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 Pièces & Main d'Oeuvre

Site de bricolage pour la construction d'un esprit critique grenoblois

 

Publié le 11.10.2019 à 21:04

Du coup

C'est nous qui disons « sordide ordinaire », de manière sans doute réductrice, pour résumer son témoignage. Un abrégé de l'éducation politique d'un jeune gars de milieu populaire, arrivé d'Amiens, découvrant tout à la fois la grande ville de Lille et l'activisme « radical », à l'école des intellos universitaires.
Tomjo, pour ceux qui ne le situeraient pas, c'est à la fois l'animateur du site Hors sol (ici), un contributeur des media alternatifs (La Brique, Lundi matin, CQFD, La Décroissance…) ; et l'auteur de nombre d'enquêtes en collaboration avec PMO.

On pourrait écrire, en réaction à Du coup, l'un de ces livres que tant d'« ex » - communistes, gauchistes, communards -, ont écrit après coup pour expliquer ce qu'ils avaient subi, infligé, vécu, dans « le milieu » (communiste, gauchiste, communard, etc.) ; et pourquoi ; et comment ; etc. On sait que les pires ennemis d'une bonne cause sont souvent ses défenseurs. Ou plutôt ceux qui s'en emparent et la retournent au service de leurs ressentiments.
Que la lutte « contre toutes les dominations » serve d'idéologie à la plus tyrannique clique d'oppresseurs qu'on ait vue depuis les « révolutionnaires » des années 70, n'étonnera que ceux qui ont oublié ce que les chrétiens firent de l'évangile, les puritains du libre examen, les communistes du mouvement ouvrier, etc. Qui ne serait dégoûté du « féminisme » ou de « l'anti-racisme » à les voir dévoyés par ces mêmes cliques néo-racistes et néo-sexistes. Quant au « néo-fascisme », si Pasolini ne nous avait avertis de son retour sous le masque de « l'anti-fascisme », il nous resterait le poncif de Marx sur l'histoire qui revient toujours, « mais comme farce ».

Les « révolutionnaires » se défaussent toujours de leurs échecs sur le « contexte », sur « l'ennemi », la « répression », la passivité ou l'arriération des « gens ». Ils sont toujours assez contents d'eux-mêmes et de leurs actions, même s'ils s'empressent toujours, par feinte modestie, de reconnaître des « erreurs » - d'ailleurs secondaires. Ils ne peuvent soupçonner que le peu de pouvoir dont ils jouissent déjà, ce qu'ils en font, et la façon dont ils l'ont pris, suscitent le rire et la répulsion de ceux qui les connaissent. A lire Du coup, on est incroyablement soulagés de ne pas être assignés à résidence dans un « espace libertaire affranchi de toutes les dominations ».
(Pour lire le texte, ouvrir le document ci-dessous.)

Lire aussi, de Tomjo :
- Bleue comme une orange
- Paradis pourri. « Smart islands » en Polynésie
- J'ai visité Smart city
- Et c'est ainsi qu'Allah est grand (islam et technologie)
- L'Enfer vert, un projet pavé de bonnes intentions
- La mort à Tarente

- Faits divers

Publié le 01.10.2019 à 21:31

Pourrons-nous survivre à la technologie ? (J. von Neumann). Traduit par Annie Gouilleux

Fortune, intitulé « Pourrons-nous survivre à la technologie ? ». C'était poser la question à l'un des pires ennemis de l'humanité que le Livre Noir de la Science ait connu, et l'un des mieux à même d'y répondre.

Von Neumann, on ne l'avait pas croisé depuis notre Minime introduction aux nanotechnologies (voir ici et Aujourd'hui le nanomonde. Nanotechnologies : un projet de société totalitaire), en mars 2006. Son collègue Richard Feynman, précurseur des nanotechnologies, l'évoquait ainsi, à propos des beaux jours passés ensemble à Los Alamos lors du projet Manhattan de mise au point de la bombe atomique :

« Et puis, j'ai connu von Neumann, le célèbre mathématicien. (…) Je dois à von Neumann d'avoir compris que nous n'avons pas à nous sentir responsables du monde dans lequel nous vivons. Depuis lors, je n'ai cessé de me sentir « socialement irresponsable », et je me suis toujours bien porté. Cette irresponsabilité active qui est la mienne est née de ces conseils que von Neumann me donnait lors de nos promenades. »

