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le 17.01.2019 à 22:48

CPAM : le PCF appelle au rassemblement devant le centre de Fontaine, menacé de fermeture

FIL INFO — Une fermeture des centres CPAM de Rives et de Fontaine ? C’est ce que craint le Parti communiste de l’Isère, qui appelle à un rassemblement vendredi 18 janvier à 14 h 30 devant les locaux de la Caisse primaire d’assurance maladie de Fontaine. Tandis que le maire Jean-Paul Trovero, sans pouvoir confirmer les rumeurs de fermeture, constate que les signes ne sont pas encourageants.

La CPAM de l’Isère mène-t-elle une « politique anti-usagers » ? C’est en tout cas ce qu’affirme le PCF isérois face à la possible fermeture d’agences de proximité de la Caisse primaire d’assurance maladie dans l’agglomération grenobloise. Les communistes entendent donc faire entendre leur voix en organisant un rassemblement citoyen devant les locaux de la CPAM de Fontaine, vendredi 18 janvier à partir de 14 h 30.

La CPAM de Fontaine va-t-elle fermer ses portes ? © Google Maps

La CPAM de Fontaine va-t-elle fermer ses portes ? © Google Maps

Pourquoi ce centre-là ? Parce que sa fermeture serait évoquée par la direction de la Caisse primaire*. Tout comme celui de Rives. De plus, ajoute le PCF, « les engagements pris l’année dernière vis-à-vis des habitant.e.s du Sud de l’Isère sont bafoués, puisque l’ouverture de l’accueil vizillois est une nouvelle fois remise en question ». Une hérésie aux yeux des communistes, qui dénoncent des pratiques « dignes d’une entreprise privée ».

Des horaires déjà réduits à la CPAM de Fontaine

Une fermeture du centre de Fontaine est-elle réellement dans les cartons ? La rumeur court en effet que la CPAM chercherait à aiguiller les usagers sur son centre de Grenoble, rue des Alliés. Le maire de Fontaine Jean-Paul Trovero n’est pas en mesure de confirmer l’information. Mais il ne peut que constater une réduction des horaires d’ouverture du centre, qui limite d’ores et déjà son accès pour les usagers fontainois.

Jean-paul Trovero, maire de Fontaine © Jules Peyron - Place Gre'net

Jean-Paul Trovero, maire de Fontaine. © Jules Peyron – Place Gre’net

À ces modifications d’horaires s’ajoute un autre signe peu favorable. « Nous avions eu, quelques temps en arrière, des contacts avec la CPAM. Qui nous disait envisager de fermer, tout en étant d’accord pour rester sur Fontaine et garder une antenne de proximité », explique encore Jean-Paul Trovero. À cet effet, la Ville de Fontaine a fait une proposition de nouveaux locaux, non sans y réaliser des travaux pour répondre à plusieurs de ses exigences.

La question sera portée devant le conseil municipal de Fontaine

Mais aujourd’hui, la CPAM est aux abonnés absents. « Dernièrement, il y a eu un silence radio, et nous avons compris qu’il y avait désengagement », explique le maire de Fontaine. La Ville a ainsi investi 30 000 euros dans un local qui, de toute évidence, ne sera pas loué. De quoi pour le moins agacer l’édile… Une rencontre, prévue entre la municipalité et la CPAM courant février, devrait sans doute permettre d’en savoir plus.

En 2017 déjà, la CGT manifestait devant la CPAM de Grenoble, rue des Alliés, contre la fermeture d'une antenne à Vizille. DR

En 2017 déjà, la CGT manifestait devant la CPAM de Grenoble, rue des Alliés, contre la fermeture d’une antenne à Vizille. DR

« Le fait de baisser les horaires, de faire le silence radio sur les locaux, ce n’est pas un signal très favorable », observe pour le moment Jean-Paul Trovero. Qui annonce que la municipalité mettra cette question en débat lors de son prochain conseil municipal. Et ceci « afin que tous les conseillers municipaux puissent prendre leurs responsabilités, dire comment ils voient les choses, et peut-être que l’on ira vers un vœu », conclut le maire.

