Café Sciences et Citoyens de l'agglo grenobloise

Des conférences en format audio .mp3
transparents du REVENU UNIVERSEL
 10.10.2018

Lumières sur le revenu universel ?
 10.10.2018

L’idée du revenu universel s’est invitée en France assez soudainement en 2017 à l’occasion de la campagne présidentielle de Benoît Hamon. Le débat existait depuis un ou deux ans dans la presse et à la radio, mais très peu dans les médias de masse (télévision prime time ou réseaux sociaux). Pourtant ce n’est pas une idée nouvelle, puisque wikipedia cite une première évocation en 1516, et une première conceptualisation plus sérieuse en 1848 : “le revenu de base ou revenu universel est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sur une base individuelle, sans conditions de ressources ni obligation ou absence de travail”. Ce serait plutôt un “serpent de mer” puisque depuis une centaine d’années le sujet revient de manière récurrente sur le devant de la scène, notamment lors des crises économiques. En théorie, ce débat concerne toutes les sciences sociales: économie et sciences politiques bien sûr, mais aussi sociologie et psychologie. En effet une des premières questions qui se posent dans cette nouvelle forme de “redistribution économique” est celle de la place du travail pour l’individu et la société, en d’autres termes que deviendrait la motivation pour le travail rémunéré, notamment pour les faibles qualifications, dans une société où un revenu de base est versé de manière inconditionnelle ? En pratique les analyses sont quasi totalement centrées sur l’économie. Intervenants: Patrick Colin de Verdière, ingénieur agronome, militant associatif Julien Reysz, enseignant-chercheur en économie

Le véhicule de demain pour quelles mobilités ?
 13.06.2018

Véhicule autonome, Hyperloop (projet de déplacement terrestre plus rapide qu’un avion de ligne), taxis volants ...beaucoup en rêvent, et tout le monde en parle ! Dans le domaine du déplacement les innovations techniques se sont multipliées ces dernières années, avec des promesses fortes, qu’elles soient sur l’absence de conducteur, la vitesse ou encore la faculté de se dégager des encombrements urbains. Mais ces innovations, imaginées par les industriels d’aujourd’hui dans de grands pays comme les USA ou la Chine, correspondent-elles aux demandes sociétale en termes de mobilité ? Sont-elles compatibles avec les problématiques actuelles: notamment trop de pollution dans les villes, trop de dépenses énergétiques par déplacement (si on veut lutter à la fois contre la pollution et les problèmes climatiques), trop d’encombrements dans des métropoles de plus en plus grandes, trop d’espace pris par des berline et SUV qui ne transportent souvent qu’un seul passager en agglomération ? Voici quelques questions essentielles que nous aimerions nous poser dans ce café scientifique, mais il y en a bien d’autres sur ce vaste sujet. Et comme toujours, des spécialistes de la mobilité et de ces innovations seront là pour nous donner leur vision éclairée ! Intervenants : Sylvain Belloche, ingénieur spécialiste des transports intelligents dans un centre d’études sur la mobilité Frédéric Heitzmann, ingénieur-chercheur en systèmes pour l’automobile de demain Nathalie Teppe, présidente d’une association de promotion des mobilités alternatives à l’auto-solisme

Le bois : une ressource écologique, et en même temps économique
 04.04.2018

Depuis le succès mondial de La vie secrète des arbres en librairie, on sait que les arbres sont plus intéressants qu’on ne le pensait. La production de bois pour les besoins économiques d’homo sapiens n’est bien sûr qu’un aspect secondaire de cette vie, c’est néanmoins celui sur lequel on se concentre en général. Mais la forêt a aussi des rôles écologiques et récréatifs. La France produit et exporte du bois, et parfois ces exportations surprennent l’opinion, comme le chêne qui part en Chine … mais elle en importe aussi. Depuis des années, des rapports sur la filière s’empilent, tous appelant à des restructurations. Pourquoi si souvent ? Quel est le véritable état des lieux ? Les missions écologiques et économiques peuvent elles être en synergie ? Les gens du métier distinguent bois d’oeuvre, bois d’industrie (pâte à papier, panneaux …) et bois énergie. Est-ce pertinent ? Le “bilan carbone” forestier est sujet à débat. Quand la forêt est-elle un puits ou une source de gaz à effet de serre? Comment tenir compte des effets de substitution, quand le bois remplace le béton ou le gaz par exemple ? Les composants du bois présentent également un riche potentiel. Ils ont des propriétés spécifiques et peuvent être convertis en produits chimiques, en biomatériaux ou encore en biocarburants. Notons aussi que les forestiers sont parmi les rares agents à raisonner à l’échelon du siècle. Nos intervenants : Francis de Morogues : économiste de la filière bois française Alain Dufresne : spécialiste de la nanotechnologie appliquée au bois Yvan Orecchioni : technicien de la forêt, aspects environnementaux et exploitation

