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Pièces & Main d'Oeuvre

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Publié le 10.07.2018 à 20:25 :

Frère Eric Salobir, le prêtre qui connecte le pape à la Silicon Valley

Cet article du Monde dresse le portrait du missionnaire numérique de l'église catholique. Qui va récupérer l'autre ? L'église catholique (universelle), le plus ancien et le plus performant réseau religieux en activité, ou le transhumanisme, le plus récent et le plus performant réseau technocratique à vocation religieuse ?

Quel que soit le résultat, il n'y a nulle incompatibilité entre l'une et l'autre. Comme nous l'avions dit dans Ecrasons l'infâme. Le culte de la Mère Machine ou la matrice religieuse du transhumanisme (ici )

Ni théocratie, ni technocratie !

Pour lire l'article du Monde, ouvrir le document ci-dessous.

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Publié le 08.07.2018 à 11:11 :

Entretien avec Sciences critiques

Toujours en librairie : Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme. Voir ici

Voici un entretien réalisé avec Sciences Critiques, (voir) un site de médiation entre la science et ses critiques où « penseurs, journalistes et citoyens » s'efforcent « de décrypter les controverses scientifiques contemporaines ».

Merci à Edouard V. Piely, notre interlocuteur, pour cette ample revue du transhumanisme : ses origines, ses développements, son idéologie, ses fondements métaphysiques, sa volonté de toute-puissance et son instinct de mort, ses techniques d'acceptabilité et ses liens avec le complexe militaro-scientifique. Et in fine pour sa question sur les conditions et les moyens du salut de l'espèce humaine qui a suscité La vie dans les restes(1), republié ici avec l'entretien intégral.

Bien sûr, on ne peut jamais tout dire, et encore moins dans les limites d'un tel exercice. Nous tachons à chaque fois qu'on nous en donne l'occasion d'apporter des éléments nouveaux – du moins pour nous. Et d'autres aussi, déjà acquis et publiés, mais qui peuvent servir à l'intelligence du transhumanisme pour de nouveaux lecteurs ; ou que nous jugeons nécessaire de réemployer dans la mise à jour de notre propre saisie : reprise & surprise.

Parmi ces textes récents où nous tachons de creuser et d'affiner notre compréhension :

-Ce que signifie « avoir les moyens » (au-delà du capitalisme et pire encore)
-Entretien avec la revue Limite
-Ecrasons l'infâme - Le culte de la Mère Machine et la matrice religieuse du transhumanisme
-Entretien avec le Comptoir
-Reproduction artificielle « pour toutes » : le stade infantile du transhumanisme (Pièce détachée n°86)

(1) La réponse à la dernière question de cet entretien est publiée sous le titre La vie dans les restes, en Pièce détachée (format A5, couverture cartonnée).
Pour la recevoir par la Poste, commander la Pièce détachée n°85 en envoyant un chèque de 4 € à l'ordre de Service compris :
Service compris
BP 27
38172 Seyssinet-Pariset cedex

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Publié le 24.06.2018 à 12:26 :

Schizo-Ville et inconséquence verte

Le nouveau numéro de Hors-Sol (n°5) vient de paraître, copieux et intéressant, consacré aux "inhumanités numériques".
Voici deux articles en échantillon.

Pour vous procurer Hors-Sol sur papier : http://hors-sol.herbesfolles.org/2018/06/12/inhumanite-numerique-parution-dhors-sol-n5/

- Faits divers
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Publié le 17.06.2018 à 20:34 :

Reproduction artificielle "pour toutes" : le stade infantile du transhumanisme

Toujours en librairie : Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme. Voir ici

Le 18 janvier 2018 s'ouvraient les "Etats généraux de la bioéthique" organisés par le Comité consultatif national d'éthique - prélude à la troisième révision de nos lois de bioéthique depuis 1994. Plaisante éthique, soumise à la perpétuelle fuite en avant technologique et aux desiderata des consommateurs rendus possibles par ces progrès.

Le grand sujet cette fois, c'est la reproduction artificielle de l'humain (PMA), qu'il est question d'autoriser aux femmes seules et aux couples de lesbiennes. Autorisation d'autant plus probable que Macron, le "président des très riches" accusé de mener une "politique de droite", a besoin paraît-il d'"envoyer des signaux à la gauche". De préférence, sans impact budgétaire.
Comme en 2013, lors de la légalisation du mariage homosexuel, le sociétal fait diversion et remplace le social.

