Journal de Bord Aquarius

Publié le 14.10.2019 à 10:45

[COMMUNIQUÉ] L’Ocean Viking sauve 176 personnes. Où vont-elles débarquer ?

Marseille, le 14 octobre 2019 - L'équipage de SOS MEDITERRANEE a secouru 176 personnes lors de deux opérations distinctes, l'une dans la nuit du 12 octobre et l’autre le 13 octobre. Tous les rescapés sont actuellement en sécurité à bord de l'Ocean Viking, le navire de sauvetage affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré avec MSF (Médecins Sans Frontières).

 

Le premier sauvetage a eu lieu après que l'Ocean Viking ait été mis en copie d'un e-mail d'alerte envoyé par l'ONG Alarm Phone aux autorités maritimes dans la soirée du 12 octobre. L’embarcation en détresse dérivait près de la plate-forme pétrolière au large d'Al Jurf. La plate-forme pétrolière a appelé notre navire pour l’autoriser à entrer dans la zone d’accès restreint qui s'étend sur 3 milles nautiques autour de la plate-forme. Ayant été autorisées à s'approcher à 1 mille nautique de la plate-forme, les équipes ont procédé à l'opération de sauvetage et sauvé 74 personnes, tous des hommes dont des mineurs non accompagnés. Menée de nuit, l'opération s'est achevée à 00h03.

 

À 00h25, l'Ocean Viking a reçu une communication des autorités maritimes libyennes l’informant d’une embarcation en détresse, indiquant sa position approximative et demandant au navire d’entamer une opération de recherche et sauvetage. L’Ocean Viking a suivi ces instructions mais, après plus de 9 heures de recherche, n'a pas trouvé l’embarcation en détresse. Interrogées par notre coordinatrice de recherche et sauvetage à bord, les autorités libyennes n'ont fourni aucune information supplémentaire. C'était la première fois que l'Ocean Viking recevait une demande écrite des autorités libyennes pour participer à une opération de recherche et sauvetage.

 

Au matin du 13 octobre, l’Ocean Viking a été alerté de la présence d'une embarcation pneumatique en détresse et s'est rendu sur les lieux. A 13h50, nos équipes ont terminé le sauvetage de 102 personnes dont 4 femmes enceintes et 9 enfants de moins de 16 ans, depuis une embarcation pneumatique impropre à la navigation et en situation de détresse.

 

L'Ocean Viking, conformément au droit maritime, a demandé au JRCC libyen la désignation d’un lieu sûr pour y débarquer les 176 rescapés. Les autorités libyennes ayant indiqué Tripoli comme port de débarquement, nous avons décliné en vertu du droit international et des conventions, selon lesquels aucun endroit en Libye ne peut actuellement être considéré comme un lieu sûr.

 

"Alors que l'Ocean Viking se dirige vers le nord et que les Centres de coordination les plus à même d’assister ont été informés, nous exhortons les États membres de l'UE et les autorités compétentes de nous assigner rapidement un lieu sûr afin que les 176 rescapés puissent être débarqués en toute sécurité. Ces hommes, femmes et enfants ont vécu une terrible et effrayante traversée de la mer ; leur présence sur le pont arrière est une solution d'urgence, mais un sauvetage ne peut être considéré comme terminé qu'une fois que les rescapés auront atteint un rivage où ils peuvent être pris en charge ", explique Frederic Penard, Directeur des opérations de SOS MEDITERRANEE.

 

"C'est maintenant la quatrième fois depuis le début des opérations de l'Ocean Viking que nous attendons qu’un lieu sûr pour débarquer les rescapés nous soit attribué. Jusqu'à présent, les gouvernements de l'UE ont échoué à mettre en place un mécanisme de débarquement prévisible conforme au droit maritime. Les accords ad hoc ne peuvent être la solution. Nous appelons les gouvernements à mettre fin à cette situation inacceptable." - Fabienne Lassalle, directrice générale adjointe de SOS MEDITERRANEE.

