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le 22.05.2019 à 18:49

Après l’arrêté anti-expulsion d’Éric Piolle, le Dal met la pression sur les autres maires de l’agglo

FOCUS – Le maire de Grenoble Éric Piolle a, comme annoncé, signé un arrêté interdisant l’expulsion de personnes d’un logement ou d’un hébergement sans proposition de relogement « effective, décente et adaptée ». De quoi rasséréner Droit au logement, qui appelle maintenant l’ensemble des maires de 49 communes de la Métro à suivre son exemple. Tandis que l’opposition dénonce un arrêté « illégal ».

Le maire de Grenoble Éric Piolle l’avait annoncé lors du conseil municipal du lundi 13 mai : l’arrêté anti-expulsion sans proposition de relogement préalable a finalement été signé mercredi 22 mai. C’est sur la base d’un vœu formulé par le groupe d’opposition de gauche Ensemble à gauche que l’arrêté, assorti de quelques modifications, avait été adopté à l’unanimité par les élus grenoblois. À l’exception du groupe Réussir Grenoble, qui n’a pas pris part au vote.

Le maire de Grenoble a signé l'arrêté annoncé lors du conseil municipal du 13 mai 2019 © Joël Kermabon - Place Gre'net

Le maire de Grenoble a signé l’arrêté annoncé lors du conseil municipal du 13 mai 2019. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Le texte retenu est, au final, mot pour mot celui présenté durant le conseil municipal. En l’occurrence : « Lors de toute expulsion de domicile sur le territoire de la commune, il devra être fourni au maire ou à son représentant qualifié la justification qu’une solution effective, décente et adaptée de logement ou le cas échéant d’hébergement, ait été proposée à la ou aux personnes concernées. »

Le Dal appelle les maires de la Métro à suivre l’exemple grenoblois

De quoi rassurer et satisfaire Droit au logement. Les militants du Dal 38 organisaient en effet une conférence de presse devant les locaux de la DDCS de Grenoble quelques heures avant l’annonce de cette signature. Et ne cachaient pas leur inquiétude que le texte soit remanié et dénaturé, sur la base de propositions formulées par l’Ades (Association démocratie écologie solidarité), « matière grise de la municipalité ».

Prochaine étape pour le DAL : faire adopter l'arrêté par tous les maires de la Métropole © Florent Mathieu - Place Gre'net

Prochaine étape pour le Dal : faire adopter l’arrêté par tous les maires de la Métropole. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Pour le Dal, la prochaine étape est à présent de convaincre l’ensemble des communes de Grenoble Alpes Métropole d’adopter un arrêté similaire. C’est pourquoi les activistes du droit au logement seront présents devant le bâtiment de la Métro vendredi 24 mai dès 10 heures du matin, à l’occasion de la tenue d’un conseil communautaire qui réunira de nombreux maires des 49 communes composant la collectivité.

« On souhaite s’adresser aux maires pour leur dire de prendre exemple sur Grenoble, de faire passer des arrêtés anti-expulsions et de faire pression sur la préfecture », explique Raphaël, membre du Dal et du Front contre les expulsions. Qui ajoute attendre encore de la Métro et de son président Christophe Ferrari qu’ils « prennent position contre les expulsions et le fassent savoir à la préfecture ».

Un arrêté illégal ?

Matthieu Chamussy dénonce un arrêté « illégal » et une « manipulation » © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Matthieu Chamussy dénonce un arrêté « illégal » et une « manipulation » © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

La préfecture de l’Isère, telle est la “cible” du Dal 38. Ses militants ne doutent pas que le préfet attaquera l’arrêté devant le tribunal administratif (TA) de Grenoble. Et obtiendra peut-être son annulation pour motif d’illégalité.

Lors du conseil municipal, l’élu de la majorité Alan Confesson insistait pourtant sur les aménagement amenés aux textes, lui permettant de pouvoir passer le cap judiciaire. Ce qui n’est pas le cas, de manière retentissante, des arrêtés successifs adoptés par Vénissieux.