FM

* Sollicitée par Place Gre’net, la CPAM n’a pour l’heure pas donné suite à notre demande d’entretien.

le 17.01.2019 à 17:48

L’Église Saint-Jacques entièrement détruite par un incendie à Grenoble

FIL INFO – L’Église Saint-Jacques de Grenoble a été ravagée par les flammes dans la nuit du 16 au 17 janvier. Personne n’a été blessé, malgré l’importance de l’incendie qui a entraîné l’évacuation d’une centaine de riverains.

Un incendie a gravement endommagé l’église Saint-Jacques, rue de Chamrousse à Grenoble, dans la nuit de mercredi 16 à jeudi 17 janvier. Une cinquantaine de sapeurs-pompiers est intervenue aux alentours de 2 h 30, munie de cinq lances à eau.

Incendie de l'église Saint-Jacques à Grenoble. © Police Nationale

Incendie de l’église Saint-Jacques à Grenoble. © Police nationale

Les soldats du feu ont ainsi réussi à éteindre les flammes autour de 6 heures du matin mais le bâtiment était déjà détruit. En revanche, la chapelle est restée intacte. Par mesure de sécurité, 106 résidents des immeubles alentours ont été évacués pendant deux heures. Heureusement, aucun blessé n’est à déplorer.

« Il ne reste plus rien… »

église Saint-Jacques - L'église Saint-Jacques de Grenoble.

L’église Saint-Jacques avant l’incendie. DR

« C’était une église chaleureuse dont il ne reste plus rien », a déclaré le vicaire épiscopal Loïc Lagadec à France Bleu. L’incendie a d’ailleurs ému de nombreux habitants du quartier, croyants ou pas. L’église, construite en bois, avait été rénovée plusieurs fois au cours des vingt dernières années.

Une opération de déblayage était toujours en cours, ce jeudi 17 janvier. Les enquêteurs privilégient pour l’heure la thèse accidentelle. D’après l’expert judiciaire, le feu aurait pris suite à un court-circuit dans la partie haute de la toiture.

EBo

le 17.01.2019 à 14:52

Uber s’implante sur Grenoble : de quoi inquiéter les chauffeurs de taxi de l’agglomération ?

EN BREF – Depuis le mercredi 16 janvier, l’application Uber est disponible pour les Grenoblois. Une implantation au sein d’un écosystème dense en matière de déplacements, et qui ajoute une nouvelle concurrence aux chauffeurs de taxi. Sans la nier, le président de l’Union syndicale des taxis de l’Isère la relativise. Et voit surtout dans le phénomène un effet de mode.

Depuis le mercredi 16 janvier, les Grenoblois peuvent utiliser Uber pour leur déplacement. La célèbre application permettant de commander une voiture avec chauffeur, sept jours sur sept et vingt quatre heures sur vingt quatre, est dorénavant active dans la capitale des Alpes. Après Paris, Perpignan, Avignon ou Toulon, Grenoble devient ainsi la 16e ville ou agglomération de France à “accueillir” le service pour le moins controversé.

Visuel Uber. © Uber

Visuel Uber. © Uber

Uber n’est toutefois pas totalement nouveau à Grenoble : le dispositif de livraison de nourriture Uber Eats y est actif depuis le mois de juillet 2017. « Au moment du lancement, nous avions une quarantaine de restaurants partenaires disponibles sur l’application, et aujourd’hui il y a en a plus de 130 », écrit la société. Un succès revendiqué, alors que Uber Eats fait face à la concurrence des livreurs à vélo de la société Deliveroo.

Pour l’entreprise américaine, cette implantation à Grenoble répond à une forte demande des usagers comme des chauffeurs. « En 2018, ce sont […] 50 000 personnes qui ont ouvert l’application Uber pour essayer de commander une course à Grenoble », affirme-t-elle dans un communiqué. Une trentaine de chauffeurs VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur) seraient pour leur part d’ores et déjà inscrits sur la plateforme, selon Le Dauphiné libéré.

