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FRANCE 24


Ils ont survécu à la tuerie de Parkland en Floride la semaine dernière. Depuis, ces lycéens à l'éloquence remarquée ont pris les rênes d'un mouvement déterminé à faire bouger les lignes sur le sujet très controversé des armes à feu aux Etats-Unis.

Voici les portraits de quelques-uns de ces jeunes rassemblés derrière le mot d'ordre #NeverAgain (Plus jamais):

- Cameron Kasky -

C'est ce lycéen de 17 ans, se décrivant lui-même comme "le pitre de la classe", qui a lancé le slogan #NeverAgain, deux jours après la tuerie dans laquelle ont péri 17 élèves et enseignants du lycée Marjory Stoneman Douglas.

"Je suis en sécurité (...) Merci à tous les défenseurs du deuxième amendement de m'avoir protégé", avait-il écrit sur Facebook après avoir réchappé au massacre, dans une allusion ironique au droit constitutionnel à porter des armes aux Etats-Unis.

Il s'est notamment fait remarquer lors d'un débat mercredi où il a défié en direct sur la chaîne CNN l'ancien candidat à la primaire républicaine et sénateur de Floride, Marco Rubio.

"Pouvez-vous me dire tout de suite que vous n'accepterez pas un seul don de la NRA à l'avenir ?", lui a-t-il demandé, en référence au puissant lobby des armes qui a versé des fonds à de très nombreux responsables politiques américains, dont M. Rubio.

- Emma Gonzalez -

Cheveux rasés et émotivité communicative, Emma Gonzalez a touché de nombreux Américains en scandant "Honte à vous" lors d'un rassemblement samedi contre les armes à feu en Floride.

Elle a écrit son discours dénonçant l'inaction de Donald Trump et d'autres responsables politiques, juste avant de prendre la parole.

La jeune femme de 18 ans, dont la famille est d'origine cubaine, a initié avec ses camarades le projet d'un grand rassemblement à Washington le 24 mars.

"A ce stade, soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous", a-t-elle lancé, alors que la "Marche pour nos vies" a déjà reçu au moins 2 millions de dollars de dons, venant notamment de stars comme les époux George et Amal Clooney, la présentatrice Oprah Winfrey ou encore le réalisateur Steven Spielberg et sa femme Kate Capshaw.

- David Hogg -

Pendant l'assaut du tireur armé d'un fusil semi-automatique AR-15, David Hogg, 17 ans, s'est caché dans un placard avec d'autres étudiants.

Là, muni de son smartphone, cet aspirant journaliste a défié sa peur pour recueillir des témoignages d'élèves. Sa vidéo a fait le tour d'internet.

Son camarade Cameron Kasky l'a ensuite sollicité pour mener le mouvement #NeverAgain mais David Hogg a rapidement fait l'objet de menaces en raison du métier de son père, agent retraité du FBI.

Des théories complotistes ont même fait de lui un "acteur de crise", payé pour diffuser des idées de gauche.

"Je ne suis pas un acteur de crise, je suis quelqu'un qui a dû assister à tout cela, et qui subit tout cela", a rétorqué le jeune homme.

- Delaney Tarr -

A 17 ans, Delaney Tarr fait partie des centaines d'étudiants qui ont interpelé cette semaine les élus locaux de Floride pour demander une législation plus stricte sur les armes à feu.

"Nous en avons assez des pensées et des prières", a-t-elle déclaré en référence aux habituelles condoléances adressées par les responsables politiques américains après les fusillades. "Nous allons venir chercher chacun d'entre vous pour vous demander d'agir", a-t-elle poursuivi.

Elle aussi avait trouvé refuge dans un placard avec d'autres élèves durant la fusillade.


Comme chaque année entre janvier et mars, Bohicon, ville tranquille dans le centre-sud du Bénin, assiste au bal incessant des 'titans', ces gigantesques camions de près de cinq mètres de haut, qui viennent décharger leurs dizaines de tonnes de balles de coton, dans son usine d'égrenage.

Les imposants véhicules, garés par douzaines, donnent une idée de la production record attendue cette année. Le Bénin, quatrième producteur africain de la fibre, devrait exporter plus de 530.000 tonnes de coton en 2018 (contre 451.000 tonnes en 2016-2017 et 324.000 tonnes pour 2015-2016).

En remontant vers le nord, les champs de coton semblent se dérouler à l'infini, les villageois cueillent à la main les fleurs qu'ils rassemblent en petits monticules au milieu des tiges sèches.

Le long de la grande nationale, qui mène au Niger, Yerima Fousseni surveille le chargement d'un titan, pendant que des gamins s'amusent à faire des roulés-boulés sur le gigantesque tas de coton pour tasser la fibre.

Le président de la coopérative des cotonculteurs du district de Wewe a la poignée franche et le sourire satisfait. Le village a récolté plus de 46 tonnes 'd'or blanc' cette saison. C'est trois fois plus que l'année dernière.

"Désormais nous sommes 32 producteurs dans le village, avant on n'était que dix", explique M. Fousseni. "Tout le monde a vu qu'il y a de l'argent à se faire +dedans+".

- Conflit d'intérêt -

Si l'embellie de la fibre est une excellente nouvelle pour M. Fousseni, elle l'est encore davantage pour les entreprises qui gèrent le secteur, du transporteur à la transformation en passant par son exportation: en somme, les sociétés de Patrice Talon, riche homme d'affaires qui a fait fortune dans le coton et est devenu président en 2016.

Le chef de l'Etat avait assuré, lors de son arrivée au pouvoir qu'il se désengagerait du secteur privé pour éviter tout conflit d'intérêt, mais personne ne sait à l'heure actuelle, quelles parts ont été vendues, ni même à qui.

"Avant, on appelait les syndicalistes de tous les secteurs pour décider des prix du transport, du prix des engrais, du prix d'achat au kilo... maintenant c'est 'lui' tout seul qui décide de tout", confie un chauffeur de "titan", sans oser prononcer de nom.

Patrice Talon, à peine arrivé au pouvoir, en avril 2016, a légué le monopole de gestion (jusqu'alors détenu en partie par l'Etat) à l'AIC, Association interprofessionnelle du Coton, qui organise le commerce de l'or blanc, de sa production à l'égrenage.

Il y a également nommé l'un de ses proches, Mathieu Adjovi à sa tête.

"La remise en cause de l'accord entre l'Etat et l'AIC était le point de départ du problème de conflit d'intérêt", estime Abel Gbetoenonmon, de Social Watch Benin, un organisme de surveillance de la société civile. "L'abus de position dominante est devenue une réalité. Avant, Patrice Talon contrôlait 80% de la filière, maintenant on frôle les 100%".

La Sodéco, société dont il est l'actionnaire majoritaire et à laquelle il a confié des postes de direction à sa fille et son oncle, vend notamment les intrants aux producteurs. La Sodéco et l'ICA, autre société de Patrice Talon, gèrent ou possèdent également la quasi-totalité des usines d'égrenage.

Atral, sa société de transport et de logistique s'occupe de la distribution de la matière première, les graines sont transformées dans des usines qui lui appartiennent également, sans compter les services portuaires d'exportation, où le chef d'Etat détient également des parts importantes.

Le Bénin a bien une loi sur la concurrence déloyale et monopolistique, mais le ministère du Commerce n'a pas mis en place la structure de surveillance économique chargée de la mettre en oeuvre.

- 'Politique dans les affaires' -

Sollicitées à plusieurs reprises, l'AIC et la présidence n'ont pas répondu aux questions de l'AFP.

Martin Rodriguez, de son côté est intarissable. Riche investisseur béninois, et principal concurrent de Talon dans le secteur de l'égrenage, il assure avoir "tout perdu" dans son pays.

Son usine à Nikki (nord-est), construite en 1997, n'a jamais fonctionné au plein de sa capacité, son propriétaire arguant que l'Etat refusait de lui fournir la matière première déjà sous le président Mathieu Kérékou (1996-2006).

Croulant sous les dettes, l'usine qui emploie environ 900 personnes, a été finalement saisie, puis revendue aux enchères pour 3 milliards de Francs CFA (4,5 millions d'euros) en novembre dernier, bien en dessous de sa valeur marchande, selon son propriétaire.

L'affaire est toujours en cours, M. Rodriguez ayant porté le dossier en appel, et c'est désormais... la Sodéco qui assure son fonctionnement.

"Talon a introduit la politique dans les affaires, et les affaires dans la politique", s'emporte le chef d'entreprise, qui vit désormais aux Etats-Unis.

Si beaucoup au Bénin se réjouissent de la vitalité du secteur, le monopole inquiète. "Ce n'est pas normal. Il pourrait avoir les mêmes succès de réussite en gardant les parts de l'Etat et en accueillant d'autres privés dans le circuit", confie un ancien acteur important, sous couvert d'anonymat.

"Avant quand il y avait des problèmes, les petits producteurs, ou chaque maillon de la chaîne, pouvaient se tourner vers l'Etat. Aujourd'hui, à qui peuvent-ils parler?", s'interroge-t-il. "Tout le monde est résigné".


A 48 heures de la fin des JO-2018, la Russie, représentée par une délégation de sportifs sous drapeau olympique à Pyeongchang, tient sa première médaille d'or. Elle lui est offerte par Alina Zagitova en patinage artistique, sacrée à quinze ans seulement vendredi.

Sous les yeux de la Sud-Coréenne Kim Yu-na, la championne olympique 2010 et vice-championne olympique 2014 qui avait allumé la vasque olympique il y a presque quinze jours, la Russie signe même un doublé : derrière Zagitova (239,57 points), la double championne du monde en titre Evgenia Medvedeva termine à un peu plus d'un point (238,26). En tribunes, l'occasion tant attendue pour les drapeaux russes de pavoiser et pour les supporters des deux patineuses de donner de la voix.

Lors de la remise des médailles, c'est en revanche le drapeau aux cinq anneaux qui sera hissé sur le podium et l'hymne olympique qui retentira, les deux patineuses étant inscrites en tant qu'Athlètes olympiques de Russie (OAR) suite à la suspension de leur pays par le CIO pour dopage institutionnalisé.

La Canadienne Kaetlyn Osmond, vice-championne du monde en 2017, complète le podium (231,02).

Zagitova, qui fêtera son seizième anniversaire le 18 mai prochain, est devenue la deuxième plus jeune patineuse de l'histoire sacrée championne olympique, derrière l'Américaine Tara Lipinski, couronnée à 15 ans et 255 jours en 1998 à Nagano (Japon).

La championne du monde juniors en titre a surgi cet hiver en seniors et s'y est imposée en un claquement de doigts comme une implacable machine à sauter. Ses deux programmes patinés sur la glace olympique de Gangneung, la ville côtière qui accueille les sports de glace, n'ont pas dérogé à la règle.