Aujourd'hui comme alors, nous saisissons ce symptôme d'actualité pour remonter à la cause et à la racine profondes : la machination et la
marchandisation de la procréation pour les homos comme pour les hétéros.
Ce texte est une mise à jour de ce que nous disions alors avec Alexis Escudero (La Reproduction artificielle de l'humain), et que les quatre dernières années n'ont fait que vérifier.

Certains diront que la fracture passe entre gauche et droite. Mais le fait majeur de l'époque, le putsch technologique permanent, périme pour l'essentiel cette distinction. Macron, après Hollande et Sarkozy, et comme l'auraient fait Fillon, Mélenchon ou Le Pen, investit dans l'innovation et les technologies de déshumanisation : intelligence artificielle, nanotechnologies, génie génétique, neurotechnologies.
Le stade actuel du progrès technologique et de la croissance économique, objectifs communs de la droite et de la gauche, se nomme l'homme « augmenté » - le transhumanisme. Le choix qu'on nous laisse ? Renoncer à notre humanité pour devenir posthumains, ou sombrer dans l'espèce moribonde des Chimpanzés du futur. Disparaître ou disparaître. On voit l'importance du débat sur les « modèles familiaux » à côté de cette rupture anthropologique.
On voit surtout comment les idéologues et scientifiques transhumanistes prennent en otages certains groupes (certains activistes LGBT et certaines féministes, certains hétéros stériles et certains handicapés), comment ils s'en servent, tantôt comme boucliers humains, tantôt comme chevaux de Troie pour avancer leur agenda.

L'offensive transhumaniste trace le front principal de notre temps, qui oppose désormais les humains d'origine animale aux inhumains d'avenir machinal. Le mode de reproduction est un enjeu central, en ce qu'il détermine la poursuite de l'histoire naturelle collective ou la prise en main de l'évolution par la technocratie.
Aussi, nous, qui tenons à notre humanité errante et faillible, hasardeuse et imprévue, et si limitée, refusons-nous la reproduction artificielle de l'humain et ses progrès.

Pour lire le texte intégral, ouvrir le document ci-dessous.

Pour lire le texte sur papier, demander la Pièce détachée n°86 : envoyer un chèque de 5 euros à l'ordre de Service compris :
Service Compris - BP 27 - 38172 Seyssinet-Pariset cedex

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Publié le 05.06.2018 à 20:44 :

Ça se complique

Petite annonce trouvée sur le site squat.net
Comme le dit Sempé : Tome 1, "Rien n'est simple", tome 2 : "Ça se complique"

Rennes : les Escarpaulettes recrutent !
mai 30th, 2018

Escarpaulettes, squat d'accueil à Rennes, légal jusqu'au 15 août 2018,
cherche à compléter son équipe.

Nous sommes uniquement des personnes poly-opprimées (nous faisons face à
plusieurs systèmes qui nous oppriment) et avons pour 2 principes de
fonctionnement :
– une attention constante aux rapports de domination que nous pouvons
exercer entre nous
– l'accueil inconditionnel des personnes qui en font la demande pour 3
nuits et après on discute.

Nous sommes trans, cis, françaises, non françaises, blanches,
non-blanches, hétéros, pas hétéros, et toutes pauvres.

Suite aux départ de 2 de nos cohabitants, nous cherchons à renforcer
notre équipe et aimerions rencontrer des personnes qui partageraient nos
valeurs et qui aimeraient nous aider à tenir ce lieu.
Du coup, comme nous avons déjà un couple hétéro non blancs et 2
personnes blanches, nous aimerions squatter avec un certain profil de
personne afin que les personnes non hétéro et non blanches de la maison
ne se sentent pas plus discriminées chez elles.

Nous cherchons donc une personne non blanche, meuf trans ou mec trans ou
meuf cisgenre si tu n'es pas hétéro, squateuse ou qui veut apprendre.

Merci de faire tourner dans vos réseaux.

