Artificielle

Vivre 120 ans ... ou plus?
 14.11.2018

Il y a quelques années, les médias nous ont fait miroiter les miracles à venir des sorciers de la Silicon Valley : vivre 300 ans, voire vaincre la mort, télécharger son moi dans un ordinateur … Ces idées sont un peu moins médiatisées maintenant, mais la question du vieillissement reste posée. A ce sujet, deux questions se posent: 1/ Est-il possible de déplacer le “mur des 120 ans” qui reste la limite de la vie humaine depuis longtemps ? (les études sur les mécanismes du vieillissement ont-elles fait des progrès récemment sur ce point ?) 2/ Ce “mur de longévité”, pourrons-nous l’atteindre en plus grand nombre, alors que l’espérance de vie, même dans les pays privilégiés, reste environ 40 ans en deçà ? De nouveaux mécanismes de réparation seront-ils bientôt au rendez vous, au delà de ce que la médecine actuelle propose déjà ? Intervenants Danielle Dhouailly, professeur émérite : un demi siècle de recherches sur la peau et la cornée Gaétan Gavazzi, professeur de médecine interne, gériatrie, biologie du vieillissement Jean-François Lemaître, chargé de recherche en biologie évolutive

transparents du REVENU UNIVERSEL
 10.10.2018

Lumières sur le revenu universel ?
 10.10.2018

L’idée du revenu universel s’est invitée en France assez soudainement en 2017 à l’occasion de la campagne présidentielle de Benoît Hamon. Le débat existait depuis un ou deux ans dans la presse et à la radio, mais très peu dans les médias de masse (télévision prime time ou réseaux sociaux). Pourtant ce n’est pas une idée nouvelle, puisque wikipedia cite une première évocation en 1516, et une première conceptualisation plus sérieuse en 1848 : “le revenu de base ou revenu universel est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sur une base individuelle, sans conditions de ressources ni obligation ou absence de travail”. Ce serait plutôt un “serpent de mer” puisque depuis une centaine d’années le sujet revient de manière récurrente sur le devant de la scène, notamment lors des crises économiques. En théorie, ce débat concerne toutes les sciences sociales: économie et sciences politiques bien sûr, mais aussi sociologie et psychologie. En effet une des premières questions qui se posent dans cette nouvelle forme de “redistribution économique” est celle de la place du travail pour l’individu et la société, en d’autres termes que deviendrait la motivation pour le travail rémunéré, notamment pour les faibles qualifications, dans une société où un revenu de base est versé de manière inconditionnelle ? En pratique les analyses sont quasi totalement centrées sur l’économie. Intervenants: Patrick Colin de Verdière, ingénieur agronome, militant associatif Julien Reysz, enseignant-chercheur en économie