- Don Quichotte contre Anna Karénine -

Mercredi, sur la musique du film "Black Swan", sa maîtrise technique, récompensée par 82,92 points, lui avait permis de déposséder Medvedeva du record du monde du programme court, qu'elle venait à peine d'améliorer (81,61, contre 81,06).

Vendredi, chignon strict et tutu rouge aux décors dorés, Zagitova a livré une nouvelle fois une exécution parfaite sur le thème de Don Quichotte et maximisé son score technique en regroupant l'ensemble de ses sauts dans la deuxième moitié de son programme, quitte à ce qu'il en résulte déséquilibré.

Medvedeva, qui patinait en dernier, a eu beau, malgré ses dix-huit ans, interpréter avec conviction Anna Karénine, elle n'a pu faire que jeu égal (156,65) avec sa toute jeune rivale et partenaire d'entraînement à Moscou, sous les ordres d'Eteri Tutberidze.

Ralentie par une fracture de fatigue au pied droit qui l'a privée de compétition pendant deux mois, de mi-novembre à mi-janvier, Medvedeva n'a réussi à arrêter la tornade Zagitova ni aux Championnats d'Europe mi-janvier à Moscou - où elle a connu sa première défaite depuis plus de deux ans - ni aux JO-2018. Elle aura une nouvelle chance dans un mois aux Championnats du monde à Milan (21-25 mars).

Zagitova, qui a accueilli son titre olympique sans grande émotion apparente, essaiera d'y conclure par un nouveau chapitre doré son premier hiver dans la cour des grandes en forme de conte de fées.


Matteo Renzi, ancien chef du gouvernement au tempérament bouillonnant, a réussi à se mettre presque tout le monde à dos dans son pays, après avoir été l'enfant chéri de la politique italienne il y a à peine quelques années.

"Matteo est devenu en quelques mois le leader politique le moins aimé d'Italie", écrivait fin janvier l'hebdomadaire L'Espresso, pourtant proche du Parti démocrate (PD, centre gauche) dont M. Renzi, 43 ans, est toujours le secrétaire-général.

Depuis, son parti ne cesse de baisser dans les sondages. Les derniers dont la publication était autorisée, la semaine dernière, le créditaient d'environ 22-23% des intention de vote, et la tendance était plutôt à la baisse.

Un score inférieur serait particulièrement cuisant pour celui qui avait fait rêver la gauche européenne en remportant 40% des voix lors des élections européennes en 2014.

"Je ne m'explique pas vraiment cette haine envers Matteo Renzi", confiait récemment à l'AFP Giovanni Orsina, professeur de sciences politiques à l'université Luiss de Rome.

Il y a certes la personnalité jugée souvent arrogante et un brin autoritaire de ce Toscan de naissance.

Il y a aussi ces promesses trahies, comme celle avancée en 2012 de faire de l'Italie "le pays où on trouve du travail parce qu'on connaît quelque chose et non parce qu'on connaît quelqu'un", avance L'Espresso. Or, il s'est surtout lui-même entouré de fidèles, souvent Toscans comme lui, un "cercle magique" aujourd'hui source d'une partie de ses déboires.

Ainsi Maria-Elena Boschi, qui a été son bras droit pour les réformes, est soupçonnée d'être intervenue en faveur de son père, ancien dirigeant de la banque Etruria en faillite. Mais le PD lui a quand même confié une circonscription gagnée d'avance.

- 'Renzusconi' -

Matteo Renzi a toujours nié tout favoritisme, affirmant avoir toujours choisi "les meilleurs".

Quant à ceux qui l'accusent d'avoir trop souvent agi seul, sans tenir compte par exemple des différentes sensibilités au sein de son propre parti, il rétorque avoir toujours fait preuve "d'esprit d'équipe".

Il n'a pu empêcher pourtant la fuite des "frondeurs" du PD, qui ont claqué la porte l'an dernier pour créer un nouveau mouvement à gauche, "Liberi e uguali" (libres et égaux).

S'il reste encore le chef du parti de centre gauche le plus important en Europe, sa longue descente aux enfers a commencé en décembre 2016, quand son rêve d'une Italie "plus efficace et plus simple" s'est brisé sur le rejet sans appel de sa réforme constitutionnelle lors d'un référendum.

Arrivé à la tête du PD fin 2013 alors qu'il n'était que maire de Florence, sans avoir jamais siégé au Parlement ou été ministre, il promettait de "mettre à la casse" les caciques de son parti, et quelques autres.

Ce diplômé en droit, fier de ses années de scoutisme catholique, a pour cela écarté des poids lourds comme l'ex-Premier ministre Massimo D'Alema, qui ne le lui a pas pardonné, ou l'ancien maire de Rome Walter Veltroni.

En février 2014, il a pris la tête du gouvernement, poussant sans ménagement vers la sortie Enrico Letta, ex-N.2 du PD, auquel il avait pourtant tweeté un désormais fameux "Enrico stai sereno" ("Enrico, sois tranquille") moins d'un mois plus tôt.

Ultra dynamique, ambitieux, "assoiffé de pouvoir", selon certains, Matteo Renzi a gardé des airs d'éternel adolescent, avec un accent toscan teinté d'un léger zozotement.

Grand utilisateur des réseaux sociaux, il est aussi infatigable, capable d'enchaîner les meetings du nord au sud de la péninsule, sans négliger les médias plus traditionnels où il est très présent.

Un temps allié avec Silvio Berlusconi sur la réforme des institutions, il pourrait le retrouver dans le cadre d'une grande coalition "à l'allemande", en cas d'absence de majorité claire à l'issue du scrutin du 4 mars.

Ses ennemis pourront alors continuer à l'appeler "Renzusconi".


Le Mexicain Juan Pedro Franco passe de moins en moins de temps prostré dans son lit. A l'aide d'un marcheur spécial qui l'aide à supporter son poids, celui qui a été l'homme le plus gros au monde commence à faire des pas, mais ce qu'il veut surtout, c'est marcher seul sans suffoquer.

Le jeune homme de 33 ans, natif de l'Etat de Aguascalientes (centre du pays), pesait 595 kilos en octobre 2016. Ce poids, qui résultait d'une alimentation inadéquate et d'un mauvais fonctionnement de la thyroïde, lui a valu le titre au Guinness d'homme vivant le plus gros au monde.

Souffrant d'hypothyroïdie, d'hypertension artérielle, de diabète et d'obstruction pulmonaire sévère, Juan Pedro a décidé de rependre sa vie en main et s'est tourné vers José Antonio Castañeda, chirurgien spécialiste des traitements de l'obésité.

- 250 kilos en moins -

En novembre 2016, il a déménagé, avec sa mère, d'Aguascalientes à Guadalajara, à l'ouest du Mexique, où se trouve "Gastric Bypass Mexico", la clinique de M. Castañeda, afin d'être plus proche de l'équipe d'experts.

La première étape consistait à suivre un régime méditerranéen "très sévère".

En mai 2017, Juan Pedro Franco est entré dans la salle d'opération pour la première fois pour subir un manchon gastrique et six mois plus tard pour un "bypass". Ces deux opérations ont pour but de réduire la taille de l'estomac.

Diminuer sa capacité à manger était la seule façon de lui faire perdre du poids, car brûler des calories ne suffisait pas.

Après une deuxième opération, son poids est descendu à 366 kilos. Les médecins espèrent que d'ici un an et demi, il tombe à environ 100 kilos.

"Il a perdu environ 250 kilos depuis que le traitement a commencé", note M. Castañeda.

Juan Pedro possède un teint très blanc du fait de son absence d'exposition au soleil.

Il tisse des écharpes et fait des "alegrias", un dessert traditionnel à base d'amarante et de miel.

"Je suis très heureux parce que tout va bien" dit-il à l'AFP assis sur son lit, autour duquel a été installée une structure métallique, qui lui permet se lever mais aussi de faire de l'exercice physique, grâce à des poulies d'haltérophilie fixées dessus.

"Chaque jour, il fait plus d'exercice, il essaie de se lever, de s'en sortir, il a une attitude très positive", commente le médecin à ses côtés.

- 'Aller de l'avant'-

Mais le rêve du jeune homme, qui aime chanter et jouer de la guitare, est de "marcher à nouveau".

La clinique avertit que tout "dépendra de son évolution et du traitement de ses lymph?dèmes dans les jambes (accumulation anormale de liquide par obstruction dans le système lymphatique)".

Lors de la dernière intervention chirurgicale, son estomac a été réduit de moitié et une forme horizontale a été donnée à cet organe, pour réduire sa capacité gastrique.

En parallèle, une division intestinale a été pratiquée, pour que le processus d'absorption soit sélectif, c'est-à-dire qu'une partie seulement de l'intestin n'absorbe les nutriments.

Deux mois après cette dernière intervention chirurgicale, le patient - qui reste relié à un réservoir d'oxygène -, a déjà perdu 22 kilos, selon la clinique.

Pour l'équipe médicale interdisciplinaire qui le suit, il demeure toutefois "un patient complexe et à risque, jusqu'à ce que cesse son obésité extrême."

"Nous essayons de sauver une vie et nous resterons vigilants jusqu'à ce qu'il soit hors de danger", souligne la clinique.

Selon des études de l'Organisation des Nations unies pour l' Alimentation et l'Agriculture(FAO) et de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 58% des habitants d'Amérique latine et des Caraïbes souffrent de surpoids.

Le Mexique, les Bahamas et le Chili sont les pays les plus problématiques en la matière.

En mai 2014, un autre Mexicain, Manuel Uribe, souffrant de surpoids est décédé. En 2007, il avait été lui aussi l'homme le plus gros au monde au Guinness.


Invitée à Washington par les conservateurs américains à s'exprimer, Marion Maréchal-Le Pen a prononcé jeudi un discours "trumpien", dénonçant la mainmise supposée de l'Union européenne sur la France et la place de l'islam.


Le Premier ministre australien adjoint Barnaby Joyce a annoncé vendredi qu'il démissionnerait, après une polémique sur sa liaison extra-conjugale avec une ex-collaboratrice et des accusations de harcèlement sexuel.

Barnaby Joyce, 50 ans, est dans la tourmente depuis plusieurs semaines et la révélation de sa liaison avec une collaboratice de près de 20 ans sa cadette, qui attend aujourd'hui son enfant.

L'élu de Nouvelles-Galles du Sud (est) est le chef de file du Parti national, l'un des piliers de la coalition conservatrice constituée avec le Parti libéral du Premier ministre Malcolm Turnbull.

Il s'était forgé une notoriété internationale en menaçant de faire euthanasier les chiens de la star américaine Johnny Depp entrés illégalement en Australie.

Lors d'une conférence de presse, M. Joyce a affirmé qu'il survivrait à la tempête médiatique relative à sa liaison extra-conjugale, mais estimé que sa position était devenue intenable vendredi, avec désormais des accusations de harcèlement sexuel.

