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Rassemblement Citoyens Ecologistes et Solidaires
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Session de juin 2018 : chronique d’Emilie Marche

Surprise, étonnement mais sur le fond rien ne change

Au printemps, dans l’ensemble des collectivités, c’est la saison des comptes administratifs. La Région Auvergne-Rhône-Alpes ne déroge pas à cette règle. Le compte administratif, c’est là où nous pouvons constater les dépenses qui ont été réalisées ou non, la liste des différentes subventions (…) de l’année précédente, c’est-à-dire 2017. Et sous l’ère Wauquiez, le temps passe mais rien ne change. Le Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes campe sur ses éléments de langage en  déclarant  à tout bout de champ que sa Région est la mieux gérée France et qu’il a baissé les impôts alors que la Région ne les prélève pas. Si c’est le cas, je me fais vraiment du souci pour les habitants des autres régions car entre le budget de l’année 2016 annulé par notre recours – ce qui est une première en France –  et la coupe au ciseau pour faire plaisir aux agences de notation sans oublier les non réalisations en investissement notamment en environnement, lycées, formation pro on n’a connu mieux en matière de bonne gestion.

Les économies, les économies, les économies en fonctionnement, c’est un leitmotiv pour lui et sa majorité. Certes, Laurent Wauquiez atteint son objectif de -75 millions d’€ en fonctionnement pour faire plaisir aux agences de notations mais à quel prix. La grande perdante est la formation professionnelle après une baisse de 40 millions d’€ en 2016, elle a subi en 2017 une baisse de 64 millions d’€ alors que le besoin est énorme. Par contre, il y a un endroit où l’argent de la région afflue ; devinez…. C’est le Puy-en Velay et là pour d’autres territoires se partagent les miettes c’est-à-dire pas grand chose. Donc, voilà ce qu’est pour Laurent Wauquiez : « la région la mieux gérée de France » : budget annulé, clientélisme et des économies réaliser sur la formation des chômeurs et l’aide sociale, décidément tout nous oppose même la notion de bien gérer.

Place à l’environnement

Enfin, nous l’attendions depuis le début de mandat, la politique régionale sur l’environnement et sur l’énergie. Sur ce dossier, nous avons été quatre à travailler dessus, Fabienne, Corinne, Florence et moi, cela faisait « les filles de l’environnement ». A la lecture du rapport, nous avons été agréablement surprises des objectifs et des mots employés :  l’horizon d’une région à énergie positive pour 2050, la reconnaissance du changement climatique, le fait qu’il faut consommer moins mais produire mieux…). Toutefois, le bas commence à blesser quand on regarde la politique régionale : Autoroute A45, gare LGV Allan, canons à neige etc…, ainsi que le montant alloué : 1.8% du budget régional, c’est bien peu vu les enjeux.

Ensuite, place aux amendements portés par les filles de l’environnement. Nous en avons porté 9 sur la stratégie environnementale et un sur l’énergie en demandant la création d’une Banque Publique d’Investissement pour la rénovation des logements. Ce débat a duré toute l’après midi et même le début de soirée. Pour une fois dans cette assemblée, il y a un vrai débat, un débat de fond comme cela devrait tout le temps être le cas au sein de l’assemblée régionale. Sur dix amendements, nous en avons eu trois d’acceptés : celui sur le mix énergétique, déchet et économie circulaire,  mobilité et qualité de l’air.

Nous avons terminé cette longue et intense journée, par le bilan des PNR, plan d’aide aux communes moyennes « cœur de ville » et sur la garantie d’emprunt de la basilique de Fourvière. Toutes ces interventions, vous pouvez les voir sur notre chaine YouTube @aurassemblement.

Après une bonne nuit de sommeil, nous revoilà dès 9h du matin au conseil régional pour débuter cette deuxième journée de session. Au programme, renouvellement de la Commission Permanente, bilan plan chasse, le blason et les vœux et tout ne va pas se passer comme prévu.