Merci de nous contacter au 06 40 87 99 37

- Service compris
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Publié le 31.05.2018 à 20:04 :

Quand les Verts "vendent" Minatec

Voici 12 ans, le 1er juin 2006, un millier de marcheurs s'était rassemblé pour protester contre l'inauguration de Minatec ; et au-delà, contre l'incarcération de l'homme-machine dans le monde-machine. Les Verts, toujours francs et courageux, avaient tergiversé à bas bruit entre le soutien aux nanotechnologies et des vœux pieux d' « encadrement éthique ». Ils ne sont pas les seuls. La critique des (nano)technologies n'est pas la priorité d'une gauche pour qui le salut et l'émancipation consistent au contraire à brader l'autonomie du vivant pour l'hétéronomie de l'artificiel.

Les Verts grenoblois ont conquis le pouvoir municipal en 2014 et dominent depuis la cuvette - la Métro -, avec leurs alliés. En décembre 2017, ils ont vendu à cette même Métro les actions de la Ville de Grenoble dans la SEM Minatec. Occasion irrésistible de revenir sur un moment local exemplaire du moment général. Que font les Verts quand ils gèrent « le système », finalement ? Que s'est-il passé depuis 2006 ? En tirant notre fil nous avons reconstitué toute une trajectoire – Minalogic, Minatec, Giant, Clinatec…- tout le puzzle du CEA-Grenoble ; et recroisé nos technocrates Verts, Eric Piolle (Hewlett-Packard), Vincent Fristot (Gaz Electricité Grenoble), Pierre Kermen (Giant, Caserne de Bonne), et puis Vincent Comparat, Laurence Comparat, Yann Mongaburu & Cie ; big data, open data, smart city… On dira ce qu'on voudra, vivre à Grenoble, c'est malsain, mais c'est instructif.

Pour lire le texte intégral, ouvrir le document ci-dessous.

- Nécrotechnologies
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Publié le 24.05.2018 à 21:40 :

La campagne se meurt, la technocratie l'achève

En 2050, 80 % du cheptel humain s'entassera dans des mégapoles-machines aux flux de transports, de fluides, d'énergie, d'individus, pilotés par "Intelligence Artificielle". Smart city, voitures “autonomes”, capteurs de données communicants, Internet des objets, big data, etc. Cette concentration résulte d'un projet de rationalisation - de rationnement raisonné - des "ressources". Pour rabattre les ruraux vers les métropoles, il suffit de supprimer les services de proximité, la Poste, l'école, l'hôpital, et les dessertes des petites communes ; puis d'ouvrir des complexes commerciaux périphériques afin de tuer les centres bourgs. Financez les projets urbains, les “pôles de compétitivité”, et admirez l'afflux urbain.

Quant à ce que la novlangue nomme “les territoires”, ne croyez pas qu'ils échappent à la rationalisation technicienne. La plupart de leurs décideurs veulent en faire des “smart territoires”, fonctionnant, eux aussi, en haut débit. Il n'y a pas de raison qu'on ne clique pas dans les chemins creux et sous les platanes du marché. Puis, les citadins qui viennent se ressourcer le week-end ont besoin de leur connexion pour... eh bien pour rester connectés.

Surtout, la “ruralité” doit servir la mégamachine urbaine. Laisser passer les lignes à grande vitesse et à très haute tension. Fournir la biomasse et les ressources nécessaires à la consommation exponentielle d'énergie (la “planète intelligente” est une planète électrique). Nourrir les villes. Stocker les déchets nucléaires. Réserver quelques espaces aux loisirs, conformément aux recommandations des experts en santé urbaine.
Vous pensiez vivre à la campagne, votre pays n'est qu'une fonction support pour les métropoles.

Ainsi, découvrons le “Plan particulier de la Creuse et l'hyper-ruralité” dans cet article du Creuse-Citron.

Pour lire l'article, ouvrir le document ci-dessous.