Un arrêté “tribunal administratif-proof” ? Pas du tout, aux yeux du conseiller municipal d’opposition Matthieu Chamussy. Qui n’a de cesse de désigner l’arrêté à venir comme « illégal », et d’accuser le maire de Grenoble « d’instrumentaliser la misère ».

Il est vrai que la décision du TA de Lyon invalidant l’arrêté de Vénissieux porte bien sur un texte mentionnant, lui aussi, l’interdiction des expulsions locatives « sans proposition de relogement ».

La préfecture de l’Isère, cible de l’arrêté ?

D’autres critiques se font entendre. Le droitier Atlantico évoque ainsi « l’idée folle de la mairie de Grenoble » et reproche à Éric Piolle de « dériver l’obligation de relogement vers les bailleurs ». Faux, répond la Ville : « Ce ne sera évidemment pas aux propriétaires de trouver un logement ou un hébergement aux personnes avec lesquelles elles sont en litige mais à l’État qui (…) est le garant du Droit au logement et à l’hébergement », indiquent ses services.

Pas de police pour finalement déloger les militants du DAL de la cité Dode © Florent Mathieu - Place Gre'net

Pas de police pour finalement déloger les militants du Dal de la cité Dode. © Florent Mathieu – Place Gre’net

De quoi crisper la préfecture, décidément très visée par ces prises de position ? À l’occasion de leur conférence de presse, prévue dans le jardin de la cité administrative Dode, les trois militants du Dal – ainsi que les journalistes – alors présents se voient demander de quitter les lieux, « sur ordre du préfet ». Refus poli des activistes qui s’estiment dans un espace public, et tiendront tout de même leur conférence… en attendant des policiers qui n’arriveront finalement jamais.

Florent Mathieu

LA FUSION ACTIS – GRENOBLE HABITAT DANS LE VISEUR DU DAL

« Déshabiller Paul pour habiller Jacques » ? C’est en substance la critique adressée par Droit au logement à la Ville de Grenoble. Si les militants saluent l’arrêté anti-remise à la rue adopté par la municipalité, ils n’en critiquent pas moins vertement le rapprochement prévu entre le bailleur social public Actis et la Société d’économie mixte Grenoble Habitat. Une « privatisation rampante du logement social » à leurs yeux.

Rassemblement le vendredi 3 mai 2019 contre la fusion annoncée entre les bailleurs sociaux Actis et Grenoble Habitat © Florent Mathieu - Place Gre'net

Rassemblement le vendredi 3 mai 2019 contre la fusion annoncée entre les bailleurs sociaux Actis et Grenoble Habitat. © Florent Mathieu – Place Gre’net

« Cette privatisation va avoir pour conséquence des expulsions ! », dénonce Raphaël, membre du Dal. Pour le collectif, une société d’économie mixte sera nécessairement en recherche de rentabilité et de retour sur investissement. Ce qui conduira à la « dégradation de conditions de vie des locataires et [à l’]expulsions des “mauvais payeurs” », affirme le militant. Droit au logement 38 appelle ainsi les locataires à se rassembler devant les locaux d’Actis lors de la tenue de son conseil d’administration du 29 mai.

le 22.05.2019 à 12:59

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR en visite à Grenoble, veut « offrir une alternative aux Français »

FOCUS – À quelques jours du scrutin des européennes, la tête de liste LR François-Xavier Bellamy s’est rendu à Grenoble, le temps d’une journée, pour y rencontrer les militants de LR38. Il a ensuite visité Soitec, fabricant local de matériaux utilisés pour la confection de puces électroniques, en compagnie d’Hervé Morin, président des Centristes et de ses colistières iséroises Nathalie Béranger et Sandrine Chaix. Un déplacement tourné vers l’actualité politique et les nouvelles technologies de pointes, l’une des forces de Grenoble.