L’Union syndicale des chauffeurs de taxi relativise

L’arrivée d’Uber sur l’agglomération grenobloise a-t-elle de quoi inquiéter les chauffeurs de taxi ? Sans nier la concurrence, le président de l’Union syndicale des taxis de l’Isère Michel Guillot relativise : « Elle risque d’être forte comme tout ce qui est nouveau et puis, quand les gens auront vu l’utilisation, ils reviendront vers le taxi parce qu’ils s’apercevront que notre service est de qualité », juge-t-il. Avant d’ajouter : « C’est cela notre priorité : bien traiter les clients. »

Taxis devant la gare de Grenoble. © Elodie Rummelhard - Place Gre'net

Taxis devant la gare de Grenoble. © Élodie Rummelhard – Place Gre’net

Ce qui ne l’empêche en rien d’avoir la dent dure contre la société. « C’est une entreprise mondiale, qui ponctionne les gens en se mettant en intermédiaire et ne paye d’impôts nulle part* », dépeint Michel Guillot. Qui soupçonne surtout un effet de mode autour d’une nouvelle technologie. Et rappelle : « Il y a longtemps que les taxis ont mis en place des applications, notamment à Grenoble. Mais si votre taxi est dans les embouteillages, une application ne le fait pas arriver plus vite ! »

Un écosystème dense

On l’aura compris, le président de l’Union syndicale des taxis de l’Isère ne prédit pas un grand avenir à Uber. « Sur Paris déjà, les chauffeurs ne cessent de se plaindre. Sans parler de ceux qui ont arrêté Uber pour retourner au taxi, alors qu’ils avaient fait la démarche inverse. » En février 2018 en effet, des chauffeurs Uber entamaient un mouvement de grève suite à l’augmentation de leur ponction et réclamaient un tarif minimum. La pression et les critiques du modèle n’ont pas cessé depuis. Et l’étau semble désormais se resserrer autour de la plateforme.

Le 10 janvier dernier, un arrêt de la cour d’appel de Paris a en effet reconnu le lien de subordination entre un chauffeur VTC et la société Uber. Et donc qu’il devaient être liés par un contrat de travail. Une décision historique pour les travailleurs qui ont actuellement un statut d’autoentrepreneur et qui y voient surtout une activité flexible permettant une rentrée d’argent quotidienne.

Transports en commun, vélos en location, voiture partagée, taxis... Uber pourra-t-elle s'implanter dans l'écosystème grenoblois ? © Joël Kermabon - Place Gre'net

Transports en commun, vélos en location, voiture partagée, taxis… Uber pourra-t-elle s’implanter dans l’écosystème grenoblois ? © Joël Kermabon – Place Gre’net

Une chose est certaine : Uber arrive dans un paysage grenoblois dense en matière de transports. Outre les transports en commun, la ville compte les services de location de vélos Métrovélo et Indigo. Sans oublier la voiture partagée avec Citiz. Et, naturellement, ses 250 chauffeurs de taxi sur le territoire métropolitain, dont pas moins de 111 sur Grenoble même. Uber, entreprise toujours déficitaire**, saura-t-elle prendre sa place dans cet écosystème ?

Florent Mathieu

* S’il est exagéré de dire qu’Uber ne paye d’impôts « nulle part », la société pratique volontiers l’optimisation fiscale, via les Pays-Bas, les Bermudes ou le Delaware. En 2017, elle n’a ainsi payé que 1,4 million d’euros d’impôts en France.

** Après une perte de 4,5 milliards de dollars en 2017, Uber peine à remonter la pente malgré de meilleurs résultats. Les derniers chiffres en date font ainsi état d’une perte de 1,07 milliards de dollars sur le troisième trimestre de l’année 2018. Avec des courses et des livraisons en hausse de 6 %.

le 17.01.2019 à 13:37

Gaz à tous les étages pour la Métropole grenobloise dont les bennes à ordures passent du diesel au GNV

FOCUS – Grenoble-Alpes Métropole fait progressivement évoluer sa flotte de bennes à ordures roulant au diesel. La collectivité a fait le choix de motorisations plus “propres” utilisant le gaz naturel pour véhicules (GNV). La mise en service de huit premières bennes fin 2018 préfigure un renouvellement qui va concerner, d’ici 2020, la moitié du parc existant. Un renouvellement qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la pollution de l’air, l’une des priorités de la Métropole.