Pour lire Creuse-Citron sur papier, écrire à :
Creuse-Citron
BP 2
23000 Sainte-Feyre

et creuse-citron(at)legtux.org

Lire aussi :
-Des arbres et des hommes (revue Bogues)
et Les Monades urbaines, de Robert Silverberg (Livre de Poche)

- Nécrotechnologies
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Publié le 21.05.2018 à 19:24 :

Un tétraplégique pilote un exosquelette avec son cerveau

Le Monde du 21 mai 2018 nous donne des nouvelles de Clinatec et des progrès de l'homme-machine. Pour la première fois, un tétraplégique équipé d'un implant neuro-électronique pilote un exosquelette "par la pensée".
C'est ce genre de trouvailles qui a valu à Alim-Louis Benabid le Breakthrought Prize 2015, (3 millions de dollars) remis par les patrons transhumanistes de la Silicon Valley.

Un tétraplégique pilote un exosquelette avec son cerveau

A Grenoble, des chercheurs ont implanté une puce dans la tête d'une personne paralysée des quatre membres afin qu'elle commande une armure mécanique par la pensée.

Equipé de 14 moteurs électriques, l'exosquelette roule et déroule des câbles métalliques qui mettent les articulations en mouvement.
Prisonniers de leur tête, les tétraplégiques ont perdu toute prise sur le monde physique. Ils peuvent bien sûr le percevoir, mais sont condamnés à l'immobilité, hormis pour les quelques muscles de leur visage et de leur cou qui réagissent encore.

Pourtant, quand ils s'imaginent marcher, lever un bras ou plier les doigts, comme avant la rupture de leur moelle épinière, les mêmes signaux électriques enflamment leur cortex moteur. « Leur cerveau parle, mais personne n'écoute », remarque le neurochirurgien Alim-Louis Benabid.

Avec le projet BCI (pour Brain Computer Interface), l'équipe du professeur Benabid prend avantage de cette activité cérébrale qui n'arrive pas à quitter l'esprit des tétraplégiques. Les chercheurs ont développé un dispositif la traduisant en commandes pour un exosquelette, une sorte d'enveloppe mécanique dans laquelle la personne handicapée est embarquée. Ainsi, ses bras et ses jambes sortent de la torpeur, son système vasculaire s'active, et elle retrouve enfin un peu de liberté de mouvement. Le système est testé depuis un an avec un tétraplégique et l'équipe soumettra bientôt ses résultats à une revue scientifique.

Un dispositif « bras-jambes » inédit

Le professeur Benabid mène ce projet chez Clinatec, un centre de recherche biomédicale rattaché au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), au CHU de Grenoble-Alpes, à l'Inserm et à l'université Grenoble-Alpes. Là-bas, au cœur du polygone scientifique du chef-lieu de l'Isère, on s'efforce de développer des technologies médicales qui aident les patients par d'autres voies que la médication.

Sur le marché, on trouve déjà des exosquelettes pour les paraplégiques contrôlés par l'inclinaison du buste ou grâce à une manette. D'ailleurs, la distribution du premier appareil du genre en France (ReWalk) vient tout juste de débuter. Toutefois, le projet d'un exosquelette « bras et jambes » dirigé par la pensée est d'une tout autre ampleur.

Contrairement aux casques d'électroencéphalographie utilisés par des chercheurs suisses et américains dans des projets semblables, les implants ne bougent pas et assurent une mesure fidèle de l'activité cérébrale.
Ouvrant les portes de son laboratoire, le professeur Benabid – qui est par ailleurs un pionnier de la stimulation cérébrale profonde, employée notamment contre la maladie de Parkinson – demeure toutefois avare de détails tant que les résultats ne seront pas publiés. S'il refuse notamment de présenter les prouesses du patient aux médias, il peine néanmoins à contenir son enthousiasme. « On a avancé beaucoup plus rapidement que je ne croyais, confie-t-il. Honnêtement, je pensais qu'il nous faudrait des années pour en arriver là. »

L'équipe française n'est pas la première à établir un pont entre le cerveau et l'exosquelette, mais aucun autre groupe de recherche n'avait encore tenté l'expérience avec un implant placé directement au contact de l'encéphale. Ce choix, très invasif, comporte en contrepartie d'importants avantages. Contrairement aux casques d'électroencéphalographie (EEG) utilisés par des chercheurs suisses et américains dans des projets semblables, les implants ne bougent absolument pas et assurent une mesure fidèle de l'activité cérébrale. De plus, le signal n'est pas atténué par le crâne, ce qui améliore la lecture.