« Offrir une alternative aux Français », tel a été le leitmotiv du candidat des Républicains aux élections européennes lors de sa venue dans la cuvette. À cette occasion, il a été accueilli par de nombreuses personnalités de sa famille politique, telles qu’Alain Carignon, candidat à la mairie de Grenoble, Yannick Neuder, président de la fédération iséroise, ou encore Jean-Pierre Barbier, président du Département.

François-Xavier Bellamy, à la rencontre des militants LR38

François-Xavier Bellamy à la rencontre des militants LR38. © Joël Kermabon

Sa visite tombait le jour de la publication d’une tribune d’Emmanuel Macron dans la presse régionale au sujet des élections européennes. Une sortie médiatique vivement critiquée par le candidat LR. « Monsieur Macron nous vole le débat dont on a besoin, il a entretenu ce grand débat qui a saturé nos télévisions et, aujourd’hui, il s’implique en nous expliquant que cette élection est un referendum national, une sorte de troisième tour de l’élection présidentielle dont personne ne veut. »

Et ce dernier d’accuser le président « d’avoir peur que la droite relève la tête », tout en dénonçant un « jeu dangereux qui consiste à entretenir le désespoir politique dans lequel se trouvent les français ». Bref, pour lui, l’affaire est entendue : « C’est un calcul politicien cousu de fil blanc qui doit être dénoncé. »

Une visite placée sous le signe des nouvelles technologies

Après avoir rencontré les militants, François-Xavier Bellamy s’est rendu à Bernin pour visiter les locaux de Soitec, une entreprise à la pointe de la technologie, et surtout à l’image de la « French Silicon Valley ». Soitec conçoit et fabrique des matériaux semi-conducteurs, présents sur tous les smartphones dans le monde.

La tête de liste a réaffirmé sa volonté d’accompagner les entreprises européennes pour tenir la dragée haute aux Gafa. « Pour se développer, des entreprises comme Soitec ont besoin que l’Europe n’ait pas seulement une doctrine de la concurrence mais aussi une stratégie, en matière industrielle, en matière de nouvelles technologies. »

François-Xavier Bellamy appelle ainsi à sortir « de la naïveté », avec une Europe qui assume ses entreprises, et déplore d’être « le seul continent au monde à être ouvert à tous les acteurs internationaux sans aucune réciprocité ». Le candidat espère toutefois utiliser le droit européen « comme un levier pour se développer dans le marché mondial ».

La tête de liste des Républicains, accompagné de ses collistières Sandrine Chaix ( Centristes ) et Nathalie Béranger ( LR )

La tête de liste des Républicains, accompagné de ses colistières Sandrine Chaix (Centristes) et Nathalie Béranger (LR). © Joël Kermabon

Bien au fait de l’actualité, il a réagi au tremblement de terre qui a secoué le monde de la high-tech : la fin de la collaboration entre Google et l’entreprise chinoise Huawei. Le groupe américain s’est en effet plié au décret de Donald Trump interdisant aux entreprises de télécommunication américaines de collaborer avec des sociétés « à risque ».

Une décision saluée par le candidat LR : « Huawei est un acteur d’État très lié aux intérêts de la sécurité et du renseignement de la Chine. On ne peut pas laisser Huawei entrer sur le territoire européen. Les Américains l’ont parfaitement compris. »

Mohamed Benmaazouz

TROIS QUESTIONS À –  Nathalie Béranger, conseillère municipale à la Ville de Grenoble et seule représentante des Républicains en Isère sur la liste de

François-Xavier Bellamy

Nathalie Beranger 66 ème sur la liste LR

Nathalie Béranger est 66e sur la liste LR – Centristes. © Mohamed Benmaazouz – Placegrenet.fr

En quoi une ville comme Grenoble est-elle importante pour l’Europe ?