L'inauguration des nouveaux véhicules et de la station d'avitaillement ce mardi 15 janvier 2019. © Joël Kermabon - Place Gre'net

L’inauguration des nouveaux véhicules et de la station d’avitaillement, ce mardi 15 janvier 2019. © Joël Kermabon – Place Gre’net

La matinée de ce mardi 15 janvier était à marquer d’une pierre blanche au Centre technique d’exploitation (CTE) d’Eybens chargé de la collecte des déchets ménagers de la Métropole.

En effet, la collectivité inaugurait huit bennes à ordures ménagères (Bom) flambant neuves roulant au gaz naturel pour véhicules (GNV). Ce type de bennes qui circulent depuis fin 2018 doit remplacer progressivement les véhicules diesel du parc actuel de la Métropole.

L’amélioration de la qualité de l’air : une priorité pour la Métropole

L’objectif de ce renouvellement  ? Participer au titre de la transition énergétique à l’amélioration de la qualité de l’air. « Une priorité », considère Grenoble-Alpes Métropole qui, depuis plus de deux ans, œuvre en ce sens. Mais pas seulement. Cette mutation radicale s’opère également en lien avec la future zone à faibles émissions qui va voir le jour en mars prochain.

Quelques-unes des huit bennes roulant au GNV réceptionnées en 2018? © Joël Kermabon - Place Gre'net

Quelques-unes des huit bennes roulant au GNV réceptionnées en 2018. © Joël Kermabon – Place Gre’net

En la matière pas question pour la collectivité de relâcher ses efforts. Si l’on constate une amélioration notable de la qualité de l’air ces dernières années, celle-ci s’avère encore nettement insuffisante. De fait, les habitants de la métropole restent encore et toujours exposés à des seuils de pollution supérieurs à ceux préconisés. Notamment par l’Union européenne (UE) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Une solution en matière de qualité de l’air et de lutte contre l’effet de serre

Pourquoi ce choix de véhicules roulant au GNV plutôt qu’à l’aide de l’énergie électrique ? La Métropole met en avant un constat « d’inadéquation de la solution électrique pour les poids lourds ». Georges Oudjaoudi, vice-président délégué à la prévention, la collecte et la valorisation des déchets, ne voit par ailleurs que des avantages à utiliser ce type de propulsion.

Une des bennes avec au premier plan l'un des dispositifs de ravaitaillement. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Une des bennes avec, au premier plan, l’un des dispositifs de ravitaillement. © Joël Kermabon – Place Gre’net

En premier lieu, l’élu se félicite du faible bruit généré par ces véhicules, bien moindre que celui produit par les bennes diesel, assure-t-il.

Ensuite, « la motorisation au gaz permet de diminuer de plus de 90 % les poussières fines et de plus de moitié les oxydes de carbone (CO2) », poursuit le vice-président. Un bénéfice environnemental « non négligeable », souligne également Georges Oudjaoudi.

Autre avantage de cette motorisation et non des moindres : son coût. D’après les premières mesures et estimations des services métropolitains, le GNV permettrait une économie de 0,26 euro par kilomètre par rapport au diesel. Si l’on extrapole ce chiffre au nombre de kilomètres parcourus par 32 bennes en un an, cela représente 100 000 euros d’économies pour la collectivité. En résumé, « une solution complète en matière économique, de qualité de l’air et de lutte contre l’effet de serre », estime la Métropole.

La moitié des bennes à ordure roulant au diesel sera remplacée d’ici 2020

Quid du rythme de renouvellement des 71 véhicules diesels constituant la flotte actuelle ? « Nous commandons chaque année sept à huit bennes et c’est à ce rythme-là que nous passerons à ce type de motorisation », déclare Georges Oudjaoudi. C’est ainsi que la Métropole a prévu de remplacer 32 Bom qui roulaient jusqu’alors au diesel par des camions GNV. Soit la moitié de son parc actuel d’ici 2020.