"J'annoncerai lundi matin à la réunion du parti que je quitte mes fonctions de chef du Parti national et de Premier ministre adjoint d'Australie", a-t-il déclaré dans sa circonscription d'Armidale, à 450 km au nord de Sydney.

"Il est important que quelqu'un joue le rôle de coupe-circuit, pas seulement pour le Parlement, mais, ce qui est plus important, pour Vikky, pour mon fils qui n'est pas né, pour mes filles et pour Nat", a-t-il dit en citant successivement sa compagne et sa femme.

- 'La goutte d'eau' -

"Cela doit cesser. Ce n'est pas juste pour eux", a-t-il dit.

Cette démission devrait être sans conséquence pour la coalition conservatrice au pouvoir puisque le successeur de M. Barnaby à la tête du Parti national, une fois qu'il aura été désigné, deviendra automatiquement Premier ministre adjoint, selon l'accord entre les deux principales formations de droite.

Chantre des valeurs conservatrices, M. Joyce avait dû reconnaître une liaison extraconjugale avec Vikki Campion, son ancienne conseillère médias âgée de 33 ans. Son épouse Natalie- dont il est désormais séparé après 24 ans de mariage - et ses quatre filles s'étaient dites dévastées.

Barnaby Joyce avait en outre été accusé d'avoir contrevenu aux règles du gouvernement en faisant nommer sa compagne dans un cabinet ministériel et les appels à sa démission s'étaient multipliés.

A la suite de cette affaire, M. Turnbull avait annoncé une modification du code de bonne conduite ministériel, décrétant une interdiction des relations sexuelles entre les ministres et leurs collaborateurs.

Le Premier ministre avait tiré la semaine dernière à boulets rouges sur son adjoint, l'accusant d'avoir "commis une erreur de jugement choquante en entretenant une liaison avec une jeune femme qui travaillait dans son bureau" et d'avoir "causé une souffrance et une humiliation extrêmes" à son épouse et à ses quatre filles.

Des commentaires qui n'avaient pas plu à Barnaby Joyce, lequel avait fustigé des propos "déplacés" et "inutiles".

Mais sa position est devenue intenable avec des informations sur des accusations de harcèlement sexuel, dont on ignore l'origine.

Dénonçant des informations "fausses et diffamatoires", M. Joyce a demandé qu'elles fassent l'objet d'investigations de la police, et reconnu que c'était "la goutte d'eau qui fait déborder le vase".

Barnaby Joyce a connu son heure de célébrité mondiale en 2015 après que Johnny Depp et son ex-épouse Amber Heard eurent fait entrer illégalement en Australie Pistol et Boo, leurs deux yorkshire-terriers, au mépris du très strict règlement de l'île-continent sur la quarantaine.

Alors ministre de l'Agriculture, M. Joyce avait menacé d'euthanasier les deux chiens s'ils ne "foutaient" pas "le camp aux Etats-Unis".


Edouard Philippe présente vendredi à Lille un nouveau plan contre la radicalisation jihadiste, un domaine où les autorités avancent encore à tâtons trois ans après les attentats de janvier 2015.

Au terme d'un comité interministériel rassemblant dans la matinée une dizaine de membres du gouvernement, dont Nicole Belloubet (Justice), Gérard Collomb (Intérieur), Jean-Michel Blanquer (Education) et Laura Flessel (Jeunesse), le Premier ministre, en déplacement dans le Nord depuis jeudi, doit dévoiler à la mi-journée un "plan national de prévention de la radicalisation", promis en octobre par Emmanuel Macron qui comportera une soixantaine de mesures, selon Matignon.

Le volet le plus attendu concerne les prisons; c'est la violente agression d'un surveillant par un détenu radicalisé à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) qui avait déclenché le vaste mouvement de protestation des gardiens en janvier.

Sur près de 70.000 détenus en France, 512 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme. Par ailleurs, 1.139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés".

Le gouvernement veut prévenir la "contagion". Selon des sources gouvernementales, le Premier ministre doit annoncer des mesures renforçant "l'étanchéité" entre les détenus radicalisés et les autres, ainsi qu'une meilleure détection et répartition, pour décongestionner les maisons d'arrêt d'Ile-de-France où sont incarcérés 60% des détenus poursuivis pour actes de terrorisme.

Avant la réunion gouvernementale, Mme Belloubet doit se rendre tôt vendredi matin dans la prison voisine de Lille-Annoeullin, où se trouve un quartier pionnier de prise en charge de la radicalisation. Une des pistes pour éviter que les cadres prosélytes des réseaux jihadistes n'entrent en contact avec les détenus de droit commun.

Concernant les mineurs de retour de zones de guerre jihadiste, le Premier ministre devrait notamment lancer le chantier de la professionnalisation des personnels amenés à prendre en charge des "lionceaux du Califat" de retour de Syrie ou d'Irak après avoir été embrigadés par l'organisation Etat islamique.

Au dernier pointage officiel, 68 mineurs, en quasi-totalité de moins de 13 ans, sont de retour en France. Quelque 500 seraient encore au Levant.

- 'désengagement' -

Mais l'exécutif a aussi pris soin de développer un large volet de prévention, conscient que la "déradicalisation" ou, vocable plus prudent, le "désengagement", s'avèrent très difficiles.

Les difficultés des autorités françaises à trouver une parade efficace avaient été symbolisées par l'échec du premier centre de "déradicalisation", en Indre-et-Loire, qui n'avait accueilli personne car il était basé sur le volontariat.

Sur un volet éducatif, outre des mesures de soutien à la laïcité à l'école et d'éducation aux médias (anticomplotisme...), l'exécutif devrait confirmer son soutien à une proposition venue du Sénat de durcir les conditions d'ouverture d'établissements scolaires hors contrat, afin de combattre l'émergence de structures islamistes.

En appui de la campagne "Stop Jihadisme" lancée en 2016, l'exécutif réfléchit aussi à des dispositifs de contre-discours plus ciblés, ou encore à mieux coordonner les alertes sur la radicalisation dans les structures psychiatriques.

Un volet du plan doit également favoriser une meilleure détection des cas de radicalisation, chez les élèves, parmi les fonctionnaires ou encore dans le sport, selon des sources proches de l'exécutif.

Après la présentation du plan à la préfecture de Lille, Edouard Philippe doit clore son déplacement nordiste vendredi après-midi dans une usine près de Roubaix et sur le campus de l'Edhec, la grande école de commerce lilloise.

Aux côtés du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne qui pilotent le commerce extérieur français depuis le Quai d'Orsay, il doit annoncer des mesures pour relancer les exportations françaises, gros point noir de l'économie nationale, en favorisant notamment l'apprentissage de l'anglais et en instaurant des guichets uniques.

Le déficit commercial français s'est nettement dégradé en 2016 et 2017, pour atteindre 62,3 milliards d'euros l'an dernier.


Plusieurs dizaines d’étrangers se battent à Afrin pour défendre la "révolution" kurde dans le nord de la Syrie. Considérés comme des mercenaires, ils pourraient être inquiétés de retour dans leur pays. Débat autour d'une question litigieuse.


Le numéro deux du gouvernement australien, Barnaby Joyce, a annoncé vendredi qu'il démissionnerait après une polémique sur sa liaison extra-conjugale avec une ex-collaboratrice et des accusations de harcèlement sexuel.


Et si la Russie était sauvée par sa jeunesse ? La victoire d'Alina Zagitova, 15 ans, en patinage artistique, est la meilleure publicité que le pays banni pouvait s'offrir vendredi aux JO-2018, à la veille de la décision du CIO sur sa réintégration ou non dans le giron sportif.

La France, sans médaille vendredi matin, attendra elle la soirée localement - la mi-journée en métropole - pour espérer voir un nouveau triomphe de Martin Fourcade.

Le biathlète devenu le sportif français le plus titré de l'histoire des JO dispute sa dernière course des Jeux, avec le relais messieurs, à partir de 20h15 (12h15 en France).

C'est fait ! Une Athlète olympique de Russie (OAR) a enfin réussi à décrocher une médaille d'or, au 14e jour de compétition. Une longue attente en rien comparable avec la réussite russe d'il y a quatre ans à Sotchi, avant que le scandale de dopage institutionnalisé n'éclate.

C'est la plus jeune des patineuses russes, Alina Zagitova qui, du haut de ses 15 ans - elle en aura 16 le 18 mai - a ouvert le compteur russe, devant sa compatriote Evgenia Medvedeva, 18 ans.

Zagitova a enchanté les juges dans sa tunique rouge à strass dorés sur la musique du ballet Don Quichotte. Puis Medvedeva, double championne du monde, a produit un programme majestueux sur le thème du film Anna Karénine, qui lui a valu le même score que sa compatriote (156,65) dans ce programme libre.

Mais la plus jeune des deux a gagné grâce à son programme court parfait de mercredi.

La Française Maé Bérénice Meite a elle pris la 19e place générale, avec 159,92 pts au total.

Zagitova devient ainsi la deuxième plus jeune patineuse à remporter l'or olympique, derrière l'Américaine Tara Lipinski qui avait quelques semaines de moins lors de son titre en 1998.

Elle recevra dans la soirée à Pyeongchang sa médaille d'or, et le moment sera particulier: pas d'hymne et pas de drapeau russes, remplacés par les attributs olympiques.

- Ô Canada -

Ce sera peut-être la seule fois des Jeux, si la Russie obtient samedi sa réintégration. Les discussions prendront corps dans l'après-midi et la commission exécutive du CIO, le gouvernement de l'instance, rendra une recommandation. Celle-ci sera ensuite entérinée formellement dimanche matin par les membres du CIO réunis en session.

Placés sous le signe de la détente entre les deux Corées, ces Jeux pourraient donc également l'être entre le CIO et la Russie. Et permettre aux Russes de défiler officiellement sous leurs couleurs dimanche soir lors de la cérémonie de clôture.

Si tel était le cas, il ne serait alors pas surprenant de voir la jeune Zagitova être la porte drapeau de cette renaissance...

La matinée de vendredi a par ailleurs été marquée par la domination, une nouvelle fois affichée, du Canada sur le skicross.

Les dames ont réalisé un doublé avec Kelsey Serwa en or devant Brittany Phelan en argent, la Suissesse Fanny Smith récoltant le bronze.

Deux jours après le sacre de Brady Leman chez les messieurs, la mainmise du pays à la feuille d'érable sur cette discipline est totale.

La déception était palpable dans le camp français: en pleurs dans l'ère d'arrivée après son élimination en demi-finales, Alizée Baron a su se ressaisir pour remporter la petite finale et se classer 5e de l'épreuve. Sa compatriote Marielle Berger Sabbatel n'avait pas franchi le cap des quarts de finale.