L’un des trois grands pôles européens en terme de nano-technologies se trouve à Grenoble. Une ville comme Grenoble est importante de par sa capacité d’innovation. Une entreprise comme Soitec par exemple, est en constante croissance – environ 40 % par an – et crée beaucoup d’emplois. Pourtant, le maire de Grenoble n’en parle jamais, il ne les valorise pas en tout cas.

Quel est l’état d’esprit des troupes à quelques jours du scrutin ?

Nos meetings rassemblent beaucoup de monde à chaque fois. Il y a une forte mobilisation. Aujourd’hui, la droite est bien vivante, alors qu’elle a été mise à mal durant les présidentielles. Et les sondages, même si on ne s’y fie pas toujours, sont encourageants. Nous sommes passés de 8 % d’intentions de vote à 12 % à 14 %.

Que pensez-vous de la personne de François Xavier-Bellamy ?

C’est une personne qui sort des sentiers battus. Il amène de la fraîcheur. Laurent Wauquiez a bien fait de le nommer tête de liste. Il fédère beaucoup, même au-delà des Républicains. Il crée une vraie bonne dynamique pour ces élections européennes.

le 22.05.2019 à 12:55

Réunion avec les pro-burkini : la Ville de Grenoble décide… de ne rien décider pour ses piscines municipales

FOCUS – L’évolution du règlement des piscines municipales de Grenoble en faveur des maillots de bain couvrant, les fameux burkinis, n’est pas pour tout de suite. C’est ce qui ressort d’une entrevue, ce mardi 21 mai en début de soirée, entre le groupe des musulmanes voilées soutenues par l’Alliance citoyenne, et deux adjoints d’Eric Piolle, maire de Grenoble.

Le groupe des femmes musulmanes qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble, soutenues par l'Alliance citoyenne, mardi 21 mai 2019 © Séverine Cattiaux- Place Gre'net

Femmes soutenues par l’Alliance citoyenne qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble, mardi 21 mai 2019. © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Les femmes voilées de l’Alliance citoyenne qui revendiquent l’accès aux piscines municipales en burkini n’ont absolument rien obtenu à l’issue de l’entrevue qui s’est déroulée ce mardi à 18 h 30.

La rencontre a pourtant duré plus d’une heure avec les deux émissaires du maire de Grenoble, Sadok Bouzaiene, adjoint au sport, et Emmanuel Carroz, adjoint à l’égalité des droits.

Une rencontre avec la Ville obtenue suite à l’action de « désobéissance civile » de militantes à la piscine les Dauphins, vendredi 17 mai. Et ce avec le soutien de l’Alliance citoyenne. « Nous attendons ce rendez-vous depuis dix mois », tenait à rappeler l’une des femmes voilées peu avant l’heure du rendez vous, devant la direction des sports, au 25 rue Constantine.

Un premier rendez-vous resté sans lendemain

Le groupe des femmes musulmanes qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble, soutenues par l'Alliance citoyenne, mardi 21 mai 2019 © Séverine Cattiaux- Place Gre'net

Groupe des femmes qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble et membres de l’Alliance citoyenne, mardi 21 mai 2019. © Séverine Cattiaux- Place Gre’net

Il est vrai qu’en juillet 2018, le groupe avait rencontré des élus de la Ville de Grenoble et des techniciens. À cette occasion, il avait demandé aux élus de faire évoluer le règlement des piscines comme à Rennes, afin que les femmes vêtues de burkini puissent avoir accès aux bassins.

Pour appuyer leur requête, les militantes avaient apporté une pétition signée par plusieurs centaines de femmes favorables au port du maillot de bain couvrant dans les piscines.

Au sortir de ce rendez-vous de juillet 2018, la Ville leur avait assuré qu’elle ne manquerait pas d’étudier leur demande et de revenir vers elles. Par la suite, et malgré de multiples relances, la municipalité ne leur a plus donné signe de vie.