Les ingénieurs, mathématiciens, médecins, informaticiens et roboticiens de Clinatec ont développé eux-mêmes un capteur EEG implantable directement sur la dure-mère, l'enveloppe fibreuse du cerveau. D'un diamètre de 5 cm et d'une épaisseur de 12 mm, la puce est insérée dans une ouverture ronde de même diamètre pratiquée dans le crâne. On replace ensuite la peau sur l'implant.

« Algorithme adaptatif »

Après l'opération, aucun câble ne traverse le cuir chevelu : la puce transmet les données qu'elle récolte grâce à une antenne et se recharge en électricité par induction magnétique à travers la peau. Un casque sur la tête du patient assure la connexion et l'alimentation de l'implant. En conservant l'intégrité de la peau, la méthode minimise aussi les risques d'infection pour le patient.

Tenant la puce au creux de sa main, Guillaume Charvet paraît fier du travail accompli. L'ingénieur explique comment l'information recueillie par les soixante-quatre électrodes ultrasensibles est analysée en moins de 350 millisecondes par un ordinateur intégré à l'exosquelette. « Nous utilisons un algorithme adaptatif. Lors d'une phase de calibration, le patient doit effectuer une série de tâches définies. Grâce à l'apprentissage profond, le programme associe l'activité cérébrale à chacun de ses mouvements. Par la suite, l'algorithme peut reconnaître n'importe quel mouvement. »

Au rez-de-chaussée de Clinatec, on retrouve le massif exosquelette. D'un blanc étincelant, ses quatre membres artificiels sont munis de courroies afin de maintenir le passager en place. L'armure de 60 kg supporte son propre poids en plus de celui de l'utilisateur. Les membres supérieurs de l'exosquelette pivotent selon quatre axes, tandis que les membres inférieurs disposent de trois degrés de liberté. La démarche de l'exosquelette, encore claudicante, devrait s'améliorer dans le futur, tout comme son équilibre. Pour l'instant, des câbles au plafond préviennent les chutes.

L'exosquelette est équipé de quatorze moteurs électriques qui roulent et déroulent des câbles métalliques afin de mettre les articulations en mouvement. Ce mécanisme, développé par le CEA, découle d'une expérience de plusieurs décennies dans la robotique, d'abord entreprise pour la manipulation de matériel radioactif. L'exosquelette de Clinatec est l'œuvre du CEA List, un laboratoire qui est consacré aux systèmes numériques intelligents et est basé à Saclay (Essonne).

Une implication cruciale du sujet

Le 21 juin 2017, le professeur Benabid implantait deux puces (une de chaque côté de la tête) chez un premier sujet. Peu de temps après, le tétraplégique faisait ses premiers pas. « Je me sens comme Armstrong la première fois qu'il a mis le pied sur la Lune », aurait-il déclaré. Depuis lors, ce premier cobaye s'entraîne avec zèle afin d'apprivoiser la machine. Il vient cinq jours par mois à la clinique et enfile l'exosquelette pendant deux heures.

Après la séance d'entraînement, il est exténué, explique Stéphane Pezzani, cadre de santé du secteur sujet-patient chez Clinatec. Ce dernier travaille de près avec le sujet et souligne son implication cruciale dans la recherche. « Il voit son rôle comme celui d'un partenaire ; c'est devenu son métier », note-t-il.

En plus de ses visites à Grenoble, le sujet s'entraîne aussi à la maison. Des informaticiens du centre ont conçu un jeu vidéo spécialement pour lui. Grâce à ses pensées, il dirige un avatar dans un environnement virtuel, exactement de la même manière qu'il pilote l'exosquelette à la clinique.

Clinatec dispose actuellement d'une autorisation pour implanter les puces chez cinq sujets afin de montrer que la procédure est sans danger. Jusqu'à maintenant, deux personnes ont subi l'opération. Cependant, l'implantation a connu des problèmes chez un patient, et ses puces ont été retirées. Trois autres tétraplégiques devraient passer sous le bistouri dans les prochains mois.

Dans le futur, l'équipe espère procéder à des tests chez un plus grand nombre de personnes. Toutefois, le professeur Benabid refuse catégoriquement de réduire le temps d'accès à la machine du premier sujet. Quand on redonne un espoir d'indépendance à quelqu'un, on ne le reprend pas, croit-il.