Quelques-unes des huit bennes roulant au GNV réceptionnées en 2018? © Joël Kermabon - Place Gre'net

Quelques-unes des huit bennes roulant au GNV réceptionnées en 2018. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Rouler au gaz c’est bien mais encore faut-il pouvoir recharger efficacement les bennes à ordures. À cet effet, la Métropole a équipé le centre technique d’Eybens d’une station de recharge lente en GNV.

Cette station d’avitaillement, inaugurée le même jour, permet déjà d’approvisionner les camions durant la nuit, à l’endroit même où ils stationnent.

Pour autant, les besoins en approvisionnement vont fortement augmenter d’ici 2025. Une année charnière à partir de laquelle la circulation de véhicules diesel sera totalement interdite. Par ailleurs, près du quart des véhicules des particuliers fonctionneront au GNC à l’horizon 2030, dans le cadre du nouveau plan de déplacement urbains (PDU) de la Métropole.

En 2019, deux autres stations d’avitaillement en GNV

La collectivité souhaite anticiper cette progression, afin d’accompagner au mieux les professionnels dans la conversion de leur parc d’utilitaires. Dans cette perspective, deux autres stations d’avitaillement GNV seront aménagées sur le territoire métropolitain.

L’une, publique et gérée par GEG, ouvrira ses portes au courant de l’été 2019, chemin de la Tuilerie à La Tronche [tout près d’Athanor, ndlr]. Cette station « de charge rapide » financée par la Région, l’Ademe et GRDF, permettra de faire le plein en six ou sept minutes.

Une benne en cours de ravitaillement en GNV. © Joël Kermabon - Place Gre'net

Une benne en cours de ravitaillement en GNV. © Joël Kermabon – Place Gre’net

Une station dont l’emplacement est fort judicieux. En effet, les bennes de la Métropole, obligées de passer par le centre de tri et d’incinération des déchets, l’utiliseront en premier lieu. « La grande innovation c’est qu’elle sera accessible au public. Il s’agit, là, d’un élément de dynamisation très fort pour ce changement de motorisation sur le bassin de vie », se réjouit Georges Oudjaoudi.

Quant à la seconde, gérée par GNV Alpes Grenoble, elle sera fonctionnelle fin 2019 à Saint-Égrève.

Favoriser l’économie circulaire par la production de biocarburant dans la métropole

L’approvisionnement des futures stations de La Tronche et de Saint-Égrève sera assuré grâce au BioGNV, autrement dit un biocarburant. Ce contrairement au gaz utilisé à la toute fraîche station d’Eybens, qui utilise quant à elle du GNV plus “classique”. L’objectif ? Favoriser l’économie circulaire en augmentant la production de biocarburant dans la métropole.

La station d'épuration Aquapole

Depuis 2016, la station d’épuration « Aquapole » utilise ses boues méthanisées pour produire du biogaz. DR

Comment ? Notamment par le truchement de la méthanisation des boues de la station d’épuration d’Aquapole. Mais aussi par la méthanisation des déchets alimentaires du centre de compostage de Muriannette. Un « cercle vertueux », estime Christophe Ferrari, le président de Grenoble-Alpes Métropole.

Joël Kermabon

le 17.01.2019 à 06:24

Bilan et projets : la Cour d’appel de Grenoble fait sa rentrée… sans langue de bois

FOCUS – Audience solennelle de rentrée pour la Cour d’appel de Grenoble, le vendredi 11 février. Un exercice précédé d’une rencontre avec la presse, au cours de laquelle le président et le procureur général de la Cour d’appel se sont livrés à un bilan de l’année 2018, avant de confier leurs attentes pour l’année qui commence. Le tout sans langue de bois, et avec un sens certain de l’ironie, voire du sarcasme.