Eric Piolle diffuse un communiqué et clôt le débat

Ce mardi, la question de l’accès ou non du burkini dans les piscines de Grenoble aurait pu être tranchée. Il n’en a rien été. En fin de matinée, le maire de Grenoble, Eric Piolle, a affirmé dans un communiqué que l’heure n’était pas venue de se prononcer sur cette question. La raison avancée ? Un climat peu propice aux prises de décision.

Action de désobéissance civile de femmes en burkini à la piscine des Dauphine de Grenoble, vendredi 17 mai DR

Action de désobéissance civile de femmes en burkini à la piscine des Dauphine de Grenoble, vendredi 17 mai. DR

« Les conditions d’un dialogue serein ne sont pas réunies pour échanger en bonne intelligence sur ce sujet », justifie ainsi l’édile.

Et le maire de dénoncer, en les renvoyant dos à dos, tant l’action coup de poing de l’Alliance citoyenne qui « [expose] des agents du service public, des usagers du service public, et […] [préfère] le buzz au débat », que les opposants au port du burkini à la piscine qui « [jouent] la caricature, le péril, la peur, avec certains propos qui débordent du cadre républicain ».

« Le contexte politique n’était pas favorable »

Un peu avant 20 heures, ce sont d’abord les adjoints et deux membres du cabinet du maire qui sont sortis de l’immeuble le Polynôme. Peu enclins à épiloguer sur la réunion, ils ont renvoyé les médias au communiqué de presse du maire. Peu après, ont suivi les militantes de l’Alliance citoyenne, davantage loquaces, bien que la réunion ne se soit pas déroulée comme elles l’avaient espéré.

Le groupe des femmes musulmanes qui revendiquent le droit de porter un burkini dans les piscines municipales de Grenoble, soutenues par l'Alliance citoyenne, mardi 21 mai 2019 © Séverine Cattiaux- Place Gre'net

© Séverine Cattiaux- Place Gre’net

« Les élus ont commencé par nous distribuer le communiqué de presse d’Eric Piolle, relate une jeune fille voilée, et nous ont expliqué qu’ils n’avaient pas de mandat pour donner suite à notre demande, et que le contexte politique n’était pas favorable. »

Un motif que la militante balaye du revers de la main : « Ce sont surtout leurs intérêts d’élus qui priment sur les aspirations des citoyens », tacle-t-elle.

« Sadok Bouzaiene nous a dit que c’était à nous d’assumer notre différence »

Les militants ont demandé aux élus de, soit mettre le sujet du burkini à l’ordre du jour du prochain conseil municipal, soit tester l’ouverture d’une piscine au burkini, ou encore d’imaginer un créneau horaire dans la semaine, ouvert aussi aux femmes portant des maillots de bain couvrant. Inflexibles, les élus ont continué à se retrancher derrière les propos du maire.

"Course pour la dignité" organisée par l'Alliance citoyenne, samedi 5 avril 2019. Des femmes voilées et non voilées ont couru pour défendre leur liberté de porter le voile. © Séverine Cattiaux - Place Gre'net

Taous Hammouti lors de « Course pour la dignité » organisée par l’Alliance citoyenne, le 5 avril 2019. © Séverine Cattiaux – Place Gre’net

Taous Hammouti, l’une des leaders du groupe, a bien essayé de les attendrir : « Des mamans vont encore passer un été sans pouvoir accompagner leurs enfants à la piscine et, comme les papas travaillent, les enfants ne pourront pas aller à la piscine », leur a-t-elle lancé.

D’après les militantes, l’argument aurait eu un petit effet sur leurs interlocuteurs, mais pas au point de les faire sortir de leur réserve.

Au final, l’entrevue n’aura donc rien donné. Mais les militantes ne comptent pas renoncer. Une remarque de Sadok Bouzaiene a même un peu plus encore échauffé les esprits : « Ils nous a dit que c’était à nous d’assumer notre différence », rapportent-elles, choquées. Et de réaffirmer qu’elles n’aspirent qu’à aller à la piscine comme tout le monde… sans renier leurs convictions.