La société mère de Snapchat a perdu jeudi 1,3 milliards de dollars (1,05 milliards d'euros) à la suite d'un tweet de la star de la téléréalité Kylie Jenner disant qu'elle n'utilisait plus l'application gratuite de partage de photos et vidéos.

"Est-ce que quelqu'un d'autre n'ouvre plus Snapchat ? Ou c'est juste moi... euh, c'est tellement triste", a tweeté Jenner, qui compte plus de 24,5 millions d'abonnés sur son compte Twitter.

Un peu plus tard, la demi-soeur de la non moins célèbre Kim Kardashian a tweeté "je t'aime toujours snap ... mon premier amour".

Trop tard, les dégâts étaient déjà faits: les actions de Snap Inc. ont chuté de plus de 6%, ce qui représente une perte d'environ 1,3 milliard de dollars en valeur boursière.

Jenner est suivie par des millions de personnes sur Twitter comme sur Instagram.

Elle a donné naissance ce mois-ci à une fille et l'annonce de sa grossesse, sur son compte Instagram, a été l'un des posts les plus "liké" depuis la création de ce réseau social.


Jouer à un jeu vidéo en salle de classe? C'est permis et même obligatoire dans cette école en Chine, où les élèves sont formés pour devenir des professionnels du sport électronique ("eSport"), un secteur en plein boom mondial.

"Punaise, je suis mort!", s'exclame un élève en pleine partie devant son ordinateur. A ses côtés, des dizaines de garçons âgés de 14 à 23 ans tapotent sur leur clavier, le regard rivé sur un écran plat: le cours a débuté au lycée technique Lanxiang, à Jinan (est).

L'eSport est devenu une discipline professionnelle, avec des joueurs qui se disputent des sommes d'argent lors de tournois organisés dans des salles, voire des stades. Ces compétitions, également diffusées sur internet, sont parfois suivies par des millions de personnes.

En 2018, le secteur devrait générer 906 millions de dollars (732 millions d'euros) de chiffre d'affaires à l'échelle mondiale (+38,2% sur un an), selon le cabinet spécialisé Newzoo, la Chine représentant 18% du total. Dans ce pays, 260 millions de personnes jouent à des jeux d'eSport ou regardent des compétitions, d'après la firme chinoise iResearch.

Le lycée Lanxiang, réputé pour sa formation de... conducteur de pelleteuse, forme à plusieurs métiers: cuisinier, mécanicien, coiffeur, soudeur ou informaticien. La section eSport, lancée en septembre, compte environ 50 élèves.

"Au départ, les parents pensaient que ça consistait uniquement à jouer aux jeux vidéos", raconte Rong Lanxiang, le directeur de l'établissement.

"Une partie des cours, c'est bien sûr la pratique des jeux vidéos. Mais on forme les élèves à tous les métiers du secteur", corrige le professeur Yang Xiao, 26 ans.

Ce secteur est aujourd'hui "un facteur de croissance économique" et "ne peut plus être ignoré", relève le directeur. "Notre école s'adapte au marché."

Selon le cabinet chinois CNG, l'eSport en Chine emploie 50.000 personnes, mais il en faudrait 260.000 de plus pour combler toutes ses offres d'emplois.

- 'Je n'aime que jouer' -

En attendant, les élèves - tous des garçons - s'entraînent dans une salle de classe à l'odeur de vestiaire, sur de célèbres jeux de type arène de bataille (League of Legends) ou de tir à la première personne (PlayerUnknown's Battlegrounds, Overwatch, Counter Strike).

"Je n'ai pas envie d'un autre travail. Je n'aime que le jeu. L'eSport, c'est un secteur nouveau avec des débouchés prometteurs", déclare Teng Xin, 22 ans, qui explique jouer une grosse vingtaine d'heures par semaine. "Je ne veux pas devenir joueur professionnel. Je suis déjà trop vieux pour ça. Mais j'aimerais devenir entraîneur d'équipe professionnelle de League of Legends."

Le professeur Yang Xiao, diplômé de chimie et ex-entraîneur d'un club d'eSport, passe entre les rangées d'élèves pour prodiguer ses conseils.

"On s'adresse à des jeunes. A leur âge, ils ne sont pas autonomes et n'ont pas d'habitudes de travail très organisées. Ils ont besoin de quelqu'un pour les diriger", explique-t-il.

Les études durent trois ans. Après une première année commune, avec 50% de pratique et 50% de théorie, les élèves sont séparés. Les meilleurs sont formés pour devenir joueurs professionnels, les autres apprennent la gestion du eSport: organisateur de compétitions, intendant d'équipe, décorateur de scènes pour les tournois, entraîneur, promoteur de jeux vidéos...

- Foot ou eSport ? -

Song Jinze, 16 ans, explique timidement qu'il veut devenir présentateur. Certaines compétitions sont suivies par des millions de personnes et, à l'image d'un match de boxe ou de football, elles nécessitent des commentaires en direct.

"Au début, mes parents étaient contre. En Chine, les mentalités sont encore traditionnelles. Mais j'ai utilisé tous les moyens de persuasion possibles. Finalement, ils ont cédé", raconte-t-il.

"Je pense que l'eSport, c'est vraiment du sport. Jouer, ça permet de renforcer ma vitesse de réaction et d'être plus adroit quand je tape sur le clavier."

Les frais de scolarité annuels sont d'environ 13.000 yuans (1.700 euros), un tarif raisonnable en Chine. Les joueurs les plus doués sont intégrés à l'équipe de l'école et dispensés de paiement.

L'établissement voit grand: il vise 1.000 élèves en eSport dans les années qui viennent.

En Chine, d'autres écoles ont ouvert des formations diplômantes: l'Université de la communication de Chine à Nankin (est) ou encore l'Université du film et de la télévision à Chengdu (sud-ouest).

A l'étranger, l'Université du Staffordshire (Angleterre) lancera en septembre une licence en trois ans sur le commerce et la promotion du eSport. L'Université des sciences appliquées de Kajaani (Finlande) et l'Université d'Etat de l'éducation physique, du sport, de la jeunesse et du tourisme à Moscou proposent déjà des cursus similaires.

Sans compter les innombrables écoles privées partout dans le monde, comme la eSport Academy à Nantes (France).

"A l'avenir, le sport électronique sera présent dans chaque famille. Ça deviendra plus populaire que le basket et le football", prédit l'étudiant Teng Xin.

"Pour pratiquer les sports traditionnels, il faut sortir et trouver un terrain. Il suffit d'un ordinateur pour pratiquer l'eSport à la maison."


L'adolescente russe Alina Zagitova a offert sa première médaille d'or à la Russie sous bannière olympique, en patinage artistique, vendredi à trois jours de la clôture des JO-2018 d'hiver de Pyeongchang.

Avec 239,57 points, Zagitova, 15 ans, a devancé sa compatriote Evgenia Medvedeva, 18 ans, créditée de 238,26 points, les deux patineuses étant inscrites en tant qu'Athlètes olympiques de Russie (OAR) suite à la suspension de leur pays par le CIO pour dopage institutionnalisé.


Le jeune Clément Noël, 20 ans, étonnant 4e du slalom, a été retenu pour accompagner Alexis Pinturault et Julien Lizeroux dans l'épreuve par équipes qui refermera samedi le programme de ski alpin des Jeux olympiques de Pyeongchang, a annoncé vendredi l'encadrement français.

Dans cette épreuve mixte disputée sur des parcours de slalom parallèle, l'équipe française comptera également dans ses rangs Tessa Worley, Nastasia Noëns et Adeline Baud-Mugnier.

Les Françaises n'ont remporté aucune médaille en ski alpin durant ses Jeux. Worley, pourtant favorite du géant et championne du monde en titre, a terminé à une décevante 7e place.

Déjà en argent en combiné et en bronze en géant, Pinturault pourrait de son côté ajouter une 3e médaille à sa belle moisson sud-coréenne. Médaillé de bronze en combiné, Victor Muffat-Jeandet, n'a pas été retenu après sa 6e place du slalom jeudi, et donc devancé par Clément Noël (4e), qui pour ses premiers JO est passé à 4/100e de la médaille de bronze.

Alors que l'épreuve par équipes figure pour la première fois au programme olympique, les Français étaient devenus champions du monde de la spécialité l'an passé à St-Moritz, en battant en finale la Slovaquie.

Dans l'équipe tricolore figurait alors Mathieu Faivre, 7e en géant dimanche mais qui été renvoyé en France pour raison disciplinaire, pour manquement à l'esprit d'équipe.

La Suède, qui avait pris la 3e place l'an passé en Suisse, fera figure de favorite après avoir mis la main sur les deux titres olympiques en slalom grâce à Andre Myhrer et Frida Hansdotter.


Ni podium ni même finale: les Bleues du skicross n'ont pas eu plus de succès vendredi que les garçons mercredi et quatre ans après le triplé masculin de Sotchi, les JO de Pyeongchang se terminent sur un constat d'échec pour l'équipe de France.

Il faudra donc se contenter de la 6e position d'Arnaud Bovolenta et de la 5e place d'Alizée Baron, loin des objectifs annoncés, loin des trois médailles de 2014 et loin des Canadiens, titrés chez les garçons avec Brady Leman et auteurs d'un doublé vendredi avec Kelsey Serwa et Britanny Phelan.

"C'est pas top. On est venus chercher des médailles et on rentre sans. On va réfléchir à ce qui n'a pas fonctionné", a expliqué le chef de l'équipe de skicross Michel Lucatelli après la petite finale remportée par Alizée Baron pour la 5e place.

Chez les femmes, les malheurs avaient débuté dès lundi avec la grave blessure d'Ophélie David, hors-course avant même d'avoir débuté ses derniers Jeux.

Après des 8es de finale sans histoire, c'est ensuite Marielle Berger-Sabbatel qui a été éliminée dès les quarts de finale dans une manche où évoluaient la Suissesse Fanny Smith, future médaillée de bronze, et la Suédoise Sandra Naeslund, leader de la Coupe du Monde et finalement 4e vendredi.

"Ca le fait pas. Mon quart était relevé et il ne fallait pas se planter. C'est comme ça, c'est les joies de la qualification. Il me manque juste un départ correct", a estimé la skieuse des Arcs, qui était arrivée en Corée du Sud en grande forme et visait le podium.

- 'Six ans magnifiques' -

Sur un parcours ralenti par la neige fraiche tombée dans la nuit, Alizée Baron a elle poursuivi son parcours un tour de plus, jusqu'en demi-finales, où elle a été éliminée pour avoir manqué une porte en tentant de faire l'intérieur à une de ses rivales.

"Il m'a manqué quelques centimètres mais je n'ai pas de regrets de l'avoir tenté parce que si je vais de l'autre côté, je finis 4e et loin derrière", a-t-elle raconté.

