Lignes de Crêtes Lignes de crêtes

Site d’analyse et d’opinion collectif, internationaliste. Lignes de Crêtes s’assume politiquement bienpensant, antiraciste, antifasciste, spirituel, international, féministe et résolument contre l’antisémitisme et l’islamophobie.

Publié le 03.10.2019 à 10:03

Le Printemps Républicain veut avoir peur, mais surtout pas d’Eric Zemmour

Antonin Grégoire

Avoir peur ou ne pas avoir peur. C’est un peu le grand dilemme actuellement du Printemps Républicain face à ce que raconte Eric Zemmour et qui les touche en plein cœur. Le Printemps Républicain est composé de deux types de personnes: des Juifs qui ont peur, et des antisémites qui ont découvert qu’ils auraient le droit d’être antisémite tant qu’ils se prétendraient islamophobes. Tant que le “nouvel antisémitisme” ce sont les Musulmans, le vieil antisémitisme de Drieu ou de Céline peut se dérouler sur papier bible et se ranger proprement dans les bibliothèques, c’est l’idée maîtresse de ces courants. Vous me faites peur… et en fait non car vous n’aurez pas le pouvoir Et avec Zemmour ça coince car il est l’aboutissement ultime de la seconde logique, et qu’il faut alors ramer à contre courant pour convaincre ceux qui ont peur qu’ils doivent continuer d’avoir peur, mais des Musulmans, pas d’Eric Zemmour. Ainsi Raphaël Enthoven qui a bravement été mettre son ego comme rempart à la convention de la droite, sublime ce principe en commençant son discours par « vous me faites peur » et en le finissant par « en fait non ». Enthoven tente péniblement de se convaincre que cette convention de la droite ne lui fait pas peur car il y a le mot “droite” dans le titre, et qu’on aurait dépassé le clivage gauche / droite, remplacé, comme toujours, par un clivage libéral / souverainistes. Enthoven est persuadé qu’il est en fait face au P.S. et que, comme dans ses… Continuer la lecture
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Publié le 24.09.2019 à 00:36

Quittez votre mec, castrez le, et mangez vos enfants.

Lignes de Crêtes

Au vu de l’ambiance du moment, et des effets extraordinaires des titres un peu provocants, nous aurions tort de nous en priver pour introduire ce communiqué de solidarité avec le festival “Sortir de l’hétérosexualité” auquel participe notamment l’une de nos membres. De quoi s’agit-il exactement ? D’un évènement féministe tout à fait banal, d’un point de vue théorique. Est il besoin de préciser que personne n’obligera quiconque a quitter son mec et manger ses enfants ? Aux dernières nouvelles, les thérapies de conversion, ce sont des hétérosexuels qui les imposent a des homosexuel.les, pas l’inverse, mais cela ne provoque pas les mêmes réactions outrées et haineuses de celles et ceux qui s’attaquent à ce festival dans des termes inacceptables. Il s’agit de faire une critique qui est loin d’être nouvelle : le couple hétérosexuel est un espace d’exploitation de la force de travail des femmes, force de travail invisible comme telle car non rémunérée – ce que l’on appelle en langage plus policé l “inégale répartition des tâches ménagères”, ou encore le “devoir conjugal”. Qu’il y ait ou non de l’amour, pour son mec ou ses enfants, n’invalide pas cette analyse. Le modèle hétérosexuel, c’est à dire celui qui dévalorise des formes d’activités humaines essentialisées comme féminines est loin d’avoir des effets uniquement dans la sphère privée. Si les métiers dits du “care” par exemple sont encore en grande majorité occupés par des femmes, s’ils sont sous-payés, précaires, dévalorisés, ce n’est pas un hasard. Si encore aujourd’hui, l’idée selon laquelle… Continuer la lecture
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Publié le 19.09.2019 à 10:24

Antisionisme: le contresens romantique et antisémite sur le Bund

Logan Shafir

Je m’appelle Logan, je suis judéo-descendant, des actuelles Pologne, Bélarus, Ukraine et Crimée. Je voudrais vous parler du fantasme bundiste de l’extrême-gauche, avec le romantisme et l’antisémitisme qui sont liés à ce fantasme. Il faut d’abord bien comprendre de quoi nous parlons. Nous parlons de cendres. De cendres et de charniers. Des cendres des fours crématoires des centres d’exterminations nazis, et des charniers de la Shoah par balles. Nous parlons d’un monde disparu à jamais. Celui du yiddishland. Ou plutôt du fantasme du yiddishland. Le yiddishland n’était pas un territoire défini ; c’était un territoire parcellaire, une étendue sur laquelle des zones juives parlaient yiddish, et d’autres zones juives ne le parlaient pas. Pour anecdote, les Juifs de Serbie étaient majoritairement Séfarades (colonisation turque) et non yiddishophones. Des témoignages de Survivants des camps nazis font part du regroupement des Juifs par nationalité (Polonais, Hongrois, Russes, etc.) car ils ne parlaient pas la même langue. Croire que tous les Juifs de l’Est parlaient yiddish est un négationnisme historique. Il est important de se souvenir de cela pour la suite. Le Bund. Ce parti qu’une frange de l’extrême-gauche revendique comme les « bons Juifs » face aux sionistes, les « mauvais Juifs ». Mais qu’était-ce que le Bund ? Un parti nationaliste intérieur juif social-démocrate, opposé au sionisme et au bolchévisme. Un parti « austromarxiste » (tout comme le Hashomer Hatzaïr, ou le très sioniste Martin Buber favorable a un état bi-national en Palestine, pour anecdote). Un parti qui ne concernera jamais… Continuer la lecture
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Publié le 14.09.2019 à 18:58