Intelligence Artificielle : promesses et périls !
 22.03.2018

L’intelligence artificielle représente « l’ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l'intelligence humaine » Larousse. Dans le domaine de la santé, la médecine se numérise et le corps humain devient un système de données. L’intelligence artificielle analysera les résultats des examens, proposera des diagnostics, et des traitements et va profondément transformer la place du médecin. Ce grand bouleversement annoncé stimule notre imaginaire favorisant rêves et angoisses d’autant qu’il n’existe pas de modèles et que la juridiction est inadaptée. Plus encore certaines machines sont auto-apprenantes et l’homme pourrait en perdre le contrôle. De nombreuses questions se posent : Quelle autonomie doit-on laisser à l’intelligence artificielle dans l’appréciation des données ? A qui appartient la responsabilité en cas de défaillance du système ? Que pourrait-il émerger de la complexification des algorithmes et de l’intelligence des machines et quel usage sera fait de l’intelligence artificielle ? nos spécialistes : Carole Adam, Maître de Conférence et spécialiste de la modélisation du comportement humain Denis Perrin, Professeur de Philosophie de l'esprit et Philosophie du langage et directeur du laboratoire PPL (Philosophie, Pratiques et Langages) Jean Luc Bosson, Professeur de Médecine, Biostatistiques et Informatique Médicale

Big data : un ogre énergétique dans le nuage ?​
 07.03.2018

Big data, cloud, internet des objets... après l'arrivée des micro-ordinateurs, du smartphone, et maintenant des objets connectés et de toute une technologie associée, l'univers numérique trace sa route de manière exponentielle dans nos usages quotidiens. Il y a 10 ans, les imageurs photo à 10 millions de pixels étaient réservés aux bons amateurs, aujourd'hui ils sont sur tous les smartphones... et il y a sur Terre 2,5 milliards d'utilisateurs de smartphones, nombre en croissance linéaire. La photo laisse la place aux images 3D et aux vidéos. Les données sont stockées massivement dans ce que l'on appelle le cloud (nuage), mais ce vocable onirique revêt une réalité toute autre: ce sont dans d'énormes data centers (centres de données) que sont traitées toutes nos requêtes informatiques (recherches, mails, vidéos, photos, etc.). Ces usines sans ouvriers contiennent des centaines de machines très puissantes … qui dégagent beaucoup de chaleur et consomment une énergie non négligeable. En France par exemple, les 130 data centers, principalement situés en région parisienne, absorberaient aujourd'hui 9% de l'électricité du pays . Serait-il temps de questionner cette réalité, de nous demander si l'on peut continuer impunément à augmenter notre consommation numérique ? D'aucuns pensent que c'est un « non sujet », que cette consommation sert des besoins jadis comblés par d'autres formes d'énergie, que le gaspillage des usagers est négligeable devant des usages professionnels, que le rendement des machines numériques ne cesse d'augmenter… Et si nous prenions le temps d'y voir un peu plus clair sur ces questions ? Intervenants Françoise Berthoud, ingénieur de recherche en informatique, écologie du numérique Denis Dutoit, ingénieur-chercheur, technologies numériques à faible consommation

Crypto-monnaie, monnaie locale… à quoi ça sert ?
 07.02.2018

La monnaie est évidemment un rouage essentiel de l'activité économique et financière avec ses trois caractères principaux: instrument d’échange, instrument de thésaurisation, instrument de valeur. Depuis l’abandon du troc, cet instrument permettant de comparer les valeurs de deux marchandises a été nécessaire, et la confiance qu’on lui attribue est indispensable au fonctionnement du système. Avec l’apparition de la monnaie “papier”, puis des comptes électroniques, cette monnaie est devenue de plus en plus immatérielle. Au fur et à mesure de la complexification des échanges, de leur globalisation, de leur accélération, des instruments financiers de plus en plus sophistiqués sont apparus (on attribue même à certains de ces instruments une part de responsabilité dans les dernières crises). Dans ce contexte, on a vu apparaître des crypto-monnaies, de “nouvelles” monnaies locales. Pourquoi sont-elles apparues, quel est l’intérêt poursuivi par les créateurs de ces monnaies ? Sont-elles appelées à se développer ? Avec quelles conséquences à moyen terme ? intervenants: Jean-Luc Parouty, ingénieur de recherche Jean-François Ponsot, maître de conférences en sciences économiques Matthias Charre, membre d’une association de création de monnaie locale