"S'il y a des regrets, c'est parce que j'étais là pour la médaille. Mais je suis contente de ma journée, j'ai skié à mon meilleur niveau. Je suis heureuse d'en être arrivée là. C'est le skicross, il ne manque rien pour aller en finale et accrocher quelque chose", a-t-elle ajouté.

Le triste bilan des Bleus du skicross à Pyeongchang pose tout de même question alors que plusieurs médailles étaient espérées. Mais athlètes et encadrement gardaient confiance "en la force de cette équipe", selon les mots de Baron.

"On a vécu six ans magnifiques avec ces athlètes-là. Il y a eu bien sûr le triplé à Sotchi, des victoires en Coupe du Monde. On a écrit une page d'histoire du skicross au niveau mondial", rappelait Lucatelli.


Plus de 400 civils, dont une centaine d'enfants, ont été tués depuis dimanche dans l'enclave rebelle de la Ghouta orientale par d'intenses bombardements du régime syrien, tandis que son allié russe a retardé à l'ONU une résolution en faveur d'une trêve humanitaire, qui pourrait être soumise vendredi.

Pour la cinquième journée consécutive, les forces du président Bachar al-Assad ont soumis jeudi à un déluge de feu cette région qu'elles assiègent aux portes de Damas, une campagne dévastatrice qui annonce une offensive terrestre pour la reconquérir.

Des ONG, organisations internationales et gouvernements se sont dits horrifiés par l'ampleur de ce pilonnage, d'une rare violence dans un pays pourtant ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340.000 morts.

Dans la Ghouta orientale, où quelque 400.000 habitants tentent de subsister, le coût humain et les destructions sont colossales.

Un correspondant de l'AFP a vu des mares de sang sur la route menant à un hôpital de la ville de Douma. A l'hôpital, des corps enveloppés de linceuls blancs, dont ceux de deux enfants, gisaient au sol.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 416 civils, dont 95 enfants, ont été tués depuis le début dimanche de cette campagne de bombardements.

- 'Situation insoutenable' -

Jeudi à New York, l'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia a annoncé qu'il n'y avait "pas d'accord" entre les membres du Conseil de sécurité pour imposer un cessez-le-feu humanitaire d'un mois, négocié depuis plus deux semaines.

Washington et Paris se sont élevés contre la position russe, l'ambassadeur français François Delattre évoquant une "situation insoutenable" pour les civils.

Son homologue suédois, Olof Skoog, a dit espérer une mise au vote vendredi du projet de résolution sur un cessez-le-feu, rédigé par son pays et le Koweït.

La porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert, a dénoncé jeudi la "responsabilité particulière" de Moscou, assurant que "sans le soutien apporté par la Russie à la Syrie, cette dévastation et ces morts n'auraient pas eu lieu".

Moscou utilise régulièrement son droit de veto pour protéger le régime syrien à l'ONU.

- 'Campagne d'annihilation' -

Les condamnations internationales se sont multipliées, en vain.

Le patron de l'ONU Antonio Guterres a dénoncé un "enfer sur Terre" et le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra?ad Al Hussein, a appelé à la fin d'une "monstrueuse campagne d'annihilation".

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a réclamé un accès à la Ghouta orientale pour porter secours aux blessés, qui meurent selon lui faute de soins immédiats et de matériel médical.

"Le régime prétend viser des groupes armés mais en vérité il ne vise que les civils!", s'est insurgé Ahmed Abdelghani, médecin dans les hôpitaux bombardés de Hammouriyé et Arbine. "C'est un hôpital civil, pourquoi le régime nous vise-t-il?"

Ces trois derniers jours, 13 hôpitaux de la Ghouta orientale où intervient l'ONG Médecins sans frontières ont été touchés, selon l'organisation.

Au moins 59 civils sont morts jeudi dans des raids aériens et des tirs de roquettes visant plusieurs localités, notamment Douma, la grande ville de la Ghouta, où 37 personnes ont péri, selon l'OSDH.

L'Observatoire a affirmé que l'aviation de la Russie, alliée du régime, avait participé aux raids.

Dans la localité de Hammouriyé, un autre correspondant de l'AFP a vu des habitants se presser devant un magasin pour acheter de la nourriture avant de prendre la fuite quand des obus ont explosé à proximité.

- Offensive 'd'envergure' -

Le régime cherche à reprendre la Ghouta orientale, pour, dit-il, stopper les tirs de roquettes sur Damas. Selon le quotidien syrien Al-Watan, une offensive terrestre "d'envergure peut commencer à tout moment".

Depuis dimanche, 16 personnes ont été tuées à Damas, bastion du régime, par des tirs d'obus et de roquettes des rebelles depuis la Ghouta orientale, selon les médias d'Etat et l'OSDH.

Selon le représentant syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, "des centaines de roquettes et de mortiers" se sont ainsi abattus jeudi sur Damas.

Un enfant a été tué jeudi par un tel tir, selon l'agence officielle Sana.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a assuré que Moscou avait proposé aux combattants de la Ghouta orientale d'évacuer le secteur mais que des jihadistes et leurs alliés avaient "catégoriquement rejeté cette proposition".

Depuis le début en 2011 de la guerre en Syrie, plusieurs zones rebelles, comme la vieille ville de Homs en 2012 ou Alep en 2016, ont été écrasées par des bombardements et un siège étouffant pour forcer les combattants antirégime à déposer les armes.

Le conflit en Syrie a d'abord opposé les rebelles au régime puis s'est complexifié avec l'implication de groupes jihadistes et de puissances étrangères.

Avec l'intervention de la Russie en 2015, le régime d'Assad, qui était en mauvaise posture, a réussi à reprendre le contrôle de plus de la moitié du territoire.


Les dirigeants européens vont débattre vendredi pour la première fois, à 27, du budget de l'UE après 2020 et le départ du Royaume-Uni, et se pencher sur le mode de désignation du successeur de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission, un enjeu qui divise.

Les grands projets de l'UE pour se réinventer après le retrait britannique, dont le président français Emmanuel Macron s'est fait l'un des hérauts, vont être confrontés aux dures questions d'argent et de souveraineté.

Après avoir fait face à des défis inédits ces dernières années, en matière de sécurité intérieure ou d'accueil de migrants, l'UE est prête à se doter des moyens financiers pour y répondre à l'occasion de son prochain "Cadre financier pluriannuel" (CFP).

"Le budget de l'UE a toujours été un sujet qui crée des divisions. Cela le restera avec le départ du Royaume-Uni, il y aura peut-être un peu moins de divisions", a ironiquement noté un haut responsable européen sous couvert de l'anonymat.

Mais se pose la question du financement de ces nouvelles mesures alors que le budget de l'UE va perdre l'un des ses principaux contributeurs, soit environ 10 milliards d'euros par an selon le Conseil européen, l'instance qui regroupe les Etats membres.

Selon une autre source européenne, il s'agit d'un "exercice inédit" pour le Conseil puisque la Commission européenne ne mettra ses propositions sur la table que début mai. Sous la forme d'une "discussion politique" qui doit fournir quelques pistes à l'exécutif européen.

Pour ce budget post-2020 --le CFP actuel court sur 7 ans: de 2014 à 2020--, l'idée de la Commission est de décider des priorités, puis d'ajuster le budget en conséquence.

Il faudra faire des choix, a d'ores et déjà prévenu Bruxelles. L'essentiel du budget de l'UE, environ 70%, est pour l'instant consacré aux piliers historiques de l'Union: la politique de cohésion, visant à permettre aux régions les plus pauvres de rattraper leur retard, et la politique agricole commune (PAC).

"Il y a les pays qui ne veulent pas payer plus et ceux qui ne veulent pas recevoir moins", a résumé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Selon le haut responsable européen, la plupart des Etats membres sont d'accord pour soutenir l'idée d'une augmentation de leur participation, mais "ceux qui sont sceptiques ou contre sont très déterminés".

"Le débat se concentrera sur les priorités mais une discussion sur les ressources est inévitable", a-t-il estimé.

-Futur agenda-

Le départ du Royaume-Uni soulève un débat au sein de l'UE sur son avenir, et les 27 ont d'ailleurs déjà prévu de se retrouver en mai 2019 à Sibiu (Roumanie), pour préparer leur futur "agenda stratégique" pour la période 2019-2024.

Le sommet de Sibiu, sous présidence roumaine, se tiendra juste avant l'élection d'un nouveau Parlement européen et la formation d'une nouvelle Commission, dont le président, successeur de l'emblématique Jean-Claude Juncker, sera nommé par le Conseil avec l'aval des eurodéputés.

Cet agenda "sera notre contribution pour la prochaine Commission. Alors nous devrons voir qui est la meilleure personne pour l'appliquer, et qui pourra aussi obtenir le soutien de la majorité du Parlement", a expliqué une autre source européenne.

Or le Parlement actuel vient de lancer un message très clair aux 27 Etats membres, exigeant que le candidat qu'ils choisiront en 2019 pour diriger l'exécutif européen soit l'une des "têtes de liste" (ou "Spitzenkandidat" selon le terme allemand qui s'est imposé dans les institutions) sélectionnées par les partis politiques européens.

Les dirigeants des 27 "n'ont pas besoin d'avoir un conflit grave avec le Parlement" à propos des "Spitzenkandidaten", mais ils ne souhaitent pas rendre une telle règle automatique, a expliqué le haut responsable européen.

Le président Macron, dont l'opposition à cette procédure est connue, suivra attentivement aussi les discussions sur les listes transnationales aux élections européennes, idée toutefois enterrée par le Parlement pour le scrutin de 2019.

M. Macron doit par ailleurs présenter à ses homologues les "débats citoyens" sur l'avenir de l'UE qu'il entend mettre en place, une des mesures phares de sa campagne, qui a été bien reçue par la quasi totalité des Etats membres.


Edouard Philippe présente vendredi à Lille un nouveau plan contre la radicalisation jihadiste, un domaine où les autorités avancent encore à tâtons trois ans après les attentats de janvier 2015.

Au terme d'un comité interministériel rassemblant dans la matinée une dizaine de membres du gouvernement, dont Nicole Belloubet (Justice), Gérard Collomb (Intérieur), Jean-Michel Blanquer (Education) et Laura Flessel (Jeunesse), le Premier ministre, en déplacement dans le Nord depuis jeudi, doit dévoiler à la mi-journée un "plan national de prévention de la radicalisation", promis en octobre par Emmanuel Macron qui comportera une soixantaine de mesures, selon Matignon.

Le volet le plus attendu concerne les prisons; c'est la violente agression d'un surveillant par un détenu radicalisé à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) qui avait déclenché le vaste mouvement de protestation des gardiens en janvier.

Sur près de 70.000 détenus en France, 512 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits de terrorisme. Par ailleurs, 1.139 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés".