Le procureur général de la Cour d’appel ne s’en cache pas devant les journalistes : l’exercice ne lui plaît guère. Fonction oblige, Jacques Dallest n’en allait pas moins tenir l’audience solennelle de rentrée 2019 de la Cour d’appel de Grenoble, le vendredi 11 janvier. Et ceci, naturellement, aux côtés du premier président de cette même Cour d’appel, Jean-François Beynel.

Autre tradition : le président, comme le procureur général, donnait rendez-vous aux journalistes pour un temps d’échange avant l’ouverture de l’audience. L’occasion de faire le point sur l’année écoulée, mais aussi sur 2019. Les instances judiciaires grenobloises débutent en effet la nouvelle année sur du mouvement.

De gauche à droite Jean-François Beynel et Jacques Dallest, respectivement président et procureur général de la Cour d'appel de Grenoble © Florent Mathieu - Place Gre'net

Jean-François Beynel et Jacques Dallest, respectivement président et procureur général de la Cour d’appel de Grenoble. © Florent Mathieu – Place Gre’net

Le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, laisse ainsi sa place à Éric Vaillant. Mais il n’est pas seul sur le départ : Jean-François Beynel participait lui-même à sa dernière audience solennelle de rentrée en tant que président de la Cour d’appel. Dès le 14 janvier suivant, il a quitté ses fonctions pour prendre la présidence de l’Inspection générale de la justice. Le nom de celui ou celle qui lui succédera n’est toutefois pas encore connu.

Les restructurations des tribunaux de Vienne et Valence en prévision

Outre ce jeu des “chaises judiciaires”, quel bilan tirer de l’année 2018 ? Jean-François Beynel fait part de sa satisfaction : « L’institution se porte bien. Nos effectifs ont été bien garnis. Nous n’avons presque plus de postes vacants et nous avons obtenu des crédits qui nous ont permis de lancer des opérations importantes », se réjouit-il.

Quelles opérations ? Des travaux de restructuration des tribunaux de Bourgoin-Jallieu et de Vienne, planifiés respectivement en 2019 et 2020. Ce n’est pas tout, puisque le tribunal de Valence devrait, lui aussi, bénéficier de travaux à moyen terme. « Un gros boulot, moins avancé mais la restructuration est actée », explique ainsi Jean-François Beynel, sans donner de date.

La Cour d’appel de Grenoble hérite des litiges sociaux

Nouveauté depuis le 1er janvier : les cours d’appel ont la responsabilité des pôles sociaux, dévolus jusqu’ici aux tribunaux des affaires de Sécurité sociale (Tass). En clair ? Désormais, les litiges entre particuliers et organismes de protection sociale se régleront devant la Cour d’appel. Urssaf, CPAM, Caf… Autant de sigles qui s’invitent au palais de justice… et vont accroître de 15 % l’activité de la Cour d’appel, estime son président.

Le Palais de Justice de Grenoble © Elisa Boulloud - Place Gre'net

Le palais de justice de Grenoble. © Élisa Boulloud – Place Gre’net

Aucun changement en revanche en matière d’implantation des cours d’appel dans la région. En début d’année 2018, la disparition de la Cour d’appel de Grenoble était envisagée, sur fond de réforme de la carte judiciaire. Il n’en sera rien. Le statu-quo l’a emporté. Le président ne cache toutefois pas que le scénario d’une fusion avec la Cour d’appel de Chambéry, et la création d’une Cour d’appel des Alpes, avait clairement sa préférence. « Je suis rarement favorable à l’immobilisme, mais ce n’est pas moi qui décide », conclut-il.