Science sans confiance ?
 18.01.2018

Quoique notre société soit grande consommatrice de biens technologiques divers, il semble qu’une certaine défiance envers la science (les scientifiques?) se soit installée dans le public... Les interrogations concernant les conditions de la production de la science dans les laboratoires ne manquent pas : Comment est assurée l’indépendance des chercheurs ? D’où viennent les financements ? Les interventions des chercheurs et des experts dans le débat public et les instances de décision politique échappent elles aux conflits d’intérêt ? Mais y aurait il aussi des interrogations sur la façon même dont les sujets de recherche sont choisis ? Le chercheur doit il avoir entière liberté dans ce choix, ou la société “civile” aurait elle des choses à dire à ce sujet, notamment quand il s’agit d’argent public ? Et si oui, comment la parole des citoyens peut elle s'exprimer valablement ? Ainsi, peut-on extrapoler et parler d’une défiance au sujet de la démarche scientifique même, et défendre une sorte de relativisme, qui en viendrait à considérer que la parole scientifique est une opinion comme une autre.. Peut-être alors y-aurait-il lieu de rappeler et de mieux définir ce qu’est une démarche scientifique ? Ou bien, sans remettre en cause la démarche en elle-même, la défiance s’exprime-t-elle par rapport aux objets technologiques produits, et aux conséquences sociétales dont certaines peuvent être perçues comme dangereuses (OGM, nucléaire, nanotechnologies…) ? Finalement, si notre société de consommation fait la part belle à l'innovation, cette innovation est elle le chemin de nouvelles découvertes importantes ? Améliorera-t-elle le lien social, et d’une manière générale, contribuera-t-elle à l’amélioration de nos vies ? Les intervenants Anne PERRIN, Présidente d’une association d’information scientifique Antoine DEPAULIS, Directeur de recherche labo public Antoine GONTHIER, Association citoyenne

SIDA et Maladies Sexuellement Transmissibles : où en est-on en 2017 ?
 13.12.2017

Depuis l’apparition des trithérapies il y a environ 20 ans, le SIDA est un sujet qui a perdu de l’importance dans les médias. Pourtant, même si on peut se réjouir de l’existence de traitements curatifs et maintenant préventifs, de nombreux problèmes demeurent. En l’absence de vaccin (qui semble très difficile à mettre au point), le nombre de nouvelles contaminations détectées en France ne baisse plus depuis plusieurs années et dépasse 6000/an. Dans certaines régions du Monde (Asie et Europe de l’Est notamment) on observe même de fortes augmentations. Par ailleurs, le SIDA est une forme d’infection sexuellement transmissible (IST), mais il en existe beaucoup d’autres – curables ou non - qui sont en augmentation régulière, générant des problèmes de résistance aux antibiotiques et aggravant le pronostic des malades du SIDA. D’un point de vue sociétal, le sujet est complexe. Parmi les causes de la stabilité ou du regain du nombre de contaminations, on peut citer le manque d’information des citoyens concernés (forte ignorance de son statut sérologique, ignorance des risques pour les plus jeunes pour une partie des jeunes qui pensent que cela se guérit voire qu’il existe un vaccin, apparition et succès des sites de rencontres immédiates ...), et le fait que ces problèmes touchent beaucoup plus certains groupes de population « à risques » (prostitué.e.s, homosexuels masculins ou plus largement HSH – hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, migrants) groupes qu’il faut informer spécifiquement sans les stigmatiser. Un sujet qui touche à la sexualité est par essence délicat et complexe! Intervenants: Dr Suzanne Mawazini, médecin généraliste en centre de dépistage Monika Steffen, chercheure SHS spécialiste de politiques de santé publique Patrick Kashala, militant associatif dans une association de lutte contre le SIDA