Café Sciences et Citoyens de l'agglo grenobloise

Des conférences en format audio .mp3
Demain les robots?
 12.12.2018

L’homme construit depuis la nuit des temps des outils, des machines pour l’aider dans ses tâches. Bien sûr, la notion de robot fait référence à un objet qui est plus qu’un simple outil, même si le terme lui-même vient d’un mot tchèque signifiant “travail, corvée”. Plus de quoi d’ailleurs ? Plus d’intelligence, c’est en tout cas ce que véhicule ce qui a façonné notre imaginaire; les récits de science-fiction sont peuplés de robots humanoïdes plus ou moins autonomes, et plus ou moins bienveillants à notre égard. Qu’en est-il dans la réalité ? Celle d’aujourd’hui et celle de demain. La croissance importante ces dernières années des technologies liées à l’intelligence artificielle a permis l'émergence de robots de plus en plus efficaces dans la réalisation des tâches qui leur sont affectées. Au delà des fantasmes, ces évolutions ne vont pas sans controverses et questionnements : véhicule autonome, monde du travail, surveillance, armes etc. Nous nous intéresserons au cours de ce café aux robots qui entrent en interaction avec les humains pour les seconder, voire pour les remplacer. Outre les questions techniques importantes auxquelles les équipes concevant ces robots doivent répondre, se posent aussi des questions éthiques et philosophiques qui ne sont pas toujours simples (Cf. les débats autour de la voiture autonome en cas de dilemme en cours de navigation). Intervenants Carole Eyssautier, Directrice générale d'une startup en robotique Thierry Ménissier, Professeur de philosophie Damien Pellier, Maître de conférence, Docteur en Intelligence Artificielle

Vivre 120 ans ... ou plus?
 14.11.2018

Il y a quelques années, les médias nous ont fait miroiter les miracles à venir des sorciers de la Silicon Valley : vivre 300 ans, voire vaincre la mort, télécharger son moi dans un ordinateur … Ces idées sont un peu moins médiatisées maintenant, mais la question du vieillissement reste posée. A ce sujet, deux questions se posent: 1/ Est-il possible de déplacer le “mur des 120 ans” qui reste la limite de la vie humaine depuis longtemps ? (les études sur les mécanismes du vieillissement ont-elles fait des progrès récemment sur ce point ?) 2/ Ce “mur de longévité”, pourrons-nous l’atteindre en plus grand nombre, alors que l’espérance de vie, même dans les pays privilégiés, reste environ 40 ans en deçà ? De nouveaux mécanismes de réparation seront-ils bientôt au rendez vous, au delà de ce que la médecine actuelle propose déjà ? Intervenants Danielle Dhouailly, professeur émérite : un demi siècle de recherches sur la peau et la cornée Gaétan Gavazzi, professeur de médecine interne, gériatrie, biologie du vieillissement Jean-François Lemaître, chargé de recherche en biologie évolutive

transparents du REVENU UNIVERSEL
 10.10.2018

Lumières sur le revenu universel ?
 10.10.2018

L’idée du revenu universel s’est invitée en France assez soudainement en 2017 à l’occasion de la campagne présidentielle de Benoît Hamon. Le débat existait depuis un ou deux ans dans la presse et à la radio, mais très peu dans les médias de masse (télévision prime time ou réseaux sociaux). Pourtant ce n’est pas une idée nouvelle, puisque wikipedia cite une première évocation en 1516, et une première conceptualisation plus sérieuse en 1848 : “le revenu de base ou revenu universel est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sur une base individuelle, sans conditions de ressources ni obligation ou absence de travail”. Ce serait plutôt un “serpent de mer” puisque depuis une centaine d’années le sujet revient de manière récurrente sur le devant de la scène, notamment lors des crises économiques. En théorie, ce débat concerne toutes les sciences sociales: économie et sciences politiques bien sûr, mais aussi sociologie et psychologie. En effet une des premières questions qui se posent dans cette nouvelle forme de “redistribution économique” est celle de la place du travail pour l’individu et la société, en d’autres termes que deviendrait la motivation pour le travail rémunéré, notamment pour les faibles qualifications, dans une société où un revenu de base est versé de manière inconditionnelle ? En pratique les analyses sont quasi totalement centrées sur l’économie. Intervenants: Patrick Colin de Verdière, ingénieur agronome, militant associatif Julien Reysz, enseignant-chercheur en économie