 

Crédit photo : Julia Schaefermeyer / SOS MEDITERRANEE


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Publié le 09.10.2019 à 17:54

[ILS NOUS SOUTIENNENT] SOS MEDITERRANEE sur la cime du Mont Blanc

"Ce qu’il se passe en Méditerranée me fait mal au ventre" Julien Viroulaud

 

"Je suis Julien Viroulaud. Je suis un fervent supporter de la diversité et un amoureux de défis sportifs sur les océans ou en haute montagne notamment. 

 

J’ai décidé de soutenir SOS MEDITERRANEE parce que je crois en l’Homme. Je suis intimement convaincu que chaque individu sur cette planète est une pièce essentielle du puzzle au-delà de toute considération de couleur de peau, de frontières, de nationalité ou de religion... Ce qu’il se passe en Méditerranée sous les yeux du monde entier me fait clairement mal au ventre et va à l’encontre des valeurs que je diffuse à travers chacune de mes aventures. Secourir ces personnes est une obligation collective !

 

J'ai passé quatre années à bord du voilier de course au large team Jolokia (lors duquel nous avons réalisé de tour de la Méditerranée sous pavillon SOS MEDITERRANEE en 2017), avec un équipage "basé sur la diversité". Un défi sportif mais d'habord humain!

 

Julien porte "haut" les couleurs de SOS MEDITERRANEE

Après quatre ans de course au large à la voile autour du monde, j’ai décidé de miser "plus haut" en constituant la première cordée de la diversité de l’histoire.  Avec quatre femmes, quatre hommes, handicapés, valides, toutes couleurs de peau, toutes origines sociales, tous âges, toutes religions, nous sommes donc partis à l’assaut du Mont Blanc en septembre 2019. Notre message était clair : nous avons tout à faire ensemble et les singularités de chacun font la force du collectif. 

 

Après 8 mois d’entraînement, l’équipe sur laquelle personne ne misait a relevé le défi ! Nous avons atteint le sommet du Mont Blanc ensemble et envoyé un message au plus grand nombre : ENSEMBLE TOUT EST POSSIBLE!

 

J’emmène le drapeau SOS MEDITERRANEE à peu près partout avec moi pendant mes aventures. La communication est une arme puissante pour sensibiliser l’opinion. Et la cause du sauvetage en mer vaut la peine d'être portée très haut!

 

Mon prochain défi, WE ARE Diversi’team 2020, est encore tenu secret pour le moment mais ce que je peux dire d’ores et déjà, c’est que le drapeau (et avec lui toute l’équipe de SOS MEDITERRANEE) fera partie du voyage."

 

Crédit photo : Julien Viroulaud / Pierre Bouras / WE ARE Diversi’team


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Publié le 08.10.2019 à 22:13

[COMMUNIQUÉ] SOS MEDITERRANEE déçue du manque de clarté concernant un mécanisme européen de débarquement

Conseil Justice et Affaires intérieures au Luxembourg "Où allons-nous débarquer à l’avenir?"

 

Marseille, le 8 octobre 2019 - Aujourd’hui, le Conseil Justice et Affaires intérieures des Etats européens a annoncé que ses Etats membres ont discuté d’un “projet pilote” concernant un mécanisme de débarquement en lieux sûrs en Méditerranée centrale. Cependant, aucune modalité n’a été indiquée. Bien que SOS MEDITERRANEE salue la volonté de plusieurs pays européens de trouver des solutions pour éviter que des navires de sauvetage ne se retrouvent à nouveau bloqués en mer, l’ONG est déçue qu’aucun élément plus concret et pratique, nécessaire à la mise en œuvre immédiate d’un tel mécanisme, n’ait été clairement exposé.

Où allons-nous débarquer à l’avenir ? 16 mois après le premier blocage de l’Aquarius, nous regrettons qu’aucun moyen concret pour un mécanisme de débarquement coordonné, prévisible et rapide n’ait été mis en place aujourd’hui ” explique Frédéric Penard, directeur des opérations à SOS MEDITERRANEE. “Il est absolument essentiel de mettre fin aux accords ad hoc concernant les navires de sauvetage humanitaires, inutilement bloqués en mer pendant des jours avec des survivants à leur bord” ajoute Frédéric Penard. 