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Publié le 19.05.2018 à 20:30 :

Promotion de l'intégrité scientifique au CNRS et à Sorbonne Université : incompétence ou malhonnêteté scientifique ?

Nous avons reçu ce communiqué de "Sauvons l'Université !", à propos d'une affaire de fraude scientifique au CNRS.
Nous sommes d'accord pour sauver l'université s'il s'agit d'un retour au trivium et au quadrivium de la vieille Sorbonne.

Quant à la fraude scientifique, elle est juste un indice de l'appétit de lucre et de réussite sociale d'une corporation qui n'a pas besoin de frauder pour développer CRISPr-Cas9, le nucléaire ou la biologie de synthèse (pour faire court).
La fraude n'est que la partie émergée de la corruption, c'est à ce titre que nous reproduisons ce communiqué.

***

Lettre ouverte d'un groupe d'experts anonyme concernant le rapport de la commission anonyme ayant enquêté sur les publications dont Mme Jessus est co-auteur 18 avril 2018

mercredi 16 mai 2018, par Tournesol, Pr.

« Les atteintes à l'intégrité scientifique décrédibilisent les travaux de recherche, nuisent à l'image des institutions et contribuent à altérer la confiance que le public accorde aux chercheurs et à la science en général », peut dont lire dans le guide « pratiquer une recherche intègre et responsable » édité par le CNRS en 2017 (1).
Pour faire face de façon appropriée et prévenir les manquements à l'intégrité scientifique, qui peuvent aller de l'erreur de bonne foi jusqu'à la fraude caractérisée, les universités et les organismes de recherche français ont édité, en 2014, une charte de déontologie des métiers de la recherche (2).

Conformément à cette charte, l'Université Pierre et Marie Curie, devenue Sorbonne Université en janvier 2018, a nommé un délégué à l'intégrité scientifique chargé de recueillir les signalements de manquement à l'intégrité scientifique. Elle a aussi organisé un cycle de conférences sur l'éthique de la recherche destinées aux chercheurs et aux doctorants (3). Le CNRS également cosignataire de cette charte, a mis en place depuis 1994, une instance consultative et indépendante, le comité d'éthique du CNRS (COMETS) constitué d'un président et de 12 membres nommés par le conseil d'administration du CNRS, représentant toutes les disciplines de l'institution. Le COMETS est l'auteur du guide « pratiquer une recherche intègre et responsable » cité plus haut (1)

Les réseaux sociaux se sont aussi emparés de la promotion à l'intégrité scientifique. Le site PubPeer par exemple, a été conçu comme une plateforme de signalement de fraudes post publication qui ont échappé aux relecteurs traditionnels des revues scientifiques à comité de lecture. Les allégations de fraudes sont suivies de débats ouverts à toute la communauté des chercheurs. Grâce à l'anonymat garanti par la plateforme, les lanceurs d'alertes peuvent signaler d'éventuels manquements à l'intégrité scientifique tout en étant protégés contre des représailles certaines de leur hiérarchie.

Le COMETS encourage les institutions à « considérer positivement les initiatives innovantes des réseaux sociaux scientifiques et prendre en compte les ressources qu'ils fournissent, ne serait-ce que pour suivre les débats scientifiques qui s'y développent, et aussi pour réagir à d'éventuels lancements d'alerte dans des domaines où la tricherie serait sinon passée inaperçue » (1).

En septembre 2017, ces deux institutions ont dû faire face à plusieurs allégations de fraude publiées sur le site PubPeer concernant des manipulations d'images sur 21 figures publiées dans 11 articles dont Madame Catherine Jessus (directrice de recherche au CNRS, ancienne directrice de l'UMR SU-CNRS 7622, ancienne directrice de l'Institut de Biologie Paris Seine (IBPS) et actuelle directrice de l'institut national des science biologique du CNRS (INSB)) est coauteur.