Une chose est sure : ces militantes peuvent compter sur le soutien sans failles de l’Alliance citoyenne. Leur ligne de conduite repose « sur deux principes intangibles de la République : le respect de la liberté de conscience et l’accès pour tous aux services publics », affirme ainsi Adrien Roux, président de l’association.

Séverine Cattiaux

le 22.05.2019 à 11:25

Les cinq communes Compagnons de la Libération, dont Grenoble, renouvellent leur serment autour d’un héritage historique commun

FIL INFO — Les maires des cinq communes Compagnons de la Libération (Paris, Nantes, Vassieux-en-Vercors, Île-de-Sein et Grenoble) se réunissent mercredi 22 mai pour une cérémonie en hommage aux résistants victimes du nazisme. Mais aussi pour renouveler le serment qui les unit autour d’un même héritage historique.

« Si les individus sont destinés à disparaître, les collectivités Compagnons continueront à témoigner dans l’avenir de ce qu’a été l’Ordre de la Libération. » Ces mots du Général de Gaulle, les villes Compagnons de la Libération entendent toujours les porter, plus de soixante dix ans après la fin de la Seconde guerre mondiale. Elles se réunissent, ce mercredi 22 mai, pour renouveler le serment qui les unit autour d’un « héritage hors du commun ».

Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère conserve aujourd'hui la mémoire d'une Grenoble résistante durant la Seconde guerre mondiale. © Yuliya Ruzhechka - Place Gre'net

Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère conserve aujourd’hui la mémoire d’une Grenoble résistante durant la Seconde guerre mondiale. © Yuliya Ruzhechka – Place Gre’net

Alors que 1 038 personnes et 18 unités militaires ont été nommées Compagnons de la Libération, seules cinq communes seront distinguées à la Libération. À savoir les villes de Paris, de Nantes, de Vassieux-en-Vercors, de l’Île de Sein et, naturellement, de Grenoble. La capitale des Alpes fut en effet marquée par une forte activité résistante, à la faveur notamment des maquis environnants. Une histoire aujourd’hui précieusement conservée au Musée de la Résistance de l’Isère.

Réaffirmer les valeurs défendues par la Résistance

C’est à Vassieux-en-Vercors que les maires des cinq communes se retrouvent ce 22 mai. Anne Hidalgo (Paris), Johanna Rolland (Nantes), Dominique Salvert (Île-de-Sein), Thomas Ottenheimer (Vassieux-en-Vercors) et Éric Piolle (Grenoble) participeront à une cérémonie et à un dépôt de gerbe devant le martyrologue de la commune, ainsi qu’à une visite de sa nécropole et de son mémorial de la Résistance.

Les cinq communes Compagnons de la Libération, dont Grenoble, se réunissent mercredi 22 mai pour réaffirmer le serment qui les unit.Le Général de Gaulle remet l'ordre de la Libération en 1946. DR

Le Général de Gaulle remet l’ordre de la Libération en 1946. DR

Les représentants des cinq communes signeront ensuite le nouveau serment qui les unit.

Un texte dans lequel les collectivités décrivent leur « responsabilité de prolonger et transmettre l’exemplarité des Compagnons de la Libération en n’oubliant jamais qu’ils nous ont précédés, en se souvenant d’eux, en leur rendant hommage ».

Car, jugent-elles encore, « l’Ordre de la Libération n’apporte ni privilège, ni avantage : il oblige ».

Le serment, plusieurs fois renouvelé, entre les communes demeure toutefois très général, et se revendique avant tout comme une affirmation des valeurs portées et défendues par la Résistance. « Elles sont celles de notre devise républicaine, elles sont celles qui incarnent notre République, elles sont celles qui représentent notre Nation par-delà les frontières. Elles sont là Liberté, l’Égalité et la Fraternité », conclut le texte.