La violence “non-crapuleuse” en hausse de 20 % sur Grenoble

Quid du bilan criminel de l’année 2018 à Grenoble ? Les chiffres sont contrastés, selon Jacques Dallest. À la baisse, les violences crapuleuses – vols à l’arraché ou braquages – de même que les règlements de compte. En revanche, la violence non crapuleuse – violences conjugales ou différends de rue – enregistre une hausse de 20 %. Avec la question sous-jacente que rappelle le procureur : « Est-ce une hausse du phénomène, ou est-ce que les victimes déposent davantage plainte ? »

Jacques Dallest n’en constate pas moins une banalisation des armes individuelles. Et livre un témoignage surprenant : « Beaucoup trop de personnes viennent au palais de justice avec un couteau. Cela arrive quotidiennement ! » En deux ans et demi, près de 5 000 couteaux ou autres objets posant problème ont été saisis. Opinel, couteaux suisses, cutter… et même parfois des matraques ou des battes de base-ball. « Il n’y a pas encore eu de Kalachnikov », ironise le procureur.

Eric Vaillant, nouveau procureur de Grenoble, devra s'atteler au lourd dossier du trafic de drogue. DR

Eric Vaillant, nouveau procureur de Grenoble, devra s’atteler au lourd dossier du trafic de drogue. DR

Deux autres aspects de la délinquance retiennent son intention. Le premier : la « banalité affligeante » du trafic de drogues. « De la drogue en tous lieux, dans les cités grenobloises, à Valence, un peu partout… », soupire Jacques Dallest.

Et une vallée du Rhône qui est aussi celle du cannabis en provenance d’Espagne, avec de fortes saisies des services de douane. « Derrière, cela alimente de la délinquance », déplore encore le procureur.

Deuxième aspect, pour le moins polémique : l’immigration illégale dans les Alpes. « L’arrivée massive » de migrants – notamment via le col de l’Échelle, où le maire de Grenoble Éric Piolle s’était rendu pour interpeller le gouvernement –, pose plusieurs questions. Celle des mineurs non accompagnés, ou celle d’adultes pouvant être « la proie de réseaux divers ». Mais aussi celle des risques de confrontations directes, et physiques, entre des militants pro-migrants et des groupuscules comme Génération identitaire.

Création d’un conseil de juridiction sur Grenoble

Dernière annonce d’importance pour 2019 : la création prochaine d’un conseil de juridiction. Ou, comme tient à le résumer le président de la Cour d’appel, « un conseil d’administration de l’institution judiciaire sur Grenoble ». Son but ? Être le « réceptacle » de la présentation de l’action de la justice, et formuler des « propositions de priorisation judiciaire ». En somme, répondre à la question : « Qu’attendez-vous de la justice ? »

Le conseil s’appuiera sur trois types de membres : des représentants de l’institution judiciaire, des élus locaux et des « membres de la société civile ». Une société civile composée, en l’occurrence, de personnes appartenant aux corps intermédiaires (tels que des organisations syndicales) ou des chefs de grandes entreprises. Et Jean-François Beynel de mentionner le Crédit agricole, Schneider, King Jouet ou encore Araymond.

En plein mouvement des Gilets jaunes, la description d’une « société civile » composée de chefs de grandes entreprises peut faire lever quelques sourcils. Jean-François Beynel assume : « Les Gilets jaunes n’ont qu’à adhérer à un syndicat ! », rétorque-t-il. Avant de pourfendre toute idée de tirage au sort des citoyens, qui relèverait à ses yeux de la pure démagogie.

Gilets jaunes et fake news… sans langue de bois

Sur la question des Gilets jaunes, le président de la Cour d’appel se montre aussi intarissable que réfractaire à la langue de bois. S’il ne conteste pas la réalité ou la légitimité de certaines revendications, la forme même du mouvement le laisse perplexe. « C’est hallucinant que le premier perroquet coiffé qui met un gilet jaune arrive devant la sucette de BFMTV pour dire son opinion sur les relations internationales et les équilibres mondiaux ! », lance-t-il, avec un art certain du sarcasme.

Les Gilets jaunes, un nouveau mode sociétal face à des dinosaures ? © Joël Kermabon - Place Gre'net

Les Gilets jaunes, un nouveau mode sociétal face à des dinosaures ? © Joël Kermabon – Place Gre’net

Des Gilets jaunes qui mettent encore en valeur un nouveau mode d’organisation sociétale autour des réseaux sociaux. Sur ce sujet, Jean-François Beynel retourne le sarcasme contre lui-même… et la presse « Nous sommes des dinosaures ! On vous lit, on vous écoute, mais vous êtes l’épaisseur du trait par rapport à l’information qui circule », juge-t-il, non sans raison. Dans son collimateur : les rumeurs et fausses informations qui se partagent en un clic sur Facebook ou Twitter.