Le gouvernement veut prévenir la "contagion". Selon des sources gouvernementales, le Premier ministre doit annoncer des mesures renforçant "l'étanchéité" entre les détenus radicalisés et les autres, ainsi qu'une meilleure détection et répartition, pour décongestionner les maisons d'arrêt d'Ile-de-France où sont incarcérés 60% des détenus poursuivis pour actes de terrorisme.

Avant la réunion gouvernementale, Mme Belloubet doit se rendre tôt vendredi matin dans la prison voisine de Lille-Annoeullin, où se trouve un quartier pionnier de prise en charge de la radicalisation. Une des pistes pour éviter que les cadres prosélytes des réseaux jihadistes n'entrent en contact avec les détenus de droit commun.

Concernant les mineurs de retour de zones de guerre jihadiste, le Premier ministre devrait notamment lancer le chantier de la professionnalisation des personnels amenés à prendre en charge des "lionceaux du Califat" de retour de Syrie ou d'Irak après avoir été embrigadés par l'organisation Etat islamique.

Au dernier pointage officiel, 68 mineurs, en quasi-totalité de moins de 13 ans, sont de retour en France. Quelque 500 seraient encore au Levant.

- 'désengagement' -

Mais l'exécutif a aussi pris soin de développer un large volet de prévention, conscient que la "déradicalisation" ou, vocable plus prudent, le "désengagement", s'avèrent très difficiles.

Les difficultés des autorités françaises à trouver une parade efficace avaient été symbolisées par l'échec du premier centre de "déradicalisation", en Indre-et-Loire, qui n'avait accueilli personne car il était basé sur le volontariat.

Sur un volet éducatif, outre des mesures de soutien à la laïcité à l'école et d'éducation aux médias (anticomplotisme...), l'exécutif devrait confirmer son soutien à une proposition venue du Sénat de durcir les conditions d'ouverture d'établissements scolaires hors contrat, afin de combattre l'émergence de structures islamistes.

En appui de la campagne "Stop Jihadisme" lancée en 2016, l'exécutif réfléchit aussi à des dispositifs de contre-discours plus ciblés, ou encore à mieux coordonner les alertes sur la radicalisation dans les structures psychiatriques.

Un volet du plan doit également favoriser une meilleure détection des cas de radicalisation, chez les élèves, parmi les fonctionnaires ou encore dans le sport, selon des sources proches de l'exécutif.

Après la présentation du plan à la préfecture de Lille, Edouard Philippe doit clore son déplacement nordiste vendredi après-midi dans une usine près de Roubaix et sur le campus de l'Edhec, la grande école de commerce lilloise.

Aux côtés du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et du secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne qui pilotent le commerce extérieur français depuis le Quai d'Orsay, il doit annoncer des mesures pour relancer les exportations françaises, gros point noir de l'économie nationale, en favorisant notamment l'apprentissage de l'anglais et en instaurant des guichets uniques.

Le déficit commercial français s'est nettement dégradé en 2016 et 2017, pour atteindre 62,3 milliards d'euros l'an dernier.


Quatre jours après l'attaque d'une école à Datchi, la plus grande confusion régnait dans cette ville du nord-est du Nigeria, où des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et habitants, toujours sans nouvelles des dizaines de jeunes filles portées disparues.

La police a affirmé mercredi que 111 élèves de l'internat pour filles de Dapchi manquaient à l'appel depuis une attaque menée par des combattants du groupe jihadiste Boko Haram lundi soir.

Leur disparition a ravivé la crainte d'un "nouveau Chibok", du nom de la ville de l'Etat voisin du Borno où Boko Haram avait enlevé 276 élèves d'un internat en avril 2014, provoquant une vague d'indignation mondiale.

"Le choix des cibles de Boko Haram, des écoles, des marchés et des lieux de culte, reflète la cruauté des organisations terroristes", a estimé jeudi la porte-parole du département d'État américain, Heather Nauert.

Le gouverneur de l'Etat de Yobe, Ibrahim Gaidam, a finalement expliqué jeudi aux parents des élèves manquantes qu'elles n'avaient pas été "sauvées" par l'armée, comme l'avait annoncé son porte-parole la veille au soir.

"Personne n'a vu ces filles être emmenées dans des véhicules, il est possible que certaines d'entre elles aient croisé des motocyclistes en fuyant et qu'ils les aient emmenées quelque part", a déclaré M. Gaidam au cours de sa visite dans la résidence du chef de la communauté.

Face à ces annonces contradictoires, des jeunes en colère ont alors dressé des barricades et incendié des pneus sur la route, caillassant le convoi du gouverneur, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs véhicules ont été endommagés par les jets de pierre, tandis que la police et les soldats pourchassaient la foule.

Le gouvernement de Yobe avait été le premier à confirmer officiellement un enlèvement.

- Les circonstances restent floues -

Mais les circonstances exactes de l'attaque et même le nombre de filles disparues restent très flous, la plupart des enseignants et élèves de ce pensionnat de plusieurs centaines de lits ayant fui dans l'obscurité à travers la brousse pour échapper aux jihadistes en entendant des coups de feu.

Une délégation du gouvernement fédéral a fait le déplacement à l'école - où elle a passé moins d'une heure - depuis la capitale Abuja, afin de rencontrer le gouverneur et des commandants militaires, avant de repartir en hélicoptère.

Le ministre de l'Information, Lai Mohammed, n'a pas fourni beaucoup plus d'explications, précisant seulement que "certaines (élèves) ont téléphoné depuis leur cachette (...) d'autres ont téléphoné depuis d'autres endroits".

"Nous ne pouvons pas affirmer catégoriquement que +tant+ de filles ont été enlevées, mais nous pouvons dire que toutes ne sont pas revenues", a-t-il déclaré aux journalistes présents à Dapchi.

Inuwa Mohammed, dont la fille de 16 ans, Falmata, est portée disparue, s'est dit "dévasté par la tournure des évènements", affirmant que sa femme venait d'être admise à l'hôpital après s'être évanouie.

"Je m'étais réveillé avec le fort espoir de retrouver ma fille et ma femme avait préparé un accueil chaleureux, tout ça pour entendre (...) que toute cette histoire n'a été qu'une rumeur", a-t-il raconté.

- 'J'ai entendu les filles crier' -

Si les jeunes filles ne sont pas retrouvées rapidement, ce sera un camouflet pour le président Muhammadu Buhari, élu en 2015 sur la promesse de mettre fin à l'insurrection de Boko Haram.

Selon des habitants, les insurgés, lourdement armés, ont attaqué lundi soir la localité de Dapchi, tirant en l'air et faisant exploser des grenades.

Les assaillants "sont restés moins d'une heure de temps", a raconté Muhammad Kabo, un vendeur de thé, qui a dit avoir vu "environ neuf véhicules" se diriger vers l'école. Un peu plus tard, "j'ai entendu les filles crier dans le camion et il était clair qu'ils en avaient enlevé certaines", a-t-il ajouté.

Safai Maimagani, autre résident de Dapchi, a expliqué qu'un "groupe de combattants, habillés avec des uniformes de l'armée et des turbans noirs, blancs et rouges, ont demandé à un vendeur de rue de les conduire jusqu'à l'école."

Le groupe jihadiste, dont le nom signifie "l'éducation occidentale est un péché", mène depuis 2009 une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria. Ses attaques, et la répression par l'armée, ont fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés. Il a kidnappé des milliers de personnes, dont des femmes et des enfants.

C'est l'enlèvement de 276 lycéennes à Chibok qui avait donné au groupe jihadiste une tragique notoriété sur la scène internationale.

Cinquante-sept des lycéennes étaient parvenues à s'enfuir rapidement et, depuis mai 2017, 107 autres se sont évadées ou ont été libérés en vertu d'un accord passé entre le gouvernement et Boko Haram.


Martin Fourcade, qui convoite une 4e médaille d'or aux JO-2018, partira en 3e position du relais français vendredi lors de l'ultime course des épreuves de biathlon à Pyeongchang, a-t-on appris auprès de l'encadrement bleu.

Le quintuple champion olympique sera précédé de Simon Desthieux et du jeune Emilien Jacquelin (22 ans), préféré à Quentin Fillon-Maillet, en difficulté sur ces Jeux. Antonin Guigonnat fermera la marche pour le relais tricolore.

Cette formule, avec Fourcade en 3e relayeur, avait déjà été tentée avec une certaine réussite cette saison en Coupe du monde à Ruhpolding, le 12 janvier: la France avait terminé 2e derrière la Norvège de Johannes Boe, qui fait figure de grande favorite de la course de vendredi.

En cas de nouvelle médaille, Fourcade égalerait le record de 8 podiums aux JO des escrimeurs Philippe Cattiau (entre 1920 et 1936) et Roger Ducret (entre 1920 et 1928). S'il réussit l'exploit de glaner l'or, il rejoindrait dans les annales le mythique Norvégien Ole-Einar Bjoerndalen, seul biathlète à avoir gagné 4 courses au cours d'une même édition des Jeux olympiques, en 2002 à Salt Lake City.


Plus de la moitié au moins des océans est exploitée par de grands chalutiers industriels, en particulier battant pavillon chinois, selon une étude publiée jeudi qui se base sur des observations depuis l'espace, une première.

Les scientifiques, dont les conclusions sont présentées dans la revue Science, ont utilisé des données satellites pour traquer la pêche industrielle et ont conclu qu'au moins 55% de la surface des océans dans le monde était ratissée.

Mais "la superficie totale pêchée est probablement plus élevée", potentiellement jusqu'à 73%, car certaines parties du monde ne sont pas visibles faute de bonne couverture satellite.

Les navires de cinq pays -Espagne, Taïwan, Japon, Corée du Sud et Chine- représentent plus de 85% des grands chalutiers industriels. La moitié battent pavillon chinois.

"Les hommes pêchent dans les océans de la planète depuis 42.000 ans mais, jusqu'à maintenant, nous n'avions pas vraiment de vue d'ensemble sur où et quand les gens pêchaient", a souligné auprès de l'AFP David Kroodsma, directeur recherche et développement de l'ONG américaine Global Fishing Watch.

Les importants sites de pêche "ont été observés dans le nord-est de l'Atlantique et le nord-ouest du Pacifique, ainsi que dans les régions riches en nutriments au large de l'Amérique du Sud et de l'Afrique de l'Ouest", selon les observations.

Ces données, visibles sur un site internet ad hoc, proviennent uniquement de grands navires équipés du Système d'identification automatique (SIA), qui fournit leur position par satellite afin d'éviter les collisions.

Par conséquent, "les petits navires qui attrapent la plupart des poissons capturés dans le monde, sur les eaux côtières, ne sont pas recensés car ils n'ont pas de transmetteurs satellite", a relevé Daniel Pauly, professeur à l'université canadienne de Colombie-Britannique, qui n'a pas participé à l'étude.