Le véhicule de demain pour quelles mobilités ?
 13.06.2018

Véhicule autonome, Hyperloop (projet de déplacement terrestre plus rapide qu’un avion de ligne), taxis volants ...beaucoup en rêvent, et tout le monde en parle ! Dans le domaine du déplacement les innovations techniques se sont multipliées ces dernières années, avec des promesses fortes, qu’elles soient sur l’absence de conducteur, la vitesse ou encore la faculté de se dégager des encombrements urbains. Mais ces innovations, imaginées par les industriels d’aujourd’hui dans de grands pays comme les USA ou la Chine, correspondent-elles aux demandes sociétale en termes de mobilité ? Sont-elles compatibles avec les problématiques actuelles: notamment trop de pollution dans les villes, trop de dépenses énergétiques par déplacement (si on veut lutter à la fois contre la pollution et les problèmes climatiques), trop d’encombrements dans des métropoles de plus en plus grandes, trop d’espace pris par des berline et SUV qui ne transportent souvent qu’un seul passager en agglomération ? Voici quelques questions essentielles que nous aimerions nous poser dans ce café scientifique, mais il y en a bien d’autres sur ce vaste sujet. Et comme toujours, des spécialistes de la mobilité et de ces innovations seront là pour nous donner leur vision éclairée ! Intervenants : Sylvain Belloche, ingénieur spécialiste des transports intelligents dans un centre d’études sur la mobilité Frédéric Heitzmann, ingénieur-chercheur en systèmes pour l’automobile de demain Nathalie Teppe, présidente d’une association de promotion des mobilités alternatives à l’auto-solisme

Le bois : une ressource écologique, et en même temps économique
 04.04.2018

Depuis le succès mondial de La vie secrète des arbres en librairie, on sait que les arbres sont plus intéressants qu’on ne le pensait. La production de bois pour les besoins économiques d’homo sapiens n’est bien sûr qu’un aspect secondaire de cette vie, c’est néanmoins celui sur lequel on se concentre en général. Mais la forêt a aussi des rôles écologiques et récréatifs. La France produit et exporte du bois, et parfois ces exportations surprennent l’opinion, comme le chêne qui part en Chine … mais elle en importe aussi. Depuis des années, des rapports sur la filière s’empilent, tous appelant à des restructurations. Pourquoi si souvent ? Quel est le véritable état des lieux ? Les missions écologiques et économiques peuvent elles être en synergie ? Les gens du métier distinguent bois d’oeuvre, bois d’industrie (pâte à papier, panneaux …) et bois énergie. Est-ce pertinent ? Le “bilan carbone” forestier est sujet à débat. Quand la forêt est-elle un puits ou une source de gaz à effet de serre? Comment tenir compte des effets de substitution, quand le bois remplace le béton ou le gaz par exemple ? Les composants du bois présentent également un riche potentiel. Ils ont des propriétés spécifiques et peuvent être convertis en produits chimiques, en biomatériaux ou encore en biocarburants. Notons aussi que les forestiers sont parmi les rares agents à raisonner à l’échelon du siècle. Nos intervenants : Francis de Morogues : économiste de la filière bois française Alain Dufresne : spécialiste de la nanotechnologie appliquée au bois Yvan Orecchioni : technicien de la forêt, aspects environnementaux et exploitation