Commémorer Primo Levi: le devoir d’exactitude

admin

Durant cet été 2019, dans le 13e arrondissement de Paris, la rue Primo Levi a fait peau neuve. Une nouvelle plaque de rue a été posée, dont la légende corrige heureusement celle que l’on pouvait lire depuis 2003, lorsque la rue avait été inaugurée. En particulier, la mention « Déporté à Auschwitz en tant que Juif », qui remplace désormais « Résistant déporté à Monowitz », est un événement. Car, si la légende « Déportés à Auschwitz parce que nés Juifs » au pluriel honore depuis quelques années la mémoire des familles juives et de leurs enfants scolarisé·e·s qui ont été déporté·e·s, elle n’a guère été adoptée au singulier pour commémorer les personnes célèbres. Nous publions ici la lettre adressée en février 2019 à la mairie de Paris par un collectif d’enseignant·e·s, chercheur·euse·s, défenseur·euse·s des droits humains et militant·e·s contre les racismes et l’antisémitisme. C’est en effet l’argumentaire de cette lettre, bien reçu par ses destinataires, qui a entraîné la décision de modifier le paysage urbain de la rue Primo Levi, en y inscrivant un texte plus conforme à la réalité historique. Ainsi, la mémoire de l’auteur, réputé pour son souci d’exactitude, pour son combat aussi contre la négation de l’histoire, n’en est que mieux honorée. À l’intention de Madame la maire de Paris, Anne Hidalgo Monsieur le maire du 13e arrondissement de Paris, Jérôme Coumet Madame l’adjointe chargée de toutes les questions relatives à la mémoire, Catherine Vieu-Charier Objet : modification de la légende de la plaque de rue Primo Levi… Continuer la lecture
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Publié le 05.09.2019 à 15:33

Poutine, Macron, le réalisme libéral ou le libéralisme réel ?

Antonin Grégoire

« Des malentendus. » C’est ainsi que Macron a décidé de nommer les violations, crimes de guerre, annexions, soutiens de partis d’extrême droite et propagande fasciste que Poutine a multipliés depuis les débuts de son règne, il y a vingt ans. Et le président français a promis au président russe, lors d’une rencontre à Brégançon juste avant le G7, de passer l’éponge sur tous ces « malentendus » construits, selon lui, depuis la fin du communisme, et qui empêchent la bonne entente et la coopération entre libéraux. Car Poutine est libéral, selon les mots d’un Macron bien décidé à mettre toute sa philosophie politique au service du rapprochement avec la Russie. A la question de la réintégration de la Russie dans le G7, Macron explique que ce n’est pas possible à cause de « l’irritant » qu’est l’Ukraine mais que le G7 n’est pas le seul format de discussion : « Je souhaite, dans le cadre de cette recomposition et du nouvel agenda, qu’on puisse lever beaucoup de malentendus qui se sont installés. Et c’est à nous d’inventer des nouveaux formats, d’être innovants. On n’est pas obligé de vivre avec les formats et les grammaires d’un monde qui a changé et qui est en train de changer encore de manière accélérée. » L’innovation de la start-up nation et le progressisme en marche, deux fondamentaux du projet macroniste, que le président entend mettre entièrement au service de la réconciliation avec Poutine. Ce projet macroniste de réconciliation avec Poutine, le président l’a encore explicité lors de son discours aux ambassadeurs le… Continuer la lecture
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Publié le 28.08.2019 à 18:23

Une prison de moins

Tanxxx

Des fois tu cherches ta fourchette et elle est dans ta main. des fois tu cherches tes lunettes que t’as sur le nez. des fois tu te demandes quel mur tu essaies de détruire et t’as tellement le nez dessus que tu prends le rouge de la brique pour de la colère. Et puis, y’a 3 jours, j’ai éclaté de rire en regardant la fourchette dans ma main. Ou le mur, ou je sais plus quelle métaphore filer, bref. Un an que j’ai tout plaqué, mon mec ma vie ma ville, j’ai bazardé l’intégralité de mes livres, disques, dessins, du passé faisons table rase, je suis pas tellement du genre à faire dans la dentelle, la faute à mon virilisme. C’est pas pour raconter ma vie, mais pour contextualiser un peu. Et puis je suis partie en quête de je sais même pas quoi. Je cherchais des interstices, je cherchais autre chose, du neuf, du libre, tout sauf ce que j’avais déjà vécu, ou différent. L’indépendance était une chose, mais ça n’était pas tout. La liberté était déjà tout ce qui m’importait mais là c’est devenu une obsession. Logiquement et aussi par manque de mon univers, je me suis retrouvée à traînasser mes vieilles docs chez des anars. Je voulais renouer avec des choses que j’avais perdues de vue, à force de compromis et compromissions politiques et personnelles. Je voulais sentir la poussière, je voulais qu’on me parle de liberté. A force de ne vouloir froisser personne je n’osais plus… Continuer la lecture
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