FM

le 22.05.2019 à 06:20

Européennes : avec la liste Prenez le pouvoir, le Rassemblement national isérois se sent pousser des ailes

FOCUS – La liste Prenez le pouvoir du Rassemblement national menée par Jordan Bardella semble avoir le vent en poupe dans la dernière ligne droite de l’élection européenne de ce 26 mai. L’optimisme gagne les rangs du parti de Marine Le Pen qui table, a minima, sur l’élection de 23 eurodéputés. Enfourchant des chevaux de bataille désormais bien connus, ses militants et responsables comptent sur leurs nouveaux « amis européens » pour peser sur les décisions de Bruxelles.

Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national pour les élections européennes. DR

Jordan Bardella, tête de liste du Rassemblement national pour les élections européennes. DR

« Nous avons mené une campagne pour les élections européennes tout à fait classique, même si les enjeux sont bien évidemment importants : rencontres avec les électeurs sur les marchés, distributions de tracts, affichage, réseaux sociaux etc. », relate Alexis Jolly,

Le conseiller régional et municipal de la ville d’Échirolles est l’un des nombreux responsables de circonscriptions qui ont ainsi défendu la liste du Rassemblement national (RN), l’ex-FN, en Isère.

Cette dernière, nommée Prenez le pouvoir, soutenue par Marine Le Pen et menée par Jordan Bardella, comporte 79 noms de candidats dont certains pourraient bien devenir eurodéputés au soir du 26 mai 2019.

« Les gens en ont clairement raz-le-bol ! »

Pour autant, aucun élu appartenant à la Fédération de l’Isère du RN ne figure sur cette liste nationale, pas plus que d’habitants du département. « La commission d’investiture a été soucieuse de représenter toutes les régions de France. Si l’Isère n’y est pas, Auvergne Rhône Alpes est bien présente, avec quatre candidats », précise l’élu. Qui, surfant sur les sondages, affiche un réel optimisme quand à l’issue du vote européen.

« Ils sont assez représentatifs de ce qui se passe dans la rue. Les gens en ont clairement raz-le-bol », analyse Alexis Jolly. Le conseiller régional décrit ainsi « un accueil favorable », sortant du seul vote d’adhésion. Et qui, de plus, émane d’une population qui voit dans le RN « la seule alternative possible à la politique nationale et européenne d’Emmanuel Macron », assure-t-il.

Meeting pour les européennes ce 2 mai à Voiron. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Meeting pour les européennes le 2 mai 2019 à Voiron. À gauche, Alexis Jolly. © Rassemblement national Isère

« S’ils gagnent ces élections, LREM sera bien évidemment consolidé et ils pourront mettre en application la suite du quinquennat », prédit le conseiller municipal. Une séquence dont le RN ne veut pas. Ce que reflètent du reste les principaux thèmes de la profession de foi extraits du projet du RN pour ces élections européennes.

Mais ne sommes-nous pas là dans des considérations franco-françaises débordant du cadre des élections européennes ? « Il ne suffit pas d’être en tête parce que l’enjeu serait uniquement européen avec le réveil des peuples. Il s’agit aussi de sanctionner la politique nationale par un vote RN », rétorque Alexis Jolly.

« Aujourd’hui, nous avons une dizaine d’alliés en Europe »

Comparer la situation actuelle avec celle prévalant en 2014, lors des élections européennes, serait faire fausse route, estime l’élu. Ne serait-ce qu’à travers la volte-face – remarquée – sur la volonté du parti de Marine Le Pen de sortir de l’Europe. « La situation a changé. Nous étions alors seuls. Aujourd’hui, nous avons une dizaine d’alliés qui sont au pouvoir ou en bonne place en Europe », justifie Alexis Jolly. Notamment en Espagne, Finlande, Belgique, Autriche et en Pologne peut-être, énumère-t-il.

« Nous ne sommes plus isolés. Et ce contrairement à Emmanuel Macron qui se fâche avec tous les pays européens et ses dirigeants. Pour quelqu’un qui représente le “nouveau monde”, c’est assez contradictoire ! », tacle l’élu.