Le recueil de milliards de messages du SIA provenant des chalutiers industriels entre 2012 et 2016 a montré que la surface de la planète concernée par la pêche était quatre fois plus importante que la surface cultivée pour l'agriculture.

Selon M. Pauly, les données recueillies pourraient aider à façonner les règles internationales pour réduire la pêche illégale.

"Je pense que l'on peut pêcher dans les océans de manière beaucoup plus durable que la façon dont on pêche actuellement, et cette information peut aider en cela", a relevé M. Kroodsma.

L'industrie de la pêche représente 160 milliards de dollars. Les experts estiment que près d'un tiers des stocks mondiaux sont prélevés des océans à un rythme insoutenable.


Les Canadiennes ont dominé vendredi la finale du skicross des Jeux olympiques de Pyeongchang pour réaliser un doublé avec Kelsey Serwa en or devant Brittany Phelan en argent et la Suissesse Fanny Smith en bronze.

La déception était palpable dans le camp français: en pleurs dans l'ère d'arrivée après son élimination en demi-finales, Alizée Baron a su se ressaisir pour remporter la petite finale et se classer 5e de l'épreuve. Sa compatriote Marielle Berger Sabbatel n'avait pas franchi le cap des quarts de finale.

Si Serwa, âgée de 28 ans et médaillée d'argent il y a quatre ans aux JO de Sotchi, s'est rapidement détachée pour gérer tranquillement son avance, la bagarre a fait rage derrière pour les deux autres médailles.

Phelan, 26 ans et qui avait participé aux épreuves de ski alpin à Sotchi où elle avait terminé 15e du slalom, s'est finalement imposée après s'être frottée à ses deux autres adversaires.

Smith, 25 ans et médaillée d'argent aux Mondiaux 2017, a décroché la médaille de bronze aux dépens de la Suédoise Sandra Naeslund qui a été la grande perdante de cette ultime course palpitante.

A 21 ans, la championne du monde 2017 et leader de la Coupe du monde pouvait espérer mieux, mais c'est elle qui a cédé dans les corps à corps avec ses rivales.

Serwa succède ainsi à sa compatriote Murielle Thompson qui avait décroché l'or à Sotchi mais qui s'est inclinée dès les 8es de finale à Pyeongchang.


Le Français Gaël Monfils s'est qualifié jeudi pour les quarts de finale du tournoi ATP de Rio de Janeiro en venant à bout du Croate Marin Cilic, 3e joueur mondial, 6-3, 7-6 (10/8), dans un match interrompu mercredi alors qu'il était à deux points de la victoire.

La rencontre avait été stoppée mercredi par un violent orage alors que Monfils, 39e mondial, menait 6-3 et 6-6 (7/7) dans le jeu décisif. Le Français avait eu une balle de match.

Jeudi, Monfils a dû sauver une balle de set à 8/7 pour Cilic, mais il a ensuite aligné trois points pour conclure la partie au bout de 2 h et six minutes d'échanges.

Pour une place dans le dernier carré, Monfils, demi-finaliste à Buenos Aire la semaine passée, affrontera l'Argentin Diego Schwartzman, 23e mondial.


Le Suisse Stan Wawrinka, de retour cette saison d'une grosse opération au genou gauche qui l'avait écarté plusieurs mois du circuit ATP, a dû abandonner dès son entrée en lice jeudi soir au tournoi de Marseille, contre le Bélarusse Ilya Ivashka.

Selon le site officiel du tournoi, le Suisse de 32 ans, triple vainqueur en Grand Chelem retombé au 13e rang mondial, a ressenti une douleur à son genou opéré en août durant le 7e jeu du premier set, à 3-3, mais il a continué à jouer, perdant cette manche 6-4.

Le Vaudois, porteur d'une grosse cicatrice, espérait qu'il s'agisse de douleurs de reprise, ce match n'étant que son sixième de l'année 2018. Six jeux plus tard, la tête de série N.2 du tournoi marseillais a arrêté les frais, à 1-1 dans le deuxième set face à ce Bélarusse de 23 ans, 193e joueur mondial.

Au prochain tour, Ivashka rencontrera le Français Nicolas Mahut, 36 ans, 100e mondial, qui a battu jeudi le Luxembourgeois Gilles Muller, 28e mondial et tête de série N.6.


Avec son énorme cloche de laiton, à peine impressionnée, la vache "Haute", choisie pour être l'égérie du salon de l'Agriculture 2018, est arrivée jeudi soir à Paris sous les flashes des photographes.

L'animal de six ans, dont l'image est déjà affichée partout dans le métro et sur l'arrière des bus, est descendu du camion qui la transportait depuis Laguiole (Aveyron) avec quelques-unes de ses congénères pour participer au salon jusqu'au 4 mars, ont constaté les journalistes de l'AFP.

"C'est un grand honneur de représenter cette race de vache, qui vient de passer les 200.000 animaux", a affirmé Thibault Dijols son éleveur, arrivé quelques heures avant elle au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris, où se tient le salon.

Bottes de caoutchouc et bâton de berger à la main, M. Dijols salue le "travail collectif" qui permet à son animal de représenter les éleveurs cette année, après "Fine" une petite vache pie-noire bretonne l'an passé.

A peine sortie du camion, la vache, robe blond froment et yeux noirs sous ses cornes en lyre, a foulé la moquette encore bleue du salon pour rejoindre la stalle d'honneur qui lui est réservée et où toute la semaine elle va être chouchoutée, ainsi que son veau Olympe.

L'Aubrac est une vache allaitante élevée pour sa viande, qui met bas un veau par an environ, et originaire des plateaux du sud de l'Auvergne.

Aujourd'hui, elle s'exporte "partout dans le monde", explique à l'AFP Christian Valette, éleveur et patron du restaurant "la maison de l'Aubrac" à Paris, présent pour l'occasion, qui a des "rendez-vous" d'affaires avec des interlocuteurs chinois durant le salon pour exporter sa viande.

A condition que la levée de l'embargo chinois sur la viande française soit "effective" rapidement, comme l'a annoncé le président Emmanuel Macron lors de son récent voyage à Pékin.

"Nous avons de grands atouts sur le plateau, des vaches sans hormones, sans antibiotiques, nourries au foin de montagne, ce qui fait toute la palette aromatique de la viande" a remarqué M. Valette.

Les éleveurs "respectent leurs animaux, les conduisent jusqu'en fin de carrière en les bichonnant, ils entretiennent aussi le paysage, le territoire, les haies, ils préservent la flore et sont garants de l'équilibre du paysage" a-t-il noté. "Sinon, la végétation prendrait le dessus".


Indemnisation des démissionnaires, lutte contre la précarité, gouvernance... Voici les principaux points de l'accord sur l'assurance chômage finalisé jeudi par les partenaires sociaux et mis à la signature.

- Indemnisation des démissionnaires -

Les salariés qui démissionnent avec un "projet de reconversion professionnelle" pourraient bénéficier d'une indemnisation chômage, dont le montant et la durée seraient équivalents aux allocations chômage de droit commun.

Pour être éligible, il faudrait justifier, au minimum, d'une ancienneté "ininterrompue" de sept ans dans l'emploi et avoir un projet de reconversion nécessitant une formation qualifiante ou une formation complémentaire après une validation des acquis de l'expérience. Le projet devrait répondre "aux besoins du marché du travail".

Le caractère "réel et sérieux" du projet devrait être validé, en amont de la démission, par une "attestation" délivrée par une "commission paritaire régionale". En cas de refus, le salarié pourrait compléter son dossier dans un délai d'un mois et disposerait d'un "droit de recours amiable".

Le salarié devrait démissionner dans les six mois après avoir obtenu l'attestation et pourrait déposer une demande d'indemnisation à Pôle emploi.

Pôle emploi devrait ensuite contrôler la mise en oeuvre effective du projet, notamment au cours d'un "entretien de suivi approfondi" organisé au dernier mois de mise en oeuvre du projet. En cas de manquement, le versement des allocations serait interrompu. Dans ce cas, le demandeur d'emploi pourrait de nouveau demander une indemnisation quatre mois plus tard, en prouvant qu'il cherche activement un emploi.

Les partenaires sociaux se réuniraient au moins tous les 12 mois pour vérifier l'équilibre financier de la mesure, afin qu'elle ne dépasse pas de manière excessive 180 millions d'euros par an.

- Indemnisation des indépendants -

Le texte plaide pour un régime distinct de l'Unédic, "public" et "financé par l'impôt", "ouvert à tous les indépendants", qui bénéficieraient d'une prestation en cas de "liquidation judiciaire". Des "régimes privés" pourraient proposer, en sus, des "prestations complémentaires".

Il prévoit que les partenaires sociaux gardent la main concernant la protection sociale des "+nouveaux+ travailleurs", comme les travailleurs des plateformes (Uber, Deliveroo...), en créant un groupe de travail réunissant organisations syndicales et patronales, chargé de proposer, avant fin 2018, des évolutions réglementaires.

- Lutte contre les contrats précaires -

Toutes les branches professionnelles devraient ouvrir des négociations pour prendre des "mesures permettant de modérer le recours aux contrats courts et d'allonger les durées d'emploi" et des "mesures relatives à l'organisation du travail et à la gestion de l'emploi".

Les partenaires sociaux de branches devraient, "lorsque cela est possible", se fixer des "objectifs quantitatifs et qualitatifs", qui seraient contrôlés par un "groupe de suivi paritaire".

Les négociations devraient aboutir avant la fin 2018.

Le texte mentionne la menace du gouvernement d'instaurer un bonus-malus s'il juge insuffisantes les mesures prises par les branches. Cette épée de Damoclès fait partie intégrante de "l'équilibre" de l'accord, est-il précisé.

L'accord prévoit aussi la création d'un "outil de suivi statistique" pour mieux "caractériser" et "comprendre" les causes des fins de contrats courts.

- Gouvernance -

L'accord prévoit que la négociation paritaire continue de "définir en toute autonomie les règles d'indemnisation et le niveau de ressources nécessaires" du régime, avec l'objectif, à terme, de se passer de "la garantie financière accordée par l'Etat".

Il demande une "clarification" des rôles de la solidarité nationale ou de l'assurance chômage et suggère l'instauration d'une "conférence pour l'emploi" réunissant Etat et partenaires sociaux, qui fixerait des "objectifs communs au régime de solidarité", c'est-à-dire les minima sociaux, "et au régime assurantiel", c'est-à-dire l'assurance chômage.


L'Olympique de Marseille s'est qualifié pour les 8e de finale de l'Europa League mais a mal préparé le Clasico de dimanche sur le terrain du Paris SG en concédant à Braga (1-0) sa première défaite en 2018, jeudi.

Une entaille. L'OM a perdu pour la première fois depuis son faux-pas à Lyon (2-0), le 17 décembre. Heureusement qu'il avait fait le travail à l'aller (3-0).