Que John von Neumann, juif hongrois né Janos Lajos Neumann en 1903, naturalisé américain en 1937, ait combattu l'Allemagne nazie et l'Union soviétique sur le front militaro-scientifique, cela va de soi. Il fit ce que faisaient ses collègues, dans tous les camps ; quitte à en changer quand on ne leur donnait plus les moyens de leurs passionnantes recherches. Von Neumann y apporta cependant un génie démoniaque et une insouciance allègre, de l'ordre de l'instinct de mort tel que décrit par Freud dans Malaise dans la civilisation. Ce n'est pas rien que d'être considéré à la fois comme « le père » de la bombe H, de la « théorie des jeux », de l'architecture des ordinateurs et même, de la « singularité technologique ». C'est-à-dire de cette théorie du développement exponentiel des technologies et du dépassement de l'homme par les « machines intelligentes ».

Seule la perspective de sa propre fin, due au cancer contracté lors des essais nucléaires de Bikini, semble l'avoir rendu un rien méditatif. On reste cependant pantois, comme chaque fois qu'on lit les tentatives de réflexion d'un scientifique, fût-il un génie, de la bêtise, toute pragmatique et technique, des propos tenus. A cet étonnement, se mêle de l'effroi. Au bord de l'extinction où « la technologie » - c'est-à-dire von Neumann et ses pareils - a mené l'humanité, suivant ses propres dires, il ne voit qu'une solution de survie. Davantage de technologie. Des technologies mégalomaniaques développant le nucléaire, l'automation, la géoingénierie, et imposant la paix par la crainte de la destruction mutuelle. Ce programme, à peu près suivi depuis 1955, nous a rapprochés plus que jamais de cette destruction redoutée. Ne l'oublions jamais quand nos Etats, les media et leurs marionnettes nous enjoignent - notamment à l'occasion de la 28e Fête de la science en ce mois d'octobre 2019 - d'« écouter les scientifiques !... d'écouter la science ! », afin d'échapper aux diverses catastrophes technoscientifiques convergeant sur nos têtes.

(Pour lire le texte de von Neumann, ouvrir le document ci-dessous)

- Documents

Publié le 24.09.2019 à 01:07

Alertez les bébés !

in labo, prise en charge par une équipe médicale et par la sécurité sociale.
Ce succès, dû à une convergence de mouvements, ne s'arrêtera pas là.
Nous qui ne sommes ni croyants, ni catholiques, ni de droite (ce qui n'aurait rien d'infâmant), mais de simples chimpanzés du futur, athées, libres penseurs, anti-sexistes, écologistes radicaux, luddites, etc. - comme la plupart de nos lecteurs - exposons à cette occasion les raisons de notre opposition, à toute reproduction et modification artificielles de l'humain.

Que ce soit pour les homos ou les hétéros, seuls ou en couples, avec ou sans père. C'est clair ?

Et pour que ce soit encore plus clair, nous le faisons avec des femmes, des féministes et des lesbiennes. Celles du Feminist International Network of Resistance to Reproductive and Genetic Engineering, par exemple, qui, dès les années 1980, combattait les « technologies déshumanisantes » et le génie génétique et reproductif, « produit de développements scientifiques qui considèrent le monde comme une machine. »

L'insémination artificielle des femmes – artisanale ou médicale – pratiquée depuis le XIXe siècle, préservait encore le hasard de l'engendrement. A l'inverse, avec la fécondation hors corps et le tripatouillage de gamètes dans une boîte de Petri, la reproduction biologique devient une production artificielle, dont le vivant est la matière première.
Depuis les années 1970, les médecins ont de leur propre chef appliqué ces procédés aux femmes stériles puis aux fertiles. Ils trient les gamètes, sélectionnent les embryons. Déjà, ils modifient les génomes à l'aide des « ciseaux génétiques » CRISPR-Cas 9. En clair, ils élaborent des hommes « augmentés » (transhumains, posthumains, etc.), ayant bénéficié de leurs traitements ; et donc des sous-hommes, des « chimpanzés du futur », ceux dont les parents auront refusé ces traitements ou n'y auront pas eu accès. Retour de l'« hygiène de la race » et de l'eugénisme décomplexé. Et vous, aurez-vous des enfants ? « Augmentés » ou ordinaires ? Posthumains ou chimpanzés ? Par les voies naturelles ou artificielles ?