Chasse, blason et élection

On renouvelle la commission permanente où siègent 61 éluEs régionaux suite aux démissions d’une élue LREM et d’un élu du Rassemblement National ayant quitté son groupe siégeant désormais dans les non inscrits. Chaque groupe dépose sa liste puis, chaque éluE est appelé un à un par ordre alphabétique pour voter afin de ne pas reproduire les erreurs du passé. Puis, vient le temps du dépouillement comme lors de toute élection.  Nous sommes deux du groupe RCES à assister à ce dépouillement : Andrea Kotarac qui est secrétaire de séance et moi-même qui représente le groupe. Nous sommes 9 éluEs RCES, par conséquent, nous aurions du avoir 9 voix car logiquement chaque éluE vote pour la liste de son groupe.  Cette fois-ci tel n’a pas été le cas car nous avons eu 11 voix donc deux supplémentaires. Deux éluEs du groupe RN ont voté pour notre liste ce qui est abracadabrantesque. Erreur de leur part entre Rassemblement Citoyen Ecologiste et Solidaire ou Rassemblement National  ou règlement de compte en interne du côté de l’extrême droite ? On ne sait pas mais  du coup, nous ne sommes plus deux mais trois éluEs RCES (Jean-Charles Kohlhass, Fabienne Grébert et moi) à siéger en commission permanente.

Lors du bilan du plan chasse, nous avons eu le droit à  l’éloge du Vice Président Philippe Meunier de sa politique et aux interventions des élus du Rassemblement National nous accusant d’être des lanceurs de fatwas vertes. Fabienne Grébert a dénoncé ce que nous disions depuis un moment : le clientélisme de Wauquiez avec un bilan non chiffré alors que l’objet du rapport était de savoir où va tout cet argent. A noter que les éluEs LREM (dont sur les 5, 3 sont députés)  n’ont pas pris la parole lors du bilan plan chasse.

Vous avez du sûrement le voir ou en entendre parler du fameux blason de la région que son altesse Wauquiez veut imposer comprenant les quatre symboles des provinces monarchiques. Cette délibération a été retirée. Le président de la région a expliqué qu’elle n’était pas prête pourtant lors de ces deux jours de session derrière lui à côté du drapeau français, un drapeau de ce blason était bien présent. Nous n’avons pas pu présenter notre contre-blason résumant en quatre icônes la politique de Wauquiez.

blason

Après l’étude des délibérations,  place aux vœux que chaque groupe peut poser pour interpeller. Nous déposé un vœu sur l’ONISEP, cet organisme garant du service public de l’orientation est mise à mal dans la loi actuellement débattue à l’Assemblée Nationale. Ce vœu a été co-construit suite à notre rencontre avec les salariés de l’ONISEP qui sont très inquiets sur l’équité et l’égalité de ce service public d’information en cas de régionalisation des directions d’ONISEP comme le propose la loi. La Vice-Présidente a déclaré partager nos inquiétudes tout en rejetant ce vœu.

Sur ce même sujet, nous avons eu les incantations des éluEs LREM avec une excellente réponse d’Andrea Kotarac à écouter qui a été salué par la majorité.

La session se termine au bout de ces deux journées marathons, rendez-vous au mois de septembre pour la rentrée avec les commissions et une commission permanente avec nos trois éluEs puis en octobre pour une nouvelle assemblée plénière d’ici là au nom du groupe RCES je vous souhaite de passer d’excellentes vacances estivales et de profiter des petits plaisirs de la vie qui n’ont pas de prix.

Emilie Marche

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Laurent Wauquiez a décidément du mal à appliquer les décisions de justice

Le programme de l’assemblée régionale des 14 et 15 juin 2018 a été dévoilé ce matin. Suite à notre victoire au tribunal administratif et à l’annulation du budget 2016 de la Région, nous nous  attendions à y trouver une délibération de régularisation. C’est en effet, ce qu’avait annoncé Etienne Blanc à l’AFP le 23 mai en début d’après-midi.