Le Portugal ne lui réussit décidément pas: le champion d'Europe 1993 a perdu six fois et ramené un nul en sept déplacement en Lusitanie. Mais ce 1-0 fait moins mal que celui à Benfica en demi-finale de Coupe des champions 1990, avec la main de Vata...

Marseille a aussi perdu 1-0 trois de ses quatre derniers déplacements en C3, égalisant à la dernière seconde à Konyaspor (1-1). Il faudra voyager mieux pour aller plus loin en C3...

Pas assez impliqué, l'OM a concédé l'ouverture du score sur son point faible de jeudi soir, le côté gauche, où Hiroki Sakai a beaucoup souffert. Il ne peut empêcher Wilson Eduardo de servir le but à Ricardo Horta (31). Ce but sanctionnait une première période mollassonne face au finaliste de la C3-2011.

L'essentiel reste la qualification, mais il faudra montrer plus d'implication pour perturber les princes du Parc, avides d'effacer le Clasico de l'aller (2-2) et de préparer leur retour périlleux face au Real Madrid (3-1 à l'aller).

- Thauvin et Payet ménagés -

Yohann Pelé, amené à garder les buts de l'OM au Parc des Princes, Steve Mandanda n'étant probablement pas rétabli d'ici dimanche, ne s'est par exemple pas rassuré. S'il ne peut pas grand chose sur le but, où Adil Rami abandonne Rolando, sa relance criminelle sur Horta aurait pu coûter cher (70).

Finalement, Rudi Garcia a moins fait tourner son effectif qu'attendu, conservant sa charnière Rami-Rolando, son patron de l'entrejeu Luiz Gustavo, et sa pointe titulaire Valère Germain. Florian Thauvin (pour Germain, 73) et Dimitri Payet (pour Morgan Sanson, 84), ménagés, ne sont rentrés qu'en fin de match.

Face à cet espèce de laisser-aller de ses joueurs, l'entraîneur olympien a sorti à la pause un Clinton Njie à côté de ses crampons pour le remplacer par son compatriote Frank Anguissa, Maxime Lopez prenant le côté droit. Et l'OM s'est montré plus incisif tout de suite, enfin.

Valère Germain a eu au bout du pied la balle de la tranquillité, mais Matheus a réussi un double arrêt (50).

Le gardien portugais, déjà fiable à l'aller, a encore sorti une tête smashée d'Hiroki Sakai (64), puis un contre de Lucas Ocampos (68), qui aurait peut-être dû choisir la frappe du gauche, ou bien Valère Germain, bien placé.

Marseille a quand même globalement maîtrisé la seconde période, mais il lui faudra montrer bien plus à Paris.


La décision de suspendre pour deux mois les activités en Haïti d'Oxfam GB, branche britannique d'Oxfam International, après la révélation d'abus sexuels commis par certains de ses employés, révèle la volonté des autorités haïtiennes de contrôler davantage le secteur humanitaire.

"Haïti n'est plus cette république d'ONG", a déclaré Aviol Fleurant, ministre haïtien de la Planification et de la Coopération externe. "Nous ne plaisantons pas: la dignité du peuple haïtien n'a pas de prix", a-t-il ajouté jeudi à l'issue d'une rencontre avec Simon Ticehurst, directeur régional d'Oxfam International pour l'Amérique latine et les Caraïbes.

"Oxfam va continuer à travailler aux importants projets de reconstruction et de développement en Haïti, aidant les gens à travers d'autres affiliés (Italie, Espagne, Québec) mais nous anticipons que la suspension temporaire d'Oxfam GB aura un impact important", a indiqué une porte-parole de l'organisation, assurant que les responsables d'Oxfam International "se sont engagés à coopérer" avec les autorités haïtiennes.

L'ONG a rendu public lundi le compte-rendu de son enquête interne réalisée en 2011 au sujet de sa mission humanitaire en Haïti.

Un responsable a notamment reconnu avoir payé des prostituées tandis que d'autres employés sont accusés de harcèlement et d'intimidation. Un témoin dit avoir été menacé physiquement.

Une jeune Haïtienne a raconté au quotidien britannique The Times avoir eu une relation avec l'ancien directeur d'Oxfam en Haïti, Roland Van Hauwermeiren, alors qu'elle avait 16 ans et lui 61.

Sept employés d'Oxfam en Haïti ont quitté l'ONG dans le cadre de l'enquête interne: quatre ont été licenciés pour "faute grave" et trois autres ont démissionné, dont Roland Van Hauwermeiren.

M. Ticehurst avait présenté lundi les excuses de l'ONG aux autorités haïtiennes, en leur remettant ce rapport d'enquête, et aux Haïtiens.

-Faute institutionnelle-

Des compte-rendus internes avaient été envoyés à Londres au moment des faits mais les services judiciaires haïtiens n'ont découvert le scandale que grâce aux révélations dans la presse il y a une dizaine de jours.

Cette absence de communication avec les autorités haïtiennes a poussé le gouvernement à suspendre jeudi les activités de l'ONG pour deux mois, le temps que l'enquête soit menée sur le plan national.

Oxfam GB "n'a pas pris la responsabilité morale et éthique d'informer les autorités", a martelé M. Fleurant, déplorant une "faute institutionnelle" qui "a permis à d'éventuels prédateurs sexuels de quitter le pays, de s'affranchir du joug de la justice et, ainsi, Oxfam Grande-Bretagne a commis la faute d'entraver le droit des victimes à une réparation civile".

La décision de jeudi se veut être le signe d'un renforcement du contrôle des organisations humanitaires, salué par plusieurs organisations locales de défense des droits humains.

"C'est une bonne décision et c'est aussi un bon message lancé aux autres ONG qui fonctionnent dans le désordre en Haïti", a réagi Mario Joseph, avocat haïtien, membre du bureau des avocats internationaux.

Saluant cette fermeté affichée par les autorités, il est néanmoins resté prudent concernant l'issue de la procédure lancée par le ministère de la Planification.

"La montagne peut accoucher d'une souris si toutefois les capacités pour mener l'enquête ne sont pas mises à disposition, afin d'arriver à porter les gens devant la justice. Ça pourrait n'être que de la poudre aux yeux", a-t-il indiqué.

- Extradition envisagée -

Interrogé sur la difficulté éventuelle à traduire M. Hauwermeiren devant la justice haïtienne, M. Fleurant a assuré de sa fermeté face à ce scandale.

"Il peut y avoir extradition: on peut demander à ce qu'il soit amené en Haïti", a-t-il répondu.

Mais si une éventuelle procédure d'extradition n'aboutissait pas, "là où il sera jugé, on se portera partie civile ou on accompagnera les victimes pour qu'elles se portent partie civile", a assuré le ministre.

Les révélations de possibles agressions sexuelles sont une occasion pour le gouvernement de montrer sa volonté d'action et aussi d'afficher son unité.

"Si, au cours des deux mois de l'enquête, je trouve un lien entre les crimes commis et l'argent qu'Oxfam avait reçu comme aide au nom des Haïtiens, alors je ferais en sorte que le ministre des Affaires étrangères déclare, au nom du gouvernement, Oxfam Grande-Bretagne persona non grata" et elle "devra alors quitter le pays sans délais", a conclu Aviol Fleurant.


Les députés néerlandais ont fait un pas jeudi vers la reconnaissance du génocide arménien il y a un siècle, s'attirant les foudres de la Turquie dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux pays.

La chambre basse du Parlement néerlandais a massivement approuvé par 142 voix contre trois une motion proposant "que le Parlement parle en termes clairs du génocide arménien". Elle a également approuvé l'envoi d'un représentant du gouvernement à Erevan le 24 avril pour la commémoration des massacres perpétrés entre 1915 et 1917 sous l'Empire ottoman.

Sans surprise, la réplique d'Ankara ne s'est pas faite attendre: "Nous condamnons fermement la décision prise aujourd'hui par la chambre des représentants des Pays-Bas de reconnaître comme génocide les événements de 1915", déclare le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Turquie refuse catégoriquement l'utilisation du terme de "génocide", évoquant des massacres réciproques sur fond de guerre civile et de famine ayant fait des centaines de milliers de morts dans les deux camps.

L'exécutif néerlandais a de son côté pris ses distances avec la motion parlementaire. "Nous partageons toujours le désir de voir les parties impliquées se réconcilier, mais le gouvernement voit la manière d'y parvenir différemment que la motion proposée", a déclaré Sigrid Kaag, qui fait fonction de ministre des Affaires étrangères.

"Nous rendrons hommage aux victimes et aux proches de tous les massacres de minorités", a-t-elle dit, soulignant que le gouvernement ne jugera pas s'il s'agit ou non d'un génocide.

Après avoir reconnu en 2004 le caractère génocidaire des massacres et déportations survenus entre 1915 et 1917, l'exécutif néerlandais a toujours évoqué la "question du génocide arménien", ce qui restera le cas, a répété jeudi Mme Kaag.

- 'Aucune place dans l'Histoire' -

Les députés sont restés prudents en rejetant jeudi une motion du Parti pour la Liberté (PVV) du député d'extrême droite Geert Wilders proposant que le gouvernement reconnaisse le massacre comme étant un "génocide".

Les Arméniens estiment qu'un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique à la fin de l'Empire ottoman entre 1915 et 1917. Nombre d'historiens et plus de vingt pays, dont la France, l'Italie et la Russie, ont reconnu qu'il y avait eu un génocide.

Signe de l'irritation provoquée par le vote des députés néerlandais, Ankara a renvoyé les Pays-Bas au massacre de plus de 8.000 garçons et hommes musulmans à Srebrenica (Bosnie) en 1995, reconnu comme "génocide" par plusieurs décisions de la justice internationale. L'enclave de Srebrenica était sous protection de Casques bleux néerlandais et La Haye a été reconnu partiellement coupable du décès de 350 musulmans.

"Les décisions infondées prises par le Parlement d'un pays qui a fermé les yeux sur le génocide de Srebrenica (...) n'ont aucune place dans l'Histoire", a ainsi grincé le ministère turc des Affaires étrangères.

Le ministère turc indique également avoir "pris note" de l'attitude du gouvernement néerlandais qui s'est distancié de la motion votée par les députés.

Le vote des députés néerlandais jeudi survient alors que les relations bilatérales sont au plus bas depuis que les Pays-Bas ont annoncé début février le retrait de leur ambassadeur à Ankara, qui n'avait "plus accès à la Turquie depuis mars 2017", selon La Haye.

Le gouvernement néerlandais avait empêché en mars 2017 deux ministres turcs de s'exprimer lors d'un meeting organisé pour la communauté turque à Rotterdam (sud) à l'occasion de la campagne du référendum sur le renforcement des pouvoirs présidentiels.

Plus d'un siècle après les faits, la question du génocide des Arméniens est une source de tensions régulières entre la Turquie et les pays européens.