Nicolas Bay, numéro 7 sur la liste « Prenez le pouvoir ». © Rassemblement national Isère.

Nicolas Bay, numéro 7 sur la liste « Prenez le pouvoir ». © Rassemblement national Isère.

« Quand je vois Raffarin soutenir la liste LREM, et qu’on ressort toutes les vieilles gloires de la politique française, on est loin de la renaissance de l’Europe que tous ont à la bouche ! », assène-t-il. « Nous avons une vision plus positive, jeune et dynamique avec nos alliés européens. Ça va se traduire au niveau national et nous porter en tête des élections », s’enflamme Alexis Jolly.

L’objectif ? Peser beaucoup plus largement dans le futur groupe du Parlement européen, au sein duquel le RN ambitionne de devenir la deuxième ou troisième force politique. « Et peut-être même avoir des commissaires pour intervenir dans la mise en application des directives européennes », se prend à espérer l’élu. « Si nous arrivons premiers à 24 ou 25 % des voix, nous pouvons tabler sur 23 députés européens au minimum », pronostique Alexis Jolly.

« Il ne s’agit pas de construire des murs ou de poser des barbelés »

Auquel cas, quelles vont être les priorités du RN et de ses alliés ? « L’intégralité de nos partenaires européens et de nos électeurs seront d’accord pour retrouver leur souveraineté territoriale », assure Alexis Jolly. Soit, et sans surprise, revenir sur l’espace Schengen et à la maîtrise des frontières nationales. « L’immigration de masse coûte cher à tous les budgets des États et crée une concurrence avec les Français pour l’obtention d’un logement ou d’un emploi », affirme l’élu.

Manifestation pour « un accueil digne et solidaire ». DR

« Il ne s’agit pas de construire des murs ou de poser des barbelés, ça c’est la caricature. C’est diminuer drastiquement le droit d’asile et le nombre de migrants accueillis, comme l’a fait en Italie Matteo Salvini », expose le conseiller municipal.

« Nous avons neuf millions de pauvres, des gens qui sont mal logés. Nous souhaitons donner la priorité à ceux qui sont les nôtres », affirme-t-il.

L’occasion de rebondir sur les gilets jaunes. « Le programme de Marine Le Pen en 2017 contenait déjà l’ensemble de leurs revendications. Ils nous soutiennent », explique Alexis Jolly. De quoi conforter, estime l’élu, cette idée de représentativité du peuple français qu’incarne le RN. « Ils se tournaient déjà vers nous et ils continuent de le faire. »

Une Europe des coopérations via des accords multilatéraux

« Ça fait trente ou quarante ans qu’on nous vend une Europe qui serait protectrice et serait la garantie d’un avenir meilleur. On s’aperçoit finalement qu’elle a failli en tout ! », déplore Alexis Jolly. De quelle Europe rêve donc le RN ? D’une Europe totalement différente, « qui ne déciderait pas à la place des peuples ». Car, explique l’élu régional, « les Français doivent savoir que la plupart des textes de loi appliqués en France sont des demandes des commissaires européens ! » Lesquels n’ont par ailleurs par été choisis, ni élus, tient-il aussi à souligner.

Des militants en campagne. © Rassemblement national Isère.

Militants en campagne. © Rassemblement national Isère.

Le RN veut « une Europe des coopérations » – telle celle d’Airbus – entre certains pays unis via des accords multilatéraux pour la réalisation de grands projets. Ou encore une Europe sans « avoir sous la gorge le couteau des 3 % de déficit », imposés par Bruxelles où « les citoyens ne seraient pas fondus dans le magma mondialiste ».

« Chaque pays européen doit défendre sa culture, sa langue, ses racines profondes que sont celles de l’héritage gréco-romain et de la chrétienté. » Une priorité, selon le militant, mais aussi la condition sine qua non « pour pouvoir imaginer l’avenir ».

Joël Kermabon