Pourtant, il n’en est rien. Visiblement, l’exécutif se réserve le droit de faire appel. Contrairement, là encore, à ce qu’il avait annoncé.

Après avoir renouvelé l’installation d’une crèche malgré la décision du tribunal administratif, après avoir contesté l’annulation de la clause Molière, Laurent Wauquiez ne régularise pas le budget 2016 de la Région pourtant annulé.

Cela crée une zone d’insécurité juridique : en effet, le budget 2016 ayant été annulé, il est réputé n’avoir jamais existé. Toutes les délibérations qui en sont issues sont désormais contestables.

Monsieur Wauquiez semble se croire au-dessus des lois, lui qui était un adepte de la tolérance  zéro sous la présidence Sarkozy.

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Quand la grève des cheminots a bon dos …

Les cheminots sont en grève contre la réforme ferroviaire portée par l’Etat depuis le 3 avril dernier. La mécanique est bien rodée. 2 jours grévés, 3 jours non grévés et ainsi de suite.

Pourtant en Auvergne Rhône Alpes, c’est un autre ballet qui est en train de se jouer. Prenons le dimanche 20 mai. C’est un jour non grévé. Les TER doivent circuler et offrir aux usagers le service habituel. Pourtant, ce jour-là, n’ont circulé qu’un train sur deux entre Villefranche et Lyon, deux trains sur cinq entre Clermont et Nîmes, et sur la liaison Lozanne / Tassin, les 10 trains prévus ont été supprimés.

Ainsi, la direction régionale de la SNCF n’assure pas le service qu’elle est censée offrir aux voyageurs. Or l’entreprise SNCF est placée sous l’autorité de la Région Auvergne Rhône Alpes. L’exécutif régional doit taper du poing sur la table pour que la SNCF rétablisse ces liaisons. La menace financière ne suffira pas. Laurent Wauquiez réclame d’ores et déjà des pénalités à la SNCF, mais les suppressions de trains se faisant sur des lignes secondaires, il est probable que le montant de celles-ci n’effraie pas la direction de la SNCF.

L’enjeu est gigantesque. Sous prétexte de la grève des cheminots, la SNCF délaisse peu à peu les petites lignes et laisse des milliers d’usagers sur le carreau. Aujourd’hui, il est essentiel d’offrir à chacun une alternative à la voiture pour ses trajets du quotidien. La collectivité régionale a un rôle de premier plan à jouer. Depuis la loi NOTRe, il est établi que la compétence routière revient aux départements tandis que les régions s’occupent du ferroviaire. Pourtant, depuis le début de son mandat, et alors qu’aucune des deux anciennes régions ne le faisait, Laurent Wauquiez dépense des millions d’euros pour les routes. Il est même allé jusqu’à provisionner 132 millions d’euros pour la construction d’une autoroute. Les conséquences peuvent être gravissimes. A l’heure où les effets du changement climatiques sont de plus en plus visibles et où les conséquences sanitaires de la pollution atmosphérique ne sont plus à prouver, continuer à financer des routes pour délaisser le train est criminel.

Ainsi, au lieu de saupoudrer d’argent public les projets routiers des départements, Laurent Wauquiez ferait mieux de s’assurer que les TER circulent dans sa Région et de mettre les moyens sur les lignes les plus menacées. Les usagers, qui se voient privés de train, même lorsque les cheminots ne sont pas en grève doivent être entendus. La Région doit imposer à la direction de la SNCF un geste commercial fort, notamment pour les abonnés qui ont été forcés de reprendre leur voiture, multipliant ainsi les coûts pour eux et la société. 50% de remboursement, ce n’est pas assez. C’est 100% pour chaque mois de grève qu’il faut atteindre.

Nous sommes très inquiets de la stratégie de la SNCF doublée de l’inaction de la Région en matière de ferroviaire. Il faut réagir vite pour ne pas louper le train du 21ème siècle.

Jean-Charles Kohlhaas

Corinne Morel Darleux

Fabienne Grebert

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