Intelligence Artificielle : promesses et périls !
 22.03.2018

L’intelligence artificielle représente « l’ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l'intelligence humaine » Larousse. Dans le domaine de la santé, la médecine se numérise et le corps humain devient un système de données. L’intelligence artificielle analysera les résultats des examens, proposera des diagnostics, et des traitements et va profondément transformer la place du médecin. Ce grand bouleversement annoncé stimule notre imaginaire favorisant rêves et angoisses d’autant qu’il n’existe pas de modèles et que la juridiction est inadaptée. Plus encore certaines machines sont auto-apprenantes et l’homme pourrait en perdre le contrôle. De nombreuses questions se posent : Quelle autonomie doit-on laisser à l’intelligence artificielle dans l’appréciation des données ? A qui appartient la responsabilité en cas de défaillance du système ? Que pourrait-il émerger de la complexification des algorithmes et de l’intelligence des machines et quel usage sera fait de l’intelligence artificielle ? nos spécialistes : Carole Adam, Maître de Conférence et spécialiste de la modélisation du comportement humain Denis Perrin, Professeur de Philosophie de l'esprit et Philosophie du langage et directeur du laboratoire PPL (Philosophie, Pratiques et Langages) Jean Luc Bosson, Professeur de Médecine, Biostatistiques et Informatique Médicale

Big data : un ogre énergétique dans le nuage ?​
 07.03.2018

Big data, cloud, internet des objets... après l'arrivée des micro-ordinateurs, du smartphone, et maintenant des objets connectés et de toute une technologie associée, l'univers numérique trace sa route de manière exponentielle dans nos usages quotidiens. Il y a 10 ans, les imageurs photo à 10 millions de pixels étaient réservés aux bons amateurs, aujourd'hui ils sont sur tous les smartphones... et il y a sur Terre 2,5 milliards d'utilisateurs de smartphones, nombre en croissance linéaire. La photo laisse la place aux images 3D et aux vidéos. Les données sont stockées massivement dans ce que l'on appelle le cloud (nuage), mais ce vocable onirique revêt une réalité toute autre: ce sont dans d'énormes data centers (centres de données) que sont traitées toutes nos requêtes informatiques (recherches, mails, vidéos, photos, etc.). Ces usines sans ouvriers contiennent des centaines de machines très puissantes … qui dégagent beaucoup de chaleur et consomment une énergie non négligeable. En France par exemple, les 130 data centers, principalement situés en région parisienne, absorberaient aujourd'hui 9% de l'électricité du pays . Serait-il temps de questionner cette réalité, de nous demander si l'on peut continuer impunément à augmenter notre consommation numérique ? D'aucuns pensent que c'est un « non sujet », que cette consommation sert des besoins jadis comblés par d'autres formes d'énergie, que le gaspillage des usagers est négligeable devant des usages professionnels, que le rendement des machines numériques ne cesse d'augmenter… Et si nous prenions le temps d'y voir un peu plus clair sur ces questions ? Intervenants Françoise Berthoud, ingénieur de recherche en informatique, écologie du numérique Denis Dutoit, ingénieur-chercheur, technologies numériques à faible consommation

Crypto-monnaie, monnaie locale… à quoi ça sert ?
 07.02.2018

La monnaie est évidemment un rouage essentiel de l'activité économique et financière avec ses trois caractères principaux: instrument d’échange, instrument de thésaurisation, instrument de valeur. Depuis l’abandon du troc, cet instrument permettant de comparer les valeurs de deux marchandises a été nécessaire, et la confiance qu’on lui attribue est indispensable au fonctionnement du système. Avec l’apparition de la monnaie “papier”, puis des comptes électroniques, cette monnaie est devenue de plus en plus immatérielle. Au fur et à mesure de la complexification des échanges, de leur globalisation, de leur accélération, des instruments financiers de plus en plus sophistiqués sont apparus (on attribue même à certains de ces instruments une part de responsabilité dans les dernières crises). Dans ce contexte, on a vu apparaître des crypto-monnaies, de “nouvelles” monnaies locales. Pourquoi sont-elles apparues, quel est l’intérêt poursuivi par les créateurs de ces monnaies ? Sont-elles appelées à se développer ? Avec quelles conséquences à moyen terme ? intervenants: Jean-Luc Parouty, ingénieur de recherche Jean-François Ponsot, maître de conférences en sciences économiques Matthias Charre, membre d’une association de création de monnaie locale