Fort de leur rôle pionnier dans la promotion de l'intégrité scientifique, les deux institutions ont assez rapidement nommé une commission d'enquête chargée de déterminer la véracité de ces allégations. Après un travail d'enquête de 4 mois, le rapport de cette commission, que le CNRS a choisi de ne pas garder confidentiel, a été rendu public le 21 février 2018 et peut être consulté sur la page Web de l'institution :
http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/rapport_conclusions.pdf
http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/rapport_analyse_detaillee.pdf
http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/annexe1.pdf

Nous, généticiennes, généticiens, biochimistes, biologistes cellulaires et moléculaires, avons lu ce rapport, l'avons analysé, critiqué point par point et pouvons conclure que tous les arguments de la commission d'enquête vont à l'encontre de toutes les règles communes de bonnes pratiques scientifiques et d'interprétation des résultats qui constituent le fondement de l'intégrité en recherche. Pire encore, et c'est la raison qui nous a poussé à réagir (voir notre lettre ouverte), il encourage les manipulations d'images qui sont pourtant reconnues comme des fabrications et des falsifications de résultats .

Nous sommes ici face à un paradoxe : bien que tout soit mis en place pour lutter contre la fraude scientifique au CNRS et à SU, il semblerait que la dissimulation de la fraude, grâce à un rapport trompeur, mensonger, ait été néanmoins la solution choisie et assumée (puisque rendue publique) par les deux institutions.

L'imposture vient-elle des institutions qui mettent l'accent sur la communication sur l'intégrité scientifique sans en assurer les moyens effectifs en nommant une commission incompétente ? Des membres de la commission qui auraient un quelconque intérêt à être indulgents avec la fraude de leurs collègues ? pour dissimuler la leur ?

Cette dernière hypothèse fait écho à une autre affaire de fraude concernant le même type de modification d'image révélé par PubPeer et concernant le laboratoire de la biologiste Anne Peyroche. Anne Peyroche était en effet membre du COMETS, avant sa nomination le 24 octobre 2017 à la présidence du CNRS par intérim puis son remplacement anticipé par Antoine Petit le 18 janvier suite aux soupçons de fraude révélés par PubPeer. Aurait-elle contribué à dissimuler, en tant que membre du COMETS puis présidente du CNRS, les fraudes réalisées dans le laboratoire de Catherine Jessus pour minimiser celles réalisées dans le sien ? La fraude est elle si largement répandue pour que deux personnes à la tête du CNRS soient incriminées ? Ou bien la fraude est elle le moyen d'accéder aux postes de responsabilité au CNRS ?

Les soupçons qui entachent les auteurs dépassent les suspicions de fraude puisqu'ils engagent maintenant les deux institutions commanditaires du rapport d'enquête. Le CNRS et SU ne peuvent pas clore cette affaire sans passer par un traitement intègre, objectif et transparent de la fraude scientifique comme ils se sont engagés à le faire en signant la charte de déontologie des métiers de la recherche (2).

Références citées :
(1)http://www.cnrs.fr/comets/IMG/pdf/guide_promouvoir_une_recherche_inte_gre_et_responsable_8septembre2014.pdf
(2) http://www.cnrs.fr/comets/IMG/pdf/charte_nationale__deontologie_signe_e_janvier2015.pdf
(3) : http://www.ifd.upmc.fr/fr/le-deroulement/formation/conference-sur-l-ethique-de-la-recherche.html

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Publié le 12.05.2018 à 19:30 :

La vie dans les restes

Toujours en librairie : Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme. Voir ici

Un ami nous écrit : « Face aux désastres en cours, vous évoquez à la fin de votre Manifeste des chimpanzés du futur, l'audience accrue des mouvements écologistes qui "n'est pas forcément bon signe. Il n'y a pas de fumée sans feu". Celle-ci, "toujours plus épaisse depuis 1972, émane de la terre brûlée par les industriels, elle signale l'incendie mais en aucun cas ne l'éteint. Elle n'est pas le déluge salvateur".
Quel serait, selon vous, ce déluge qui sauve ? Comment mieux enquêter, révéler les objectifs, dénoncer les collusions ? Comment encourager l'esprit et les perspectives critiques ? Quelles actions mener ? »

Tout d'abord, que reste-t-il à sauver ? (...)

Pour lire le texte intégral, ouvrir le document ci-dessous.

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Lire aussi :
-De la popullulation
-Les scientifiques le disent : la dénatalité ou la mort
-Une étude de "Nature" sur la probabilité d'une crise irréversible de la biosphère
-Un article de "Science" sur l'extermination des mammifères depuis 125 000 ans

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