 

SOS MEDITERRANEE rappelle également que les Etats européens doivent agir davantage afin d'éviter que des tragédies humaines ne se reproduisent en Méditerranée centrale, en amont de la phase de débarquement. La situation en Méditerranée centrale est en effet actuellement catastrophique, en raison du manque total de coordination dans la zone de recherche et de sauvetage libyenne et du manque de capacités dans cette zone, qui mènent à de plus en plus de morts en mer.

Au cours des deux premières missions de l’Ocean Viking, à chaque fois que nous avons cherché à informer les autorités maritimes libyennes et européennes de bateaux en détresse, les réponses étaient soit inexistantes soit très tardives. Les autorités maritimes libyennes ont à plusieurs reprises assigné un port libyen à l’Ocean Viking pour procéder au débarquement des survivants - ce que nous ne pouvons pas accepter selon le droit maritime, ces ports ne pouvant pas être considérés comme des lieux sûrs” ajoute Frédéric Penard. “Faudra-t-il à nouveau faire face à de longs blocages ajoutant encore plus de souffrance aux personnes secourues, dans l'attente qu’un lieu sûr soit assigné ?”

 

Nous apprenons que la mission Sophia reprend pour six mois, sans pour autant qu’elle soit équipée de navires pour patrouiller. Les garde-côtes libyens, financés par l’Union européenne, continuent quant à eux à ramener systématiquement en Libye les personnes qu’ils interceptent sur des embarcations en détresse. Renvoyer ces êtres humains dans l’enfer libyen qu’ils ont tenté de fuir est tout simplement inadmissible”, s’exclame Sophie Beau, directrice générale de SOS MEDITERRANEE France. “Nous exhortons les États membres européens à mener à bien des discussions qui ont déjà pris beaucoup trop de temps au prix de vies humaines ».

 

Crédit photo : Stefan Dold / MSF


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Publié le 05.10.2019 à 20:18

[L'OEIL DU PHOTOGRAPHE] Yann Lévy expose à Honfleur

RESCAPÉS DE L'ENFER
Derniers jours pour profiter de l'exposition photo de Yann Lévy à Honfleur

En ce début octobre, quelques rayons de soleil distillent une lumière tamisée sur les clichés de Yann Lévy, photographe embarqué avec SOS MEDITERRANEE. Accompagnée de Christian-Jacques Bourgeon, président du festival Les Focales du pays d'Auge, Bérengère, pilier de la mobilisation citoyenne sur toute la côte Ouest pour l'association de sauvetage en mer, profite des derniers moments pour revoir l'exposition, qui s'achève ce 15 octobre.

- Plus d'informations sur cette exposition
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- Photos pour cet article : C-J Bourgeon, B Matta et Yann Lévy / SOS MEDITERRANEE

L'expo

Erythrée, Soudan, Nigéria... En mars 2018, les naufragés secourus dans les eaux internationales au large de la Libye sont, pour la plupart, originaires d’Afrique subsaharienne. Ils ont fui un conflit armé, une dictature, le terrorisme, une grande instabilité politique ou économique, une situation de maltraitance ou un mariage forcé.

Avant d'arriver en Libye, ils ont parcouru des milliers de kilomètres à travers le continent africain, traversé le désert du Sahara sous une chaleur accablante, dans des camionnettes surchargées....

Une fois arrivés en Libye, beaucoup sont  kidnappés et enfermés pendant des mois dans des centres tenus par des milices et bandes armées reconverties dans le juteux trafic d’êtres humains. Ils y sont réduits au travail forcé, torturés pour obtenir une rançon de leur famille, affamés et, parfois, vendus comme esclaves. La grande majorité des femmes et des filles sont  victimes d’agressions sexuelles et de viols.  On le sait moins, mais beaucoup d'hommes et de garçons le sont aussi….

Tous n'ont pas, au départ, l'intention de se rendre en Europe mais, pour quitter cet enfer, ils n’ont souvent qu’une issue : la Méditerranée. Ils savent que la traversée sera périlleuse mais préfèrent prendre le risque de mourir en mer que de rester en Libye. Alors ils embarquent sur ces canots pneumatiques surnommés « les bateaux de Dieu ».

« Le sauvetage est terminé. Les rescapés sont rassemblés sur le pont arrière de l'Aquarius. Assis parmi cette foule compacte et anonyme, je cherche à me faire oublier et bien plus encore à m'oublier. Je m'interroge. Je veux comprendre et traduire ce qu'il se passe, ce que ces hommes et ces femmes peuvent ressentir. Personne ne fait attention à moi, personne sauf cet homme qui me fixe et me renvoie ma propre interrogation. Avec cette photo ce n'est plus moi qui raconte une histoire, c'est cet homme, qui, en me fixant droit dans les yeux, fait de son image notre miroir»

Yann Lévy, mars 2018

 

 


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Publié le 04.10.2019 à 16:22

[TÉMOIGNAGE] "Durant le sauvetage, on entendait un bébé pleurer!"

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Publié le 02.10.2019 à 11:55

[L'OEIL DU PHOTOGRAPHE]

WELCOME ONBOARD!

Cette photo a été prise à bord de l’Ocean Viking par Laurence Bondard, chargée de communication à bord, peu de temps avant le débarquement des 182 naufragés à Messine en Italie le 24 septembre 2019.

"Welcome Onboard!" Tels sont les deux mots inscrits en couleurs sur le mur aux reflets métalliques de l’abri réservé aux femmes et aux enfants à bord de l'Ocean Viking. Un message qui semble résonner d'une manière irréelle dans l'esprit de cette mère et de ses deux fils, ici sur la photo.  Tous trois portent en eux une mélancolie pressante, comme un bagage. Mais les enfants sont bien debouts, toujours prêts à recevoir de l’affection, et la mère est bien là, toujours disposée à en donner.


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Publié le 25.09.2019 à 13:55

Vers plus d'humanité en Méditerranée centrale ?

L’actualité de ces dernières semaines a été marquée par une succession d’opérations de sauvetage réalisées par l’Ocean Viking et la réouverture des ports italiens pour débarquer les rescapés en lieu sûr. Avec le retour de l’Italie à la table des négociations, il est à espérer que l’Europe amorce enfin une nouvelle ère dans les opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale.

La réouverture des ports en Italie, un tournant positif

La nouvelle est tombée le dimanche 22 septembre dans la soirée : pour la deuxième fois en une semaine, les autorités italiennes ont décidé d’ouvrir un port aux personnes secourues par l’Ocean Viking. Les 182 rescapés, parmi lesquels des femmes enceintes et de très jeunes enfants, ont ainsi pu être débarqués le mardi 24 septembre dans le port de Messine en Italie.

La veille, la France, l’Italie, l’Allemagne et Malte annonçaient, à l’issue d’un mini-sommet tenu à la Valette, avoir trouvé une « base d’accord » en vue de la création d’un mécanisme de répartition automatique des personnes secourues par les navires humanitaires en Méditerranée centrale. Ce texte doit encore être soumis à l’approbation des 24 autres Etats membres de l’Union européenne, lors d’un Conseil européen des « Affaires intérieures » qui se tiendra le 8 octobre au Luxembourg.

Ces différentes avancées sont-elles le signe d’un sursaut d’humanité de la part des Etats européens ? Force est de constater que la première réouverture d’un port italien, le 14 septembre 2019, pour débarquer les 84 rescapés présents à bord de l’Ocean Viking a marqué un tournant positif quinze mois après la fermeture des ports italiens aux navires de sauvetage humanitaires. Pour rappel, le 9 juin 2018, l’Italie avait refusé d’accueillir les 630 rescapés qui se trouvaient à bord de l’Aquarius. En rouvrant l’un de ses ports à l’Ocean Viking, l’Italie fait son retour à la table des négociations européennes.

En mer, les opérations de sauvetage se succèdent et se multiplient

Ces négociations doivent absolument aboutir à la mise en place d’un mécanisme de débarquement prévisible, coordonné et pérenne et ainsi mettre fin au système du « cas par cas » et à l’attente interminable pour les rescapés à bord des navires qui ont effectué des opérations de sauvetage.

Cela est d’autant plus crucial que la situation en Méditerranée centrale ne cesse de se dégrader : l’Ocean Viking a été quasiment le seul sur la zone de recherche et de sauvetage ces dernières semaines. En outre, les rares navires humanitaires sont obligés d’opérer en dépit du manque de coordination et de partage d’information des garde-côtes libyens d’une part, et malgré le manque de collaboration de la mission européenne d’autre part. Une absence de coordination internationale qui rend de plus en plus complexe l’action des navires de sauvetage humanitaire.

Pourtant, les opérations de sauvetage se succèdent et se multiplient en mer. Pour sa deuxième mission en Méditerranée, l’Ocean Viking avait quitté le port de Marseille le 2 septembre 2019. Le dimanche 8 septembre il portait secours à 50 personnes lors d’une première opération de sauvetage. Deux jours plus tard, dans des conditions météo difficiles, l’Ocean Viking devait procéder au transbordement de 34 personnes précédemment secourues par le voilier Josefa, affrété par l’organisation ResQship. Parmi les rescapés se trouvaient une femme enceinte et un enfant d’un an.

Le lendemain, l'Ocean Viking contactait les autorités italiennes et maltaises pour demander l'évacuation médicale d’une femme enceinte de neuf mois, secourue au cours de la dernière opération et dont la situation médicale mettait en danger ses jours et ceux du bébé. Dans l’après-midi, cette femme et son mari furent évacués vers Malte par hélicoptère.

Les 82 rescapés restés à bord de l’Ocean Viking purent finalement être débarqués à Lampedusa via une opération de transbordement vers des vedettes des garde-côtes italiens quatre jours plus tard.

La semaine suivante, l’Ocean Viking effectuait quatre opérations de sauvetage en seulement trois jours, portant à 217 le nombre de rescapés présents à son bord. 35 d’entre eux, qui avaient été sauvés dans la zone de recherche et de sauvetage maltaise, furent transférés sur un navire militaire maltais le 20 septembre. Quant aux 182 rescapés restants, ils furent débarqués en lieu sûr mardi 24 septembre, à Messine, en Italie.

Depuis le début de sa mission, l’Ocean Viking a déjà secouru 656 personnes. Au total, depuis sa création, SOS MEDITERRANEE a porté secours à 30 179 personnes. Derrière ces chiffres, ce sont des femmes, des enfants, des mineurs non accompagnés, des hommes et leur histoire.

Le lendemain de son évacuation de l’Ocean Viking par hélicoptère, une jeune femme a donné la vie à un petit « Good Luck ». Ange, un nouveau-né camerounais d’à peine quelques jours à son arrivée à bord, a vécu ses premiers moments de répit en famille avec sa mère et ses frères à bord de l’Ocean Viking, en pleine mer…

Face à cette situation tragique en Méditerranée centrale, nous, marins-sauveteurs et citoyens, refusons de baisser les bras. Nous continuerons de tendre la main tant que des personnes risqueront de perdre la vie en mer. Il est urgent que les Etats européens agissent également, pour plus de solidarité et d’humanité en Méditerranée centrale.

Crédit photo : Hannah Wallace Bowman / MSF

#TogetherForRescue 

 

 


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Publié le 24.09.2019 à 20:18

[video] Retour sur la transformation de l’Ocean Viking

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Publié le 23.09.2019 à 12:42

[A TERRE] Sensibilisation scolaire dans une école primaire à Marseille

Depuis quatre ans, SOS MEDITERRANEE a sensibilisé 32 599 élèves grâce à près de 70 bénévoles formés à ce type d’intervention, principalement dans les établissements de l’enseignement secondaire, mais aussi, depuis l’an dernier, dans l’enseignement primaire.

 

Le message y est le même, centré sur la transmission de valeurs morales universelles, autour du devoir d’assistance à personne en danger en mer, mais la méthode d’exposition change. La vie d’un enfant rescapé est racontée ; puis celle d’un autre. Ces destins individuels donnent aux élèves l’occasion de se projeter, tout en permettant aux bénévoles de SOS MEDITERRANEE de développer notre message en répondant aux questions que ces récits suscitent.

 

Cédric, enseignant en CM1/CM2 à dans une école de Marseille nous raconte le projet qu’il a porté avec ses élèves l’année dernière en lien avec une intervention des bénévoles de SOS MEDITERRANEE dans ses classes.

 

« L'idée de monter un projet pour aider l'Aquarius à repartir de Marseille est venue d'une élève déléguée de la classe de CM1/CM2 l’année dernière. Les élèves se sont très vite investis dans cette aventure car ils ne comprenaient pas pourquoi on ne pouvait pas aller sauver des personnes en détresse en pleine mer.

Cette envie commune m'a permis de monter un projet pluridisciplinaire mêlant l'éducation civique, la production d'écrits et la pratique des arts. Grâce à Cécile M. (créatrice d'un journal pour enfant sur internet, minorama.fr), les élèves ont pu se documenter et s'informer davantage sur SOS MEDITERRANEE et les personnes migrantes qui risquent leur vie en mer.

 

Ils ont aussi pu rencontrer une bénévole de l'association qui est venue faire une séance de sensibilisation en classe et à qui ils ont pu poser leurs questions. Ensuite ils ont écrit des articles de presse. À partir de ce travail, les élèves ont pu facilement inventer des histoires en lien avec ce thème pour créer un petit film d'animation sur le mode du stop-motion. Ils ont enfin organisé un évènement au sein de l'école pour récolter de l'argent pour SOS MEDITERRANEE avec la projection du film et la vente de mobiles qu’ils ont fabriqués.

 

Ce projet a permis de créer une dynamique de classe. Les élèves ont dû coopérer toute l'année afin de finaliser toutes les étapes. Cela a permis aussi de renforcer les liens entre eux mais aussi de changer les rapports maître/élèves car ils étaient les initiateurs du projet. »

 

 

Un livret pédagogique, document de référence de toutes les interventions de SOS MEDITERRANEE a été publié dans une première version alors que l’Aquarius s’est vu interdire l’accès des ports italiens et maltais en juin 2018. La seconde version est mise sous presse en octobre 2019, alors que l’Ocean Viking vient de réaliser ses premières opérations de sauvetage.


 

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Publié le 23.09.2019 à 08:52

[COMMUNIQUE] Alors que s’ouvre un sommet européen à La Valette, l’Italie assigne un port à 182 rescapés de l’Ocean Viking

SOS MEDITERRANEE exhorte les Etats européens à mettre en place un mécanisme de débarquement pérenne.

Marseille, le 23 septembre 2019 - Dimanche soir, l’Ocean Viking, navire humanitaire de sauvetage affrété par SOS MEDITERRANEE et opéré en partenariat avec Médecins Sans Frontières (MSF), a reçu l’instruction des autorités italiennes de se diriger vers Messine (Italie) pour débarquer 182 rescapés. 

C’est la deuxième fois en une semaine que les autorités italiennes ouvrent un port à des personnes vulnérables secourues en Méditerranée centrale par un navire humanitaire de sauvetage. SOS MEDITERRANEE est soulagée de cette annonce, et salue la décision des autorités italiennes. Bien que celle-ci survienne après plusieurs jours d’attente, elle met fin à une souffrance inutile et répond aux exigences du droit maritime et international, qui stipule qu’un sauvetage prend fin lorsque les personnes secourues sont débarquées en lieu sûr.  
 
Trois opérations de sauvetage sans coordination des autorités libyennes

Ces personnes fragiles ont été secourues lors de trois opérations de sauvetage distinctes, menées les 17 et 18 septembre. Alors que les équipes de SOS MEDITERRANEE ont constamment informé, comme il se doit, le Centre Conjoint de Coordination du Sauvetage de Tripoli (JRCC, crée à l'été 2018 et reconnu par l'Organisation Internationale Maritime) de toutes ces alertes de détresse -les embarcations se trouvant toutes dans la zone de recherche et sauvetage libyenne-, les opérations ont été menées en l'absence totale de coordination de la part des autorités maritimes libyennes.  
 
Qui plus est, suite à la demande de lieu sûr formulée le 17 septembre par l'Ocean Viking au JRCC Tripoli, ce dernier a, le lendemain, indiqué le port de Al-Khoms, en Libye. « Au regard du droit international, nous ne sommes pas en mesure de nous diriger vers un port libyen, qui ne saurait être considéré comme un lieu sûr», a déclaré Nicola Stalla, coordinateur des opérations de recherche et sauvetage sur l'Ocean Viking. Les rescapés présents sur notre navire tentent par tous les moyens de fuir ce pays, et risquent d'être victimes d'abus, de torture, d'exploitation et de violences sexuelles s’ils y sont renvoyés ». Par conséquent, l'Ocean Viking a dû décliner cette instruction, et demander qu'un lieu sûr lui soit assigné, conformément aux exigences du droit maritime et international. 
 
Jeudi 19 Septembre, les équipes de SOS MEDITERRANEE et MSF ont également procédé à un quatrième sauvetage et secouru 35 personnes d'une embarcation en bois, dans la zone maltaise de recherche et sauvetage et sous la coordination des autorités maritimes maltaises. Le lendemain, suivant les instructions du Centre maltais de coordination des sauvetages, ces 35 rescapés ont été transbordés de l'Ocean Viking à un navire militaire maltais, et débarqués à Malte en toute sécurité, comme le prévoit le droit maritime. 
 
Mécanisme européen et coordonné de débarquement
 
La pratique récurrente des États européens, qui négocient la relocalisation des personnes secourues en mer au cas par cas et pendant des jours, avant de les autoriser à débarquer, est inacceptable et en totale contradiction avec le droit maritime et international.  
 
En l'absence d’autres navires humanitaires de sauvetage en Méditerranée centrale, et alors que des hommes, femmes et enfants continuent à fuir la Libye, SOS MEDITERRANEE et MSF ne doivent en aucun cas être empêchés de patrouiller en mer et de remplir leur mission : sauver des vies humaines. « Les moyens de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale sont totalement insuffisants », indique Sophie Beau, cofondatrice et directrice générale de SOS MEDITERRANEE France« Nous ne savons pas -et ne saurons probablement jamais- combien de personnes ont réellement disparu en mer, dans l'anonymat total. Il n'est pas acceptable que des rescapés qui ont survécu à cette périlleuse traversée, secourus par des navires humanitaires d’embarcations de fortune surchargées, subissent ces blocages de plusieurs jours, voire plusieurs semaines, avant d'arriver en lieu sûr. Il est urgent qu'un accord européen soit trouvé pour mettre fin à ces blocages répétés ». 
 
SOS MEDITERRANEE suit avec attention la volonté d'une coalition d'États européens élaborant une approche coordonnée pour prendre en charge les personnes secourues en mer. Réunis aujourd'hui à La Valette, les ministres de l'Intérieur ont l'opportunité d’exprimer leur solidarité avec les états côtiers, et de mettre en place un mécanisme partagé, prévisible et pérenne de débarquement, conforme à ce que requiert le droit maritime et international. Il s'agirait là d'un premier pas vers une amélioration de la situation en Méditerranée centrale, où trop de gens continuent de mourir en raison du manque de navires dédiés au sauvetage, et de l'absence de coordination des opérations de recherche et sauvetage. 

 

Télécharger la vidéo récapitulative de la seconde mission de l’Ocean Viking :
https://we.tl/t-ZKRHAiQhzQ


SOS MEDITERRANEE
Ensemble agissons pour sauver des vies en mer

Depuis 2014, près de 20 000 hommes, femmes et enfants sont morts noyés en Méditerranée en tentant la traversée sur des embarcations de fortune. SOS MEDITERRANEE est une association européenne de sauvetage en mer constituée de citoyens mobilisés pour porter secours à celles et ceux qui risquent leur vie en mer. Depuis le début de ses opérations en février 2016, SOS MEDITERRANEE a secouru 30 179 personnes dont près du quart étaient mineures. L'association est basée en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse. Elle a reçu le Prix Unesco Houphouët-Boigny 2017 pour la Recherche de la Paix.

 

#BackAtSea #TogetherForRescue

 

Crédit photo : Hannah Wallace Bowman / MSF

 

Twitter : @SOSMedFrance  Facebook : @sosmedfrance  Instagram: sosmediterranee_france


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