La loi de bioéthique votée en 1994, autant violée par les médecins, qui repoussent toujours plus les limites de leurs prouesses, que par les « parents d'intention », adeptes du « tourisme procréatif » afin de contraindre l'Etat à ratifier leurs transgressions, en est à sa troisième révision. En attendant que la quatrième ou cinquième révision de cette loi bio-élastique n'étende également l'accès à la reproduction artificielle aux couples d'hommes et aux hommes seuls.

Nous protestons donc, en tant qu'humains ordinaires, membres de l'immense majorité de l'espèce, dotés depuis nos origines de facultés de reproduction naturelles (libres, sexuées, gratuites - et parfois défaillantes), contre l'instauration de ces procédures artificielles (technico-marchandes), et contre la destruction et l'appropriation de nos droits reproductifs, aux mains des biocrates. Nous protestons contre notre stérilisation technologique et sociale au profit de l'espèce supérieure des inhumains génétiquement modifiés.

Nous sommes nos corps. Nous, humains ordinaires, animaux politiques et chimpanzés du futur. Nous voici donc en état de légitime défense. Sommés d'agir ou disparaître.

Que si nous disparaissons, la victoire des plus aptes se révélera sans avenir. Le contrat techno-social est un marché de dupe. Croyant s'affranchir, l'homme-machine s'asservit. Croyant dominer, il obéit. Quand on utilise les moyens technologiques, on donne le pouvoir aux technocrates. Quand on utilise les moyens biotechnologiques, on donne le pouvoir aux biocrates. Quand on se repose de soi et de tout sur la Mère-Machine, on donne le pouvoir à la Mère-Machine.

***

Sommaire : 1- L'hypocrisie sélectionniste. 2- Extension de l'eugénisme. 3- De l'enfant artificiel à l'espèce artificielle. 4- La fabrication plutôt que la naissance. 5- Droiche-gaute : le faux clivage qui masque les vrais. 6- Découvrons le complot hétéro. 7- La reproduction sans homme, une augmentation transhumaniste. 8- Eliminer l'humain pour éliminer l'erreur. 9- Le fait accompli comme contrat social : le droit du plus fort. 10- La liberté de disposer d'un corps obsolète. 11- Au-delà des limites : transformation du désir en droit (mon désir sera ta loi). 12-Mère-Machine s'occupera de tout (maternage et infantilisme technologiques).
Glossaire : Novlangue de la reproduction artificielle.

(Si certains passages vous donnent une impression de déjà-lu, c'est normal. Ceci est une version réduite, augmentée, revue, corrigée et mise à jour de Reproduction artificielle "pour toutes" : le stade infantile du transhumanisme, publié en juin 2018.)

Pour lire le texte intégral, ouvrir le document ci-dessous.

Pour lire le texte sur papier, demander la Pièce détachée n°89 : envoyer un chèque de 5 euros à l'ordre de Service compris :
Service Compris - BP 27 - 38172 Seyssinet-Pariset cedex

Lire aussi :

- "Le projet Manhattan de reproduction"
- "Le fil rouge : des théories de Galton aux sondes d'ADN "
- "La fabrication des humains"

- Documents

Publié le 24.09.2019 à 00:57

La fabrication des humains

Françoise Collin était une philosophe et féministe belge, spécialiste notamment de Hannah Arendt. Dans cet article, elle présente l'eugénisme comme partie intégrante de la reproduction artificielle.

- Service compris

Publié le 24.09.2019 à 00:57

Le fil rouge : des théories de Galton aux sondes d'ADN

Nadine Freco est historienne, spécialiste de la Shoah et du négationnisme.
Dans cet article, elle trace l'histoire parallèle de l'eugénisme (idéologie) et de l'eugénique (pratique).

- Service compris