« Il faut adapter notre législation aux nouveaux modes de communication, et arrêter ce débat d’enfilage de perles sur la liberté de la presse ! », tonne le président de la Cour d’appel. En cause ? Une loi sur les “fake news” envisagée par le gouvernement, mais largement critiquée dans le milieu journalistique. Et Jean-François Beynel d’appeler de ses vœux une disposition pour punir juridiquement les « diffuseurs ». Autrement dit, les Orange, SFR, Bouygues et autres opérateurs.

Une préoccupation d’actualité dans le microcosme judiciaire grenoblois. Personne n’oublie que 2018 a également été marquée par des injures antisémites d’une violence rare à l’encontre d’un avocat grenoblois. Des insultes provenant d’un site francophone résolument néo-nazi, dont l’accès est désormais bloqué pour qui tente de s’y connecter depuis la France. Mais toujours accessible à quiconque dispose d’un logiciel modifiant le pays d’origine de son adresse IP.

Florent Mathieu

LES CODES DU PALAIS DE JUSTICE S’ESTOMPENT DANS UNE EXPOSITION PHOTO

L’année 2019 s’ouvre aussi avec une exposition de photographies dans la salle des pas-perdus du palais de justice de Grenoble. Le photographe grenoblois Nicolas Pianfetti dévoile ainsi 34 clichés réalisés au cœur même du tribunal. Des éléments d’architecture, des objets du quotidien, des scènes intimes et des portraits, regroupés sous un titre évocateur : « Des moments existent où les codes s’estompent. »

Des portraits de profil comme un pas de côté © Nicolas Pianfetti

Des portraits de profil comme un pas de côté © Nicolas Pianfetti

À l’origine de cette exposition, une rencontre entre le photographe et le président de la Cour d’appel. « On lui a donné un badge et on lui a dit : “Vous faites ce que vous voulez au palais de justice” », résume Jean-François Beynel. Mission remplie pour l’artiste-photographe, dont les œuvres sont à découvrir durant cinq mois. En accès libre, à condition naturellement de passer par le contrôle de sécurité à l’entrée du palais.

L’exposition, souligne encore Jean-François Beynel, s’inscrit dans la volonté d’ouvrir le palais de justice au grand public. Un public manifestement curieux, comme l’a démontré le succès de la journée portes ouvertes, dans le cadre des Journées du patrimoine. Ou celui de l’exposition de l’artiste Denis Arino en 2017. « Pendant les deux premiers mois, un tiers des gens qui entraient dans le palais ne venaient que pour visiter l’exposition », se souvient le magistrat.

Dépasser les codes et les conventions

Nicolas Pianfetti garde, pour sa part, un souvenir fort de cette expérience. « J’ai pu assister à des choses très intimes, des divorces, des placements, et les gens étaient étonnamment très ouverts au fait d’être photographiés. J’ai dû essuyer 5 % de refus », relate le photographe. Un bon accueil auquel il ne s’attendait pas, mais qui ne s’émancipait pas des conventions propres à la justice. « J’ai bien constaté la hiérarchie : c’est une institution à niveaux, et chacun est à sa place ! », décrit-il.

Les codes sont aussi dans les uniformes © Nicolas Pianfetti

Les codes sont aussi dans les uniformes. © Nicolas Pianfetti

Cette hiérarchisation, c’est précisément ce que l’artiste essaye de dépasser en proposant des portraits de profil. Dans un monde où « l’individu passe derrière la fonction », Nicolas Pianfetti a voulu faire oublier les codes. « Je présente tout le monde de profil, sans uniforme, sur le même plan. » Un “pas de côté” en somme, le temps d’un cliché, pour mieux évoquer l’humanité des personnes